Impact de la hausse des prix du carburant sur les ménages américains
Selon une analyse de Moody’s Analytics publiée en mai 2025, le ménage américain moyen a déjà déboursé environ 447,19 dollars en dépenses supplémentaires liées au carburant depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Cette somme représente près de 60 milliards de dollars de coûts additionnels pour l’ensemble des consommateurs du pays, principalement en raison de l’envolée des prix de l’essence et du diesel, ainsi que de l’augmentation des tarifs aériens.
Origine des coûts énergétiques
Moody’s précise que près de la moitié de cette hausse provient de l’augmentation du prix de l’essence sans plomb. Selon l’American Automobile Association (AAA), le gallon moyen coûtait 4,39 dollars fin mars 2025, soit une progression de plus de 47 % depuis le début du mois. Le diesel, largement utilisé par les camions de livraison et certains navires, a suivi une trajectoire similaire, atteignant environ 5,52 dollars le gallon, également en hausse de 47 % sur la même période.
En outre, les prix du carburéacteur ont entraîné près de 10 milliards de dollars de dépenses supplémentaires pour les voyageurs, les tarifs aériens ayant augmenté de plus de 20 % en avril 2025 par rapport à l’année précédente, d’après les données d’inflation du gouvernement fédéral.
Conséquences sur le pouvoir d’achat
Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s, souligne que si les prix restent aux niveaux actuels, le ménage moyen pourrait subir une perte de près de 2 000 dollars après un an de conflit. Cette pression financière pousse de nombreux ménages à puiser dans leurs économies ou à recourir au crédit pour maintenir leurs habitudes de consommation.
Le taux d’épargne personnelle est tombé à 2,6 % en avril 2025, un niveau nettement inférieur aux sommets observés durant la pandémie (plus de 31 % en 2020). Parallèlement, la dette américaine sur les cartes de crédit a atteint 1,25 billion de dollars au premier trimestre 2025, en hausse de près de 6 % sur un an, selon la Réserve fédérale de New York.
Analyse des experts
Gregory Daco, économiste en chef chez EY-Parthenon, explique que les consommateurs sont de plus en plus contraints d’utiliser leur épargne et leur endettement pour compenser la faible croissance des revenus. « Ce que nous observons, essentiellement, c’est l’utilisation de l’épargne pour pallier la stagnation du pouvoir d’achat », déclare-t-il.
Goldman Sachs prévoit que la hausse des prix de l’énergie continuera d’éroder le pouvoir d’achat des ménages jusqu’à la fin de l’année 2026, avec un impact particulièrement prononcé parmi les foyers à faible revenu, qui consacrent une part plus importante de leur budget à l’alimentation et à l’énergie.
Réactions du secteur privé
Certaines grandes chaînes ont déjà remarqué des changements dans le comportement d’achat. Costco a signalé des volumes de vente d’essence « records » durant son dernier trimestre fiscal, attirant des conducteurs en quête de carburant moins cher. De son côté, le PDG de McDonald’s, Chris Kempczinski, a averti que les dépenses de consommation, notamment parmi les ménages à faible revenu, pourraient « empirer un peu » tant que les prix de l’énergie resteront élevés.
Perspectives et recommandations
Face à cette situation, les analystes recommandent aux décideurs de surveiller de près l’évolution des marchés énergétiques et d’envisager des mesures ciblées pour atténuer l’impact sur les ménages les plus vulnérables. Parmi les options évoquées figurent des crédits d’impôt temporaires, des subventions pour le transport en commun ou des incitations à l’efficacité énergétique.
En restant informés grâce à des sources fiables telles que les rapports de Moody’s Analytics, l’AAA, la Réserve fédérale et les publications d’instituts de recherche reconnus, les consommateurs et les décideurs peuvent mieux anticiper les risques et adapter leurs stratégies financières.
