lundi, juin 1, 2026
AfriqueAfrique : Des militants se rassemblent dans les bureaux de TotalEnergies pour « expulser les pollueurs d'Afrique »

Afrique : Des militants se rassemblent dans les bureaux de TotalEnergies pour « expulser les pollueurs d’Afrique »

Manifestation contre TotalEnergies : les activistes lient hausse des tarifs électriques en Afrique du Sud aux subventions aux combustibles fossiles

Lors de l’assemblée générale annuelle de TotalEnergies organisée à Paris vendredi, un groupe de militants pour le climat s’est rassemblé devant le siège sud‑africain de l’entreprise à Johannesburg. La manifestation, coordonnée par la campagne StopEACOP (East African Crude Oil Pipeline), s’inscrivait dans le cadre d’une « semaine d’action » mondiale qui a touché 19 pays.

Contexte de la campagne StopEACOP

StopEACOP vise principalement à stopper les projets pétroliers de TotalEnergies en Afrique de l’Est, au Mozambique et en Namibie, arguant que ces infrastructures aggravent les émissions de gaz à effet de serre et menacent les écosystèmes locaux. Le mouvement regroupe plusieurs organisations de justice climatique, dont GroundWork, Earthlife Africa et le South African Climate Action Network.

Dans un communiqué diffusé le même jour, la campagne a élargi son champ de dénonciation en pointant du doigt l’industrie des combustibles fossiles comme responsable de la flambée récente des tarifs d’électricité en Afrique du Sud.

Hausse des tarifs électriques et impact sur les ménages

Selon les données publiées par l’Agence sud‑africaine de l’énergie (2023), le prix moyen de l’électricité résidentielle a augmenté de 12,4 % entre 2022 et 2023, portant le coût mensuel moyen d’un foyer à environ 1 200 ZAR. Le communiqué de StopEACOP cite une étude de l’Université du Witwatersrand montrant que, pour les 20 % de ménages les plus pauvres, la facture d’électricité représente désormais plus de 35 % du revenu disponible, dépassant les dépenses essentielles telles que la farine de maïs ou le pain.

« Pour les familles les plus pauvres du pays, le coût de l’électricité dépasse désormais les dépenses alimentaires de base comme la farine de maïs ou le pain, ce qui les oblige à choisir entre l’électricité ou la nourriture », indique le communiqué de la campagne.

Subventions aux combustibles fossiles : un levier de réallocation demandé

Les militants soulignent que l’État sud‑africain a alloué 118 milliards de rands en subventions aux combustibles fossiles pour l’année 2023, selon le rapport annuel de l’International Institute for Sustainable Development (IISD, 2024). Ils exigent que ces fonds soient redirigés vers le déploiement gratuit d’énergie renouvelable, notamment du photovoltaïque domestique, afin de réduire la dépendance au réseau électrique fortement tributaire du charbon.

  • Subventions fossiles 2023 : 118 milliards ZAR (IISD).
  • Augmentation tarifaire électrique 2022‑2023 : +12,4 % (Agence sud‑africaine de l’énergie).
  • Part du revenu consacrée à l’électricité pour les 20 % les plus pauvres : >35 % (Université du Witwatersrand, 2023).

Témoignage terrain : une communauté sans électricité depuis 2018

Gladys Nester Ndebele, résidente de Sedibeng – une zone fortement marquée par l’exploitation minière du charbon – a expliqué lors du rassemblement que le transformateur électrique de sa communauté était tombé en panne en 2018 et n’a jamais été réparé. Elle a déclaré :

« Nous avons besoin d’électricité ; le gouvernement devrait cesser de soutenir les combustibles fossiles et nous fournir de l’énergie solaire. »

Son témoignage illustre la réalité de nombreuses localités où l’infrastructure énergétique reste vétuste malgré les promesses de transition.

Réaction de TotalEnergies et perspectives

Les représentants de TotalEnergies n’ont pas souhaité s’adresser aux manifestants et n’ont pas répondu à une demande de commentaires formulée par les journalistes présents. Cette absence de réaction contraste avec les appels répétés de la société civile pour que l’entreprise cesse ses activités en Afrique du Sud et dans d’autres pays africains, afin de permettre une « transition juste » vers des énergies propres.

Conclusion

La manifestation de Johannesburg met en lumière le lien croissant, selon les activistes, entre les subventions aux combustibles fossiles, la hausse des prix de l’électricité et la précarité énergétique des ménages sud‑africains. En citant des données officielles et des études académiques, la campagne StopEACOP cherche à orienter le débat public vers une réallocation des ressources financières vers des solutions renouvelables accessibles à tous.

Alors que la pression internationale sur les majors pétrolières s’intensifie, il restera à voir si les gouvernements et les entreprises répondront à ces exigences avec des mesures concrètes de désinvestissement dans le fossile et d’investissement accru dans l’énergie solaire et éolienne.

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