jeudi, juin 18, 2026
Asie-PacifiqueLa Chine redeviendra un acheteur majeur de pétrole en août, déclare JPMorgan, nommant ses principales sélections d'actions

La Chine redeviendra un acheteur majeur de pétrole en août, déclare JPMorgan, nommant ses principales sélections d’actions

Les importations chinoises de pétrole brut pourraient repartir à la hausse dès août

Selon une note publiée par JPMorgan le 12 juillet 2024, les importations de brut de la Chine, qui avaient chuté à leur plus bas niveau en huit ans pendant le conflit au Moyen‑Orient, devraient connaître une reprise progressive à partir du mois d’août. Cette analyse s’appuie sur les données de suivi des navires et sur l’évolution des réserves stratégiques chinoises.

Une chute historique suivie d’une stabilisation

Entre février et mai 2024, la Chine a réduit ses achats de pétrole brut de 4,8 millions de barils par jour (mbj), une baisse sans précédent qui dépasse même celle observée durant le second semestre 2020, lorsque la pandémie de COVID‑19 avait entraîné une chute de 4 mbj. En mai, les importations sont tombées à 7,8 mbj, le niveau le plus bas depuis décembre 2017, tandis que les données de suivi des navires indiquent que les flux sont restés autour de 8 mbj en juin.

Cette baisse s’est accompagnée d’une première réduction des stocks nationaux de pétrole depuis plus d’un an, signe que Pékin a puisé dans ses réserves pour compenser la chute de la demande.

Quelle part de la baisse est temporaire ?

JPMorgan estime que près de 3 mbj de la diminution de la demande chinoise de brut sont temporaires. Les facteurs pouvant expliquer un rebond comprennent :

  • la reprise de l’activité dans le secteur chimique chinois, fortement dépendante du naphtha et d’autres dérivés du pétrole;
  • la volonté de Pékin de reconstituer ses réserves stratégiques de pétrole;
  • une éventuelle levée de l’interdiction d’exportation de produits raffinés, actuellement en place depuis mars 2024.

Si ces hypothèses se confirment, les importations pourraient remonter progressivement dès août, atténuant ainsi l’impact du choc énergétique mondial provoqué par le conflit au Moyen‑Orient.

Consommation de carburants : perspectives à long terme revues à la baisse

Parallèlement, JPMorgan a ajusté ses prévisions concernant la demande intérieure de carburants en Chine. La banque anticipe désormais une baisse annuelle de 6 % pour l’essence et de 4 % pour le diesel jusqu’en 2030, des projections plus pessimistes que celles publiées précédemment. Cette révision reflète l’accélération de la transition vers les véhicules électriques et les politiques d’efficacité énergétique renforcées par le gouvernement chinois.

Implications pour les producteurs et les raffineurs

Dans le secteur pétrolier, PetroChina apparaît comme le choix privilégié de JPMorgan pour bénéficier de la reprise de la demande chinoise. La banque prévoit un dividende semestriel de 0,27 yuan (≈0,04 $) par action, soit un rendement annualisé d’environ 6,4 % pour les titres cotés à Hong Kong – supérieur au rendement attendu de 4,8 % pour son concurrent Sinopec.

Du côté de la chimie, Nan Ya Plastics (Taïwan) reste la recommandation principale, notamment si l’entreprise obtient la qualification de client pour les matériaux stratifiés avancés recouverts de cuivre destinés aux serveurs d’intelligence artificielle, une étape prévue pour fin 2024 ou début 2027.

JPMorgan souligne également que LG Chem, le plus grand groupe pétrochimique sud‑coréen, pourrait profiter de la baisse des prix du brut et de la reprise de la demande mondiale pour les systèmes de stockage d’énergie, bien que ses performances restent inférieures à celles de pairs tels qu’Albemarle.

Le rôle des exportations de produits raffinés

Actuellement, la Chine maintient une interdiction d’exportation de carburants raffinés afin de privilégier l’approvisionnement intérieur, mesure prise en mars 2024 face à l’escalade du conflit dans le golfe Persique. Selon la note de JPMorgan, la levée de cette restriction dépendra de l’évaluation par Pékin de la disponibilité de l’offre intérieure et des flux passant par le détroit d’Ormuz.

Si l’interdiction était levée, les expéditions de produits raffinés pourraient augmenter de 88 % à 160 % par rapport aux niveaux du premier semestre 2024, à condition que les marges d’exportation restent positives. Les raffineurs indépendants, toutefois, pourraient subir une pression supplémentaire s’ils perdaient l’accès au brut iranien à prix réduit, scénario possible en cas d’assouplissement des sanctions américaines.

Conclusion

L’analyse de JPMorgan brosse un tableau nuancé : bien que la demande chinoise de brut ait connu une chute historique au premier semestre 2024, une part substantielle de cette baisse semble temporaire et pourrait être renversée dès août, soutenue par la reprise du secteur chimique et la reconstitution des réserves stratégiques. En parallèle, les perspectives à long terme pour l’essence et le diesel sont revues à la baisse, reflétant les tendances de décarbonation et d’électrification du parc automobile chinois.

Pour les investisseurs, ces éléments suggèrent une surveillance attentive des indicateurs de flux pétroliers, des décisions politiques chinoises concernant les exportations de raffinés, ainsi que des performances des entreprises telles que PetroChina, Nan Ya Plastics et LG Chem, qui pourraient tirer parti des évolutions du marché dans les mois à venir.

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