lundi, juin 1, 2026
GénéralL'inflation énergétique a été plus persistante que prévu, déclare Goolsbee de la Fed à CNBC

L’inflation énergétique a été plus persistante que prévu, déclare Goolsbee de la Fed à CNBC

Austan Goolsbee met en garde contre un choc stagflationniste lié à l’énergie en Asie

Lors de la 29ᵉ conférence mondiale annuelle du Milken Institute, tenue le 6 mai 2026 au Beverly Hilton de Beverly Hills, Austan Goolsbee, président de la Federal Reserve Bank de Chicago, a souligné que l’inflation énergétique provoquée par le conflit en Iran persiste davantage que prévu, créant un « choc stagflationniste » pour les économies asiatiques fortement dépendantes des importations de pétrole.

Contexte de la conférence Milken Institute 2026

Le Milken Institute réunit chaque année décideurs, universitaires et dirigeants du secteur privé pour débattre des enjeux économiques mondiaux. En 2026, les discussions ont porté principalement sur les repercussions géopolitiques des tensions au Moyen‑Orient, l’évolution de l’intelligence artificielle et les perspectives de politique monétaire aux États‑Unis.

Impact persistant de la hausse des prix du pétrole

Selon les données du marché à terme publiées par l’Intercontinental Exchange (ICE) et le New York Mercantile Exchange (NYMEX), les contrats Brent ont clôturé à 96 dollars le baril, en hausse de 1,81 % par rapport à la veille, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) s’est établi à 90,21 dollars, en progression de 1,71 %.

Ces niveaux restent nettement supérieurs aux prix observés avant le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, qui étaient d’environ 72 dollars pour le Brent et 67,02 dollars pour le WTI. Cette différence souligne la durabilité de la pression inflationniste sur les coûts de l’énergie, malgré les récents signes de progrès dans les négociations de paix entre Washington et Téhéran.

Goolsbee a expliqué que, pour les pays asiatiques importateurs nets de pétrole, cette situation représente un « choc stagflationniste à l’ancienne », où la hausse des prix de l’énergie freine la croissance tout en alimentant l’inflation.

Position de la Fed de Chicago sur les taux d’intérêt

En tant que membre votant du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC), Goolsbee avait exprimé son désaccord lors de la dernière baisse des taux de la Réserve fédérale en 2025, préférant attendre des preuves concrètes que l’inflation ne serait pas persistante.

« Je ne regrette pas d’avoir exprimé mon désaccord lors de cette réunion, car l’inflation ne s’est pas révélée aussi temporaire qu’on l’avait annoncé au début », a-t-il déclaré. Néanmoins, il a ajouté que si l’inflation venait à revenir vers l’objectif de 2 % fixé par la Fed, les taux d’intérêt « finiraient par se stabiliser à un niveau bien en dessous de ce qu’ils sont aujourd’hui ».

L’intelligence artificielle et le risque de surchauffe économique

Interrogé sur le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) pour stimuler la productivité, Goolsbee a mis en garde contre une anticipation excessive des marchés financiers.

« Ce qui me préoccupe, c’est que les futures augmentations de productivité qui nous rendent riches puissent alimenter des cours boursiers élevés et qu’elles représentent une augmentation de votre richesse aujourd’hui, sachant que vous deviendrez riche dans le futur », a-t-il expliqué. Selon lui, cet effet de richesse pourrait inciter les ménages à augmenter leur consommation avant que les gains de productivité réels ne se matérialisent, provoquant ainsi une surchauffe à court terme de l’économie.

Il a recommandé aux décideurs de surveiller deux indicateurs clés :

  • Une hausse notable des dépenses de consommation liée à l’appréciation de la richesse boursière;
  • L’impact des investissements dans les centres de données sur le coût de l’électricité, particulièrement pour les travailleurs du bâtiment.

Goolsbee a précisé que la même dynamique pourrait éventuellement se propager aux économies asiatiques, étant donné que les avancées technologiques telles que l’IA ne restent rarement confinées à un seul pays.

En conclusion, le président de la Fed de Chicago a appelé à une vigilance accrue tant sur les pressions inflationnistes liées à l’énergie que sur les effets potentiels de l’IA sur la demande globale, afin d’éviter que des anticipations excessives ne déstabilisent la reprise économique en cours.

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