lundi, juin 1, 2026
GénéralLe président de la Fed de New York, Williams, craint que la guerre ne ralentisse la croissance et n'aggrave l'inflation

Le président de la Fed de New York, Williams, craint que la guerre ne ralentisse la croissance et n’aggrave l’inflation

Guerre en Iran : inquiétudes de la Fed concernant l’inflation et la croissance

Lors d’une intervention devant les banquiers de son district natal, John Williams, président de la Réserve fédérale de New York, a exprimé jeudi ses préoccupations face aux répercussions du conflit en Iran sur l’économie américaine. Selon lui, la guerre a déjà provoqué des signes de hausse des prix et un ralentissement de la croissance, deux phénomènes qui pourraient s’intensifier si les perturbations de l’approvisionnement énergétique persistent.

Williams a souligné que le conflit « intensifie l’incertitude » tant au niveau national que local, compliquant la tâche des décideurs chargés de maintenir un double mandat : stabilité des prix et plein emploi. Bien qu’il reste généralement confiant dans la poursuite de la croissance et la baisse de l’inflation tout au long de l’année, il reconnaît que des menaces pèsent sur les deux objectifs.

Scénario de stagflation : risques simultanés d’inflation et de ralentissement

Le président de la Fed de New York a expliqué que, si les perturbations de l’approvisionnement en énergie s’atténuent rapidement, les prix de l’énergie pourraient baisser et les effets inflationnistes s’inverser partiellement plus tard cette année. En revanche, un choc d’offre important lié au conflit pourrait entraîner une hausse simultanée de l’inflation – via l’augmentation des coûts intermédiaires et des matières premières – et un freinage de l’activité économique.

Cette combinaison de croissance lente et de prix élevés correspond à ce que les économistes appellent la stagflation, une situation particulièrement délicate pour les banques centrales, qui doivent choisir quel côté du mandat privilégier. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a récemment rejeté l’idée que l’économie américaine soit déjà en stagflation, mais les remarques de Williams montrent que cette préoccupation reste présente parmi les décideurs, même si elle est moins grave que l’épisode des années 1970‑1980.

Pressions sur les chaînes d’approvisionnement et indicateurs de la Fed de New York

Williams a également mis en lumière des « perturbations croissantes » dans les chaînes d’approvisionnement, notamment concernant l’énergie et les biens associés. L’indice de pression de la chaîne d’approvisionnement mondiale de la Fed de New York a indiqué que les conditions en mars étaient les plus tendues depuis le début de 2023.

Il a précisé que la hausse des prix de l’énergie ne se limite pas au coût du carburant : elle se répercute sur les tarifs aériens, les produits d’épicerie, les engrais et d’autres articles de consommation courante. Cette propagation des coûts contribue à la pression inflationniste observée dans plusieurs secteurs.

Politique monétaire actuelle et perspectives pour 2025‑2027

Dans le contexte actuel, Williams estime que la politique monétaire « est bien placée pour équilibrer les risques pesant sur nos objectifs maximaux en matière d’emploi et de stabilité des prix ». Le Comité fédéral de l’Open Market, dont il est membre votant permanent, a maintenu en mars son taux directeur entre 3,5 % et 3,75 %. Les marchés évaluent à 100 % la probabilité d’une nouvelle pause lors de la réunion des 28‑29 avril et ne prévoient aucune réduction de taux cette année.

Bien qu’il ait qualifié les perspectives de « très incertaines », Williams anticipe néanmoins une progression du produit intérieur brut réel située entre 2 % et 2,5 % pour 2025, avec une inflation attendue autour de 2,75 % à 3 % avant un retour à l’objectif de 2 % de la Fed d’ici 2027. Il note également que les anticipations d’inflation à long terme restent largement maîtrisées.

En synthèse, les déclarations de John Williams mettent en évidence la vigilance de la Réserve fédérale face aux risques géopolitiques pouvant déclencher une stagflation légère, tout en affirmant que les outils de politique monétaire restent adaptés pour naviguer dans cet environnement complexe.

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