Sommet du G7 2026 à Évian-les-Bains : un déjeuner de travail sur l’innovation et l’intelligence artificielle
Le 17 juin 2026, dans le cadre du sommet du G7 qui s’est tenu à Évian‑les‑Bains, en France, plusieurs dirigeants du secteur technologique ont participé à un déjeuner‑réunion à huis clos. Parmi eux figuraient Dario Amodei, PDG d’Anthropic, Demis Hassabis, co‑fondateur de Google DeepMind, et Sam Altman, PDG d’OpenAI. La rencontre, organisée en marge des sessions officielles du G7, avait pour objectif d’explorer les voies d’une coopération internationale afin de maîtriser les risques liés aux modèles d’IA de plus en plus puissants.
Contexte du déjeuner‑réunion
Selon deux personnes présentes à la rencontre, qui ont souhaité rester anonymes faute d’autorisation de s’exprimer publiquement, le déjeuner a rassemblé environ une douzaine de chefs d’entreprise du numérique ainsi que des représentants des gouvernements du G7. Le Premier ministre canadien Mark Carney a également pris part aux échanges, exprimant son soutien à une éventuelle conduite américaine d’une coalition sur l’IA.
Getty Images a publié une photographie de l’événement, montrant les participants autour d’une table de travail lors du sommet (Anna Moneymaker / Getty Images, 17 juin 2026).
Propositions d’Amodei et Hassabis
Lors de son intervention, Dario Amodei a souligné la nécessité d’un accès structuré aux modèles frontières, ainsi que d’un contrôle du commerce des puces et des composants critiques, en excluant délibérément la Chine de ces échanges. Il a également insisté sur la coopération internationale pour faire face aux risques d’IA dans des domaines tels que le cyberterrorisme, le bioterrorisme et le renseignement.
Demis Hassabis a partagé une vision similaire, appelant à un cadre multilatéral qui permettrait de partager les meilleures pratiques en matière de sécurité et d’évaluation des modèles.
Position du Canada et des autres pays du G7
Mark Carney a indiqué que le Canada considérait les États-Unis comme un acteur potentiellement moteur d’une coalition sur l’IA, tout en rappelant l’importance d’inclure les perspectives européennes et asiatiques dans les discussions. Les représentants américains présents – le secrétaire au Trésor Scott Bessent, le secrétaire au Commerce Howard Lutnik et le secrétaire d’État Marco Rubio – ont confirmé l’intérêt de l’administration Trump pour renforcer les normes internationales entourant l’IA.
Réactions d’OpenAI et de Sam Altman
Sam Altman a proposé la création d’« un forum international de discussion » chargé d’établir des normes de test reconnues à l’échelle mondiale, de fournir une analyse experte et impartiale des capacités et des risques des modèles, et de servir de plateforme de coopération entre les nations. Cette idée a été reprise dans un briefing interne d’OpenAI diffusé après la rencontre.
Chris Lehane, responsable des affaires mondiales d’OpenAI, a précisé que les dirigeants non américains présents reconnaissaient le rôle potentiellement prééminent des États-Unis dans l’élaboration de ces normes.
Mesures de contrôle à l’exportation et conséquences récentes
Quelques jours avant le déjeuner, le gouvernement américain avait imposé des contrôles à l’exportation sur les derniers modèles d’Anthropic, nommés Fable 5 et Mythos 5, invoquant des préoccupations de sécurité nationale. En réponse, Anthropic a temporairement désactivé l’accès à ces modèles le vendredi précédent le sommet. L’entreprise a déclaré rester engagée dans des négociations avec l’administration Trump afin de trouver un équilibre entre innovation et sécurité.
Par ailleurs, OpenAI a annoncé le déploiement d’une variante de son modèle GPT‑5.5, intitulée GPT‑5.5 Cyber, dans une capacité de prévisualisation limitée destinée aux équipes de cybersécurité contrôlées.
Perspectives d’avenir
Le déjeuner de travail à Évian‑les‑Bains illustre la montée en puissance des appels à une gouvernance globale de l’intelligence artificielle. Les propositions avancées – accès structuré aux modèles, réglementation du commerce des semi‑conducteurs, création d’un forum international de normes – pourraient influencer les prochaines étapes des négociations multilatérales, notamment dans le cadre des forums de l’OCDE et du G20.
Pour les lecteurs souhaitant suivre l’évolution de ces débats, il est recommandé de consulter les communiqués officiels des gouvernements du G7, les publications d’Anthropic, de Google DeepMind et d’OpenAI, ainsi que les analyses des think‑tanks spécialisés en politique technologique.
