lundi, juin 1, 2026
GénéralLes exportations britanniques vers les États-Unis chutent de 25 % après le blitz tarifaire du « jour de la libération » de Trump

Les exportations britanniques vers les États-Unis chutent de 25 % après le blitz tarifaire du « jour de la libération » de Trump

Impact des tarifs américains sur les exportations britanniques vers les États‑Unis

Lors du sommet du Groupe des Sept (G7) qui s’est tenu au Pomeroy Kananaskis Mountain Lodge en Alberta, le 16 juin 2025, le président américain Donald Trump a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer. Cette rencontre a eu lieu peu après l’annonce de la campagne tarifaire dite « jour de la libération », qui a profondément modifié les échanges commerciaux entre le Royaume‑Uni et les États‑Unis.

Contexte du sommet du G7 à Kananaskis

Le sommet du G7 a rassemblé les dirigeants des principales économies avancées pour discuter de la sécurité économique, du climat et des relations commerciales. La poignée de main entre Trump et Starmer, immortalisée par le photographe Brendan Smialowski (AFP/Getty Images), a symbolisé une tentative de désamorcer les tensions nées des nouvelles mesures douanières américaines.

Chiffres officiels de l’ONS

Selon l’Office for National Statistics (ONS) du Royaume‑Uni, les exportations de biens vers les États‑Unis, hors métaux précieux, ont chuté de 1,5 milliard de livres sterling, soit une baisse de 24,7 %, immédiatement après l’instauration des droits de douane annoncés par l’administration Trump.

L’ONS précise également que :

  • Les exportations de voitures britanniques vers les États‑Unis sont désormais stables, mais restent en dessous des niveaux observés avant l’introduction des tarifs, sur une période de douze mois couvrant avril 2025 à mars 2026.
  • En revanche, les importations de marchandises en provenance des États‑Unis ont commencé à augmenter dès le début de l’année 2026, créant un déficit commercial avec le principal partenaire du Royaume‑Uni pendant trois mois consécutifs.

Ces données proviennent du communiqué de presse de l’ONS publié le vendredi 14 juin 2025, disponible sur le site officiel de l’organisme statistique.

Effets sur le secteur automobile et le whisky écossais

Le secteur automobile, qui représente une part substantielle des exportations britanniques, a subi une pression double : des coûts supplémentaires liés aux droits de douane et une demande américaine moins dynamique. Les constructeurs ont signalé une stagnation des volumes expédiés outre‑Atlantique, malgré des efforts pour diversifier leurs marchés.

Le whisky écossais, emblématique des exportations du Royaume‑Uni, emploie environ 40 000 personnes en Écosse et contribue à 23 % du total des exportations écossaises en 2025. Bien que l’administration Trump ait annoncé, cette semaine, la suppression des droits de douane sur le whisky écossais « en l’honneur » du roi Charles III et de la reine Camilla suivant leur visite d’État, cette mesure seule ne suffit pas à compenser le déficit global observé dans les échanges bilatéraux.

Réactions des experts et perspectives

Samuel Edwards, responsable de la gestion du portefeuille client chez Ebury, souligne la portée du ralentissement :

« Les États‑Unis restent le plus grand marché d’exportation du Royaume‑Uni. Cette ampleur du ralentissement est donc susceptible d’avoir des conséquences sur la croissance globale du Royaume‑Uni. »

Il ajoute que les exportateurs font face à une triple pression :

  • des coûts commerciaux plus élevés dus aux droits de douane ;
  • l’augmentation des coûts de l’emploi et des taxes ;
  • des pressions sur les prix des intrants, qui érodent les marges et rendent la concurrence internationale plus difficile.

Face à ces défis, les analystes recommandent aux entreprises britanniques de renforcer leur présence sur d’autres marchés émergents, d’investir dans l’innovation produit et de poursuivre le dialogue diplomatique afin d’obtenir un allègement progressif des barrières tarifaires.

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