mercredi, juin 17, 2026
Asie-PacifiqueMoins d’un tiers des travailleurs dans le monde estiment que leur emploi est sûr, selon les données d’une enquête ADP

Moins d’un tiers des travailleurs dans le monde estiment que leur emploi est sûr, selon les données d’une enquête ADP

Travailleurs mondiaux : sécurité d’emploi, travail non rémunéré, IA et engagement en 2025

Selon le rapport People at Work 2026 publié par ADP, plus de 39 000 salariés adultes issus de 36 marchés ont été interrogés en 2025 afin de mesurer leurs perceptions du travail, de l’utilisation de l’intelligence artificielle et de leur niveau d’engagement. Cette enquête, réalisée chaque année depuis 2020, constitue l’une des sources les plus complètes pour comprendre les tendances émergentes du monde du travail post‑pandémique.

Un sentiment d’insécurité persistant malgré un chômage bas

Bien que le taux de chômage mondial ait atteint des niveaux historiquement bas en 2024‑2025 (environ 5 % selon l’Organisation internationale du travail), seulement 22 % des répondants déclarent être tout à fait d’accord avec l’affirmation « mon emploi n’est pas menacé de suppression ». Aucun des marchés étudiés ne dépasse la barre des 50 % de travailleurs convaincus de la sécurité de leur poste.

  • Nigéria : 38 % se sentent en sécurité (le taux le plus élevé observé).
  • Japon : 5 % seulement (le taux le plus bas).
  • États‑Unis : 28 %.
  • Royaume‑Uni : 25 %.

Ces écarts suggèrent que la perception de la stabilité dépend davantage de facteurs sectoriels, de la législation du travail et de la confiance dans les dirigeants que du seul taux de chômage.

Le travail non rémunéré reste largement répandu

Une grande partie des salariés indique consacrer du temps à leur employeur sans compensation financière. Selon ADP :

  • 62 % travaillent jusqu’à cinq heures non rémunérées par semaine.
  • 26 % déclarent entre six et quinze heures non rémunérées.
  • 12 % affirment effectuer seize heures ou plus de travail non rémunéré chaque semaine.

Les cadres et les hauts dirigeants sont particulièrement concernés : la moitié d’entre eux rapportent au moins six heures non rémunérées hebdomadaires, et un cinquième indique travailler seize heures ou plus sans être payés.

Bien que cet investissement supplémentaire puisse être interprété comme un signe d’engagement, l’étude met en garde contre ses effets pervers : les salariés qui accomplissent le plus d’heures non rémunérées déclarent fréquemment une moindre productivité, un sentiment de moindre épanouissement et une plus forte intention de chercher un autre emploi.

IA au travail : moins de stress, mais une perception de moindre productivité

Depuis l’arrivée massive d’outils tels que ChatGPT en 2022, l’utilisation quotidienne de l’intelligence artificielle s’est répandue dans de nombreux bureaux. L’enquête ADP révèle que les travailleurs qui utilisent l’IA tous les jours sont quatre fois plus susceptibles de se dire « moins productifs que ce qu’ils pourraient être » comparés aux non‑utilisateurs.

Cette perception peut s’expliquer par le fait que l’IA automatise certaines tâches, laissant les employés avec l’impression d’avoir accompli moins malgré une charge de travail réelle similaire ou même supérieure.

Néanmoins, les mêmes répondants rapportent également :

  • Un niveau de stress réduit.
  • Un engagement plus élevé envers leurs équipes.
  • Une perception plus positive de la collaboration.

Parmi les utilisateurs quotidiens d’IA, 30 % se déclarent pleinement engagés dans leur travail, contre seulement 14 % parmi ceux qui n’en utilisent jamais.

L’engagement des employés : amélioration modeste, mais encore faible

En 2025, seulement 19 % des travailleurs mondiaux sont considérés comme pleinement engagés. Malgré une légère hausse depuis la pandémie, le niveau demeure préoccupant.

  • Le Brésil affiche le taux d’engagement le plus élevé : 29 %.
  • La Chine enregistre le plus bas : 11 %.
  • Par région, le Moyen‑Orient et l’Afrique atteignent 25 %, tandis que l’Asie‑Pacifique stagne à 15 %.

ADP identifie plusieurs leviers pour renforcer cet engagement :

  1. Investir dans le développement des compétences — 53 % des salariés qui estiment que leur employeur investit dans leurs compétences sont pleinement engagés, contre seulement 12 % lorsque ce soutien fait défaut.
  2. Instaurer un climat de confiance.
  3. Aider les travailleurs à trouver un sens à leur mission (les personnes qui trouvent un but dans leur travail sont 12,5 fois plus susceptibles d’être pleinement engagées).
  4. Réduire le stress lié à la charge de travail.

Ces recommandations s’appuient sur des données empiriques collectées auprès d’un échantillon large et diversifié, ce qui renforce la crédibilité des conclusions.

Conclusion

Le rapport People at Work 2026 d’ADP dresse un tableau nuancé du monde du travail en 2025 : bien que certains indicateurs montrent des progrès (diminution du stress lié à l’IA, légère hausse de l’engagement), de nombreux défis persistent, notamment la perception d’insécurité d’emploi, la prévalence du travail non rémunéré et la nécessité de renforcer l’engagement par des actions concrètes en matière de développement des compétences et de sens au travail.

Pour les entreprises et les décideurs publics, ces insights offrent une base factuelle pour élaborer des politiques visant à améliorer le bien‑être des salariés tout en maintenant la compétitivité dans un environnement économique en constante évolution.

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