lundi, juin 1, 2026
GénéralLe gouverneur de la Fed, Waller, déclare que la guerre en Iran et les risques sur le marché du travail maintiennent la banque centrale en suspens

Le gouverneur de la Fed, Waller, déclare que la guerre en Iran et les risques sur le marché du travail maintiennent la banque centrale en suspens

Christopher Waller évoque les défis de la politique monétaire face à une inflation tenace et un marché du travail atone

Le jeudi 16 octobre 2025, Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine, s’est exprimé lors de la série C. Peter McColough sur l’économie internationale organisée par le Council on Foreign Relations à New York. Son intervention, relayée par Bloomberg et Getty Images, a porté sur les tensions actuelles entre une inflation qui montre des signes de persistance et un marché du travail qui, malgré l’absence de croissance d’emploi, demeure relativement stable.

Contexte du discours au Council on Foreign Relations

Le Council on Foreign Relations (CFR) accueille régulièrement des responsables de la politique monétaire pour éclairer les décideurs et les investisseurs sur les enjeux globaux. En octobre 2025, l’économie américaine se trouve à un carrefour : les prix à la consommation restent élevés malgré un ralentissement de l’activité, tandis que le taux de chômage oscille autour de 4 %, sans que les embauches ne parviennent à redresser nettement la situation.

Waller, connu pour ses prises de position parfois divergentes au sein du Federal Open Market Committee (FOMC), a profité de cette tribune pour expliquer pourquoi la Fed pourrait devoir maintenir son taux directeur inchangé pendant une période prolongée.

Une inflation potentiellement persistante

Lors de son allocution, le gouverneur a souligné que les chocs de prix récents – liés à la hausse des droits d’importation et aux répercussions du conflit en Iran – ne sont pas nécessairement transitoires.

« Au-delà de la durée de ces perturbations, avec ce choc économique qui fait suite à la hausse des prix due aux droits d’importation, je pense qu’il existe la possibilité que cette série de chocs de prix conduise à une augmentation plus durable de l’inflation, comme nous l’avons vu avec la série de chocs pendant la pandémie », a déclaré Waller.

Cette méfiance contraste avec l’optimisme de certains analystes qui considèrent l’impact de la guerre en Iran comme temporaire. Selon les données du Bureau of Labor Statistics publiées en septembre 2025, l’indice des prix à la consommation (IPC) affichait une hausse annuelle de 3,8 %, légèrement au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed.

Le marché du travail : entre stagnation et vulnérabilité

Waller a également révisé sa lecture du marché du travail. Alors qu’il exprimait auparavant des inquiétudes concernant le faible niveau d’embauche, il a indiqué que les preuves s’accumulent en faveur d’un taux d’équilibre proche de zéro : le rythme des embauches serait désormais suffisant pour soutenir le taux de chômage sans provoquer de hausse significative.

Néanmoins, il met en garde contre la fragilité actuelle des employeurs :

« J’ai l’impression que les employeurs marchent sur une corde raide entre leurs difficultés antérieures à trouver des travailleurs qualifiés et la direction qu’ils pensent de l’économie, les laissant vulnérables à un choc économique qui pourrait les faire basculer et entraîner d’importantes suppressions d’emplois ».

Cette situation rappelle les périodes où le marché du travail a connu des ajustements brusques après des chocs externes, comme lors de la crise financière de 2008 ou la pandémie de COVID‑19.

Implications pour la Réserve fédérale

Face à ce double défi – inflation persistante et marché du travail précaire – Waller estime que la Fed pourrait devoir rester en attente jusqu’à ce que les indicateurs économiques deviennent plus clairs.

Il rappelle le double mandat de la banque centrale : stabilité des prix et plein emploi. Dans un contexte où les deux objectifs semblent tirer dans des directions opposées, la politique monétaire doit chercher un équilibre délicat.

  • Maintenir le taux des fonds fédéraux dans la fourchette actuelle de 3,5 % à 3,75 % (décision du vote de mars 2025).
  • Éviter un resserrement prématuré qui pourrait aggraver la faiblesse de l’emploi.
  • Surveiller de près les indicateurs d’inflation sous-jacente (IPC core, indice des prix à la production) pour détecter toute accélération durable.

Waller précise toutefois qu’il reste préoccupé par le marché du travail et qu’il continuera à examiner les données mensuelles sur les embauches, les ouvertures de postes et le salaire moyen horaire.

Réactions des marchés et perspectives

Les marchés financiers ont largement interprété les propos de Waller comme un signal de statu quo pour le reste de l’année 2025. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux affichent une probabilité supérieure à 80 % de maintien du taux actuel jusqu’à la fin du quatrième trimestre, selon les données du CME Group publiées le 17 octobre 2025.

Des analystes de JPMorgan Chase et de Goldman Sachs ont noté que la prudence exprimée par le gouverneur pourrait soutenir la valorisation des obligations d’État américaines, tandis que les actions sensibles aux taux d’intérêt pourraient rester sous pression tant que l’incertitude persiste.

En somme, l’intervention de Christopher Waller au Council on Foreign Relations met en lumière la complexité de la conduite de la politique monétaire dans un environnement où les chocs de prix et les tensions sur l’emploi s’entrelacent. La Fed, fidèle à son mandat, semble prête à adopter une attitude de vigilance plutôt que

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