lundi, juin 1, 2026
AfriqueKenya: L'EACC arrête le personnel de Kenya Power pour un pot-de-vin de 30 000 Ksh

Kenya: L’EACC arrête le personnel de Kenya Power pour un pot-de-vin de 30 000 Ksh

Arrestation d’un technicien de Kenya Power pour corruption : l’EACC agit

Le 28 mai 2026, la Commission d’éthique et de lutte contre la corruption (EACC) du Kenya a annoncé l’arrestation d’un employé de Kenya Power et de son complice, soupçonnés d’avoir exigé et reçu un pot‑de‑vin de 30 000 shillings kényans afin de rétablir l’électricité dans une résidence de Nairobi. Cette intervention fait suite à une plainte déposée par le propriétaire affecté deux jours auparavant.

Contexte de l’affaire

Le plaignant, résidant du quartier de Donholm, a signalé à l’EACC que son courant avait été coupé sans explication le 26 mai 2026. Selon sa déclaration, un technicien rattaché au bureau de Kenya Power de Donholm lui aurait demandé 30 000 shillings en échange de la reconnexion immédiate du service. Le montant demandé correspond approximativement à deux fois le tarif mensuel moyen d’un foyer nairobien, selon les statistiques de la Commission de régulation de l’énergie (ERC) publiées en 2025.

Cette allégation s’inscrit dans un schéma récurrent signalé par Transparency International dans son indice de perception de la corruption 2025, où le secteur des services publics au Kenya obtient un score de 38 sur 100, indiquant des vulnérabilités persistantes aux pratiques de paiement facilitatif.

Déroulement de l’enquête de l’EACC

Après réception de la plainte le 28 mai, les détectives de l’EACC ont mis en place une opération discrète visant à observer les interactions entre le plaignant et le suspect. Selon le communiqué officiel de l’EACC (réf. EACC/2026/05/28), les agents ont pu documenter l’échange présumé du pot‑de‑vin grâce à des enregistrements audio et vidéo réalisés sur le lieu convenu.

Les suspects ont été appréhendés sur le champ et escortés vers le Centre d’intégrité de l’EACC pour un interrogatoire approfondi. Le communiqué précise que les deux individus sont actuellement en détention provisoire, en attendant les conclusions de l’enquête préliminaire et la possible mise en accusation devant le tribunal anti‑corruption de Nairobi.

Réaction des autorités et de Kenya Power

Dans un communiqué publié le même jour, Kenya Power a condamné fermement tout acte de corruption et a affirmé sa pleine coopération avec l’EACC. L’entreprise a indiqué avoir lancé une inspection interne du bureau de Donholm afin d’identifier d’éventuelles lacunes dans ses procédures de contrôle et de renforcer la formation éthique de son personnel.

Le directeur général de l’EACC, le juge Halima Abdallah, a souligné lors d’une conférence de presse que « la tolérance zéro envers la corruption dans les services essentiels demeure une priorité nationale », rappelant que depuis 2022, plus de 150 affaires liées à des demandes de paiement indu dans le secteur de l’énergie ont été traduites devant les tribunaux.

Implications et leçons pour les usagers

Cette affaire rappelle l’importance pour les consommateurs de signaler toute sollicitation de paiement inhabituelle liée aux services publics. L’EACC met à disposition un numéro vert gratuit (0800 720 000) et un formulaire en ligne sur son site officiel pour déposer ce type de plaintes en toute confidentialité.

Par ailleurs, les experts en gouvernance publique recommandent aux compagnies de services publics d’adopter des systèmes de suivi numérique des interventions techniques, réduisant ainsi les possibilités de sollicitations informelles. Des projets pilotes de ce type, déjà en cours à Mombasa et Kisumu, ont montré une diminution de 40 % des signalements de corruption liés aux reconnexions électriques entre 2023 et 2025.

En restant vigilants et en utilisant les canaux officiels de réclamation, les citoyens contribuent à renforcer la transparence et à dissuader les pratiques corruptrices qui menacent l’accès équitable à l’électricité.

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