lundi, juin 1, 2026
GénéralKashkari de la Fed affirme que la lutte contre l'inflation est une priorité alors que le marché du travail est « en forme décente »

Kashkari de la Fed affirme que la lutte contre l’inflation est une priorité alors que le marché du travail est « en forme décente »

Neel Kashkari souligne la priorité de la lutte contre l’inflation

Lors de la conférence mondiale Milken 2024, tenue le 7 mai au Beverly Hilton à Beverly Hills, Neel Kashkari, président de la Federal Reserve Bank de Minneapolis, a rappelé que la réduction de l’inflation restait la préoccupation principale de la Réserve fédérale américaine. Selon les données publiées par le Bureau of Labor Statistics, l’indice des prix à la consommation (IPC) global s’est établi à 3,8 % en avril 2024, tandis que l’IPC core, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a augmenté de 2,8 % sur un an.

Kashkari a expliqué que, bien que le marché du travail montre actuellement une « forme décente », les prix à la consommation demeurent « beaucoup trop élevés » par rapport à l’objectif de 2 % fixé par la Fed. Il a mis en garde contre le risque que des anticipations d’inflation non ancrées entraînent une nécessité de resserrer encore davantage la politique monétaire.

Parmi les facteurs qui ont alimenté les pressions inflationnistes mondiales, il a cité la pandémie de Covid‑19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les tarifs douaniers, la guerre en Ukraine et, plus récemment, le conflit au Moyen‑Orient. Il a également souligné que la hausse des prix de l’énergie et des engrais joue un rôle particulier, car ces intrants se répercutent sur d’autres catégories de biens et services.

L’impact de l’intelligence artificielle sur la politique monétaire

Interrogé sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans l’élaboration des décisions de la Fed, Kashkari a reconnu que, si l’IA parvenait à générer une productivité plus élevée et durable, cela pourrait justifier le maintien de taux d’intérêt relativement élevés, étant donné une économie plus efficace.

Cependant, il a précisé que l’évaluation précise de cet impact demeure difficile à ce stade. Il recommande donc d’observer attentivement comment les entreprises intègrent l’IA dans leurs processus et de mesurer les effets concrets sur la productivité avant d’en tirer des conclusions pour la politique monétaire.

Lors de ses échanges réguliers avec des dirigeants de grandes entreprises américaines, Kashkari a constaté un optimisme général quant aux perspectives à long terme de l’IA, mais il a admis qu’il était encore trop tôt pour déterminer les implications exactes, tant à court qu’à long terme, sur les taux d’intérêt.

Un nouveau chapitre pour la Réserve fédérale sous la direction de Kevin Warsh

Les déclarations de Kashkari interviennent alors que la Fed entame une nouvelle phase sous la présidence de Kevin Warsh, qui a succédé à Jerome Powell à la tête du système de la Réserve fédérale. Warsh est connu pour ses critiques concernant l’usage du « dot plot », le graphique qui présente les projections anonymes des taux d’intérêt des dix‑neuf membres du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC).

Kashkari, qui dit connaître Warsh depuis de nombreuses années, a exprimé son ouverture à un débat renouvelé sur la manière dont la Fed communique avec les marchés et le public. Lorsqu’on lui a demandé son avis sur le dot plot, il a déclaré personnellement qu’il n’appréciait pas l’exercice, considérant l’avenir comme intrinsèquement incertain.

Parmi les alternatives évoquées figure la présentation de plusieurs scénarios économiques plutôt qu’une seule trajectoire de taux, ou la publication du dot plot uniquement lorsque la Fed souhaite réellement fournir une orientation prospective. Kashkari a conclu que, bien que les indications prospectives puissent être un outil puissant, elles doivent être utilisées avec parcimonie tant que l’environnement économique reste volatile.

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes