Le restaurant Covino de Chester ferme ses portes : analyse des causes économiques et réactions du fondateur
Le 3 novembre 2026, Christopher Laidler a annoncé sur Instagram la fermeture immédiate de Covino, le établissement de petites assiettes d’inspiration française qu’il avait créé en 2016 dans le centre de Chester. Dans son message, il explique que le restaurant aurait dû célébrer son dixième anniversaire en décembre, mais que la conjoncture actuelle l’en a empêché.
Un hommage aux dix ans d’activité
Dans sa publication, Laidler rend hommage aux personnes qui ont accompagné Covino durant une décennie :
- Les clients réguliers, devenus selon lui « de grands amis » grâce à des échanges authentiques autour de la table.
- Le personnel, dont la compétence et la passion ont permis de maintenir un niveau de service constant malgré les difficultés.
- Les fournisseurs locaux, qui ont contribué à la fraîcheur et à l’originalité des plats proposés.
Il conclut en remerciant chacun pour leur soutien, soulignant que la fidélité de la clientèle a directement permis de financer des besoins personnels, tels que les chaussures de football de ses enfants, un détail que les grandes chaînes ne pourraient jamais mentionner.
Le contexte difficile du secteur de la restauration au Royaume‑Uni
La fermeture de Covino s’inscrit dans une tendance plus large observée au premier trimestre 2026. Selon le NIQ Hospitality Market Monitor, le Royaume‑Uni a perdu l’équivalent de 3,4 établissements agréés par jour durant cette période, tandis que l’ensemble du secteur de l’hôtellerie‑restauration s’est contracté de 0,3 %.
Ces chiffres témoignent d’une pression accrue sur les indépendants, liée à une combinaison de facteurs :
- Augmentation des coûts des matières premières et de l’énergie.
- Resserrement du crédit bancaire rendant plus difficile l’accès au financement de trésorerie.
- Évolution des habitudes de consommation, avec une préférence croissante pour la restauration rapide ou les plats à emporter.
Dans ce climat, même les établissements bénéficiant d’une reconnaissance Michelin peinent à maintenir leur rentabilité.
Les déclarations de Christopher Laidler et les répercussions politiques
Dans son message d’adieu, Laidler attribue directement la fermeture de Covino aux « deux derniers budgets travaillistes », affirmant que le gouvernement aurait « punis les mauvaises entreprises » en essayant de faire ce qu’il jugeait juste. Cette prise de position a suscité des réactions variées :
- Certains acteurs du secteur ont soutenu l’idée que la fiscalité et la réglementation actuelle pénalisent disproportionnellement les petits restaurateurs.
- D’autres experts, tels que ceux du Institute for Fiscal Studies, rappellent que les difficultés du secteur résultent d’un ensemble de facteurs macro‑économiques et que l’attribution exclusive à un seul gouvernement simplifie excessivement la réalité.
Quoi qu’il en soit, la déclaration de Laidler met en lumière le débat actuel sur la manière dont les politiques publiques peuvent mieux soutenir les entreprises indépendantes face à une conjoncture incertaine.
Le précédent fermeture du restaurant Climat à Manchester
La fermeture de Covino fait suite à celle, début octobre 2026, de Climat, le restaurant de Manchester fondé également par Christopher Laidler. Après trois ans et demi d’activité, Climat avait cessé ses opérations, invoquant une « tempête parfaite » de pressions économiques incluant la hausse des loyers, la pénurie de main‑d’œuvre qualifiée et l’impact des nouvelles réglementations sanitaires.
Ces deux fermetures successives illustrent la vulnérabilité même des concepts portés par un même entrepreneur lorsqu’ils sont confrontés à un environnement de marché défavorable.
En attendant de savoir quelle sera la prochaine étape de sa carrière, Laidler indique qu’il souhaitera « panser ses blessures, déposer le bilan et surtout rattraper le temps perdu avec ma famille », avant de revenir éventuellement dans le secteur avec un nouveau projet.
