La Banque d’Angleterre maintient ses taux malgré les pressions inflationnistes
Le jeudi 18 décembre 2025, la Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé le maintien de son taux directeur à 3,75 %, conformément aux attentes des économistes interrogés par Reuters. Cette décision a recueilli le soutien de sept des neuf membres du Comité de politique monétaire, tandis que deux voix se sont opposées à ce statu quo.
Le conseiller économique en chef, Huw Pill, et le membre externe Megan Greene ont tous deux voté en faveur d’une hausse de 25 points de base, portant le taux à 4 %. Leur dissentiment s’explique par la crainte que l’inflation, alimentée par la hausse des coûts de l’énergie, ne s’installe durablement.
Contexte énergétique et inflation au Royaume‑Uni
Depuis le déclenchement du conflit en Iran, les prix du pétrole sont demeurés élevés en raison de la fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le transport du brut. Le Royaume‑Uni, importateur net d’énergie, subit donc directement les chocs de prix qui se répercutent sur l’inflation intérieure.
Selon les données publiées par l’Office for National Statistics, l’inflation britannique s’est établie à 2,8 % en mai 2025, principalement poussée par la hausse des coûts du carburant de transport. En avril, le PIB a toutefois enregistré une contraction de 0,1 %, signalant une faiblesse de l’activité économique.
La Banque d’Angleterre prévoit toutefois un rebond de l’inflation plus tard cet été, lorsque le plafond réglementé des prix de l’énergie devrait augmenter d’environ 13 %. Cette hausse anticipée pourrait prolonger la pression sur les ménages et les entreprises, malgré le récent ralentissement de l’indice des prix à la consommation.
Réactions des marchés et perspectives internationales
Les analystes du LSEG indiquent que, malgré les récents progrès diplomatiques entre Washington et Téhéran, les marchés parient toujours sur un relèvement des taux de la BoE d’ici la fin de l’année. Cette anticipation contraste avec la décision de la Réserve fédérale américaine, qui a maintenu le taux des fonds fédéraux entre 3,5 % et 3,75 % lors de sa réunion d’avril.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a été la première grande institution à relever son taux directeur en réponse à la crise énergétique, tandis que la Banque du Japon a porté le sien à 1 % – son plus haut niveau depuis 31 ans – lors de sa réunion de mardi.
Avis d’experts sur la voie à suivre
Luke Bartholomew, économiste en chef adjoint chez Aberdeen, estime que la BoE pourra éviter le resserrement agressif entrepris par la BCE, tant que les prix de l’énergie continueront de se modérer. « En fait, si les prix de l’énergie continuent de se modérer, le débat pourrait à nouveau tourner autour de réductions de taux, mais il faudra peut-être attendre l’année prochaine », déclare-t-il.
George Brown, économiste principal chez Schroders, met en garde contre toute complaisance : « Pour l’instant, la banque joue pour gagner du temps plutôt que de passer à l’attaque. Un marché du travail plus faible et une croissance faible devraient aider à limiter les effets de second tour, et les progrès vers la réouverture du détroit d’Ormuz devraient également réduire certains des risques à la hausse les plus extrêmes pour les prix de l’énergie. »
Suren Thiru, économiste en chef à l’Institut des comptables agréés d’Angleterre et du Pays de Galles, décrit la situation comme « à la croisée des chemins ». Il souligne que le cadre de paix entre les États‑Unis et l’Iran a renforcé l’espoir d’un apaisement de l’inflation sans nouveau resserrement, mais prévient qu’une reprise des hostilités pourrait rapidement renverser la tendance.
- Source principale : Reuters, 18 décembre 2025.
- Données économiques : Office for National Statistics, inflation UK 2,8 % (mai 2025), PIB –0,1 % (avril 2025).
- Analyse des marchés : LSEG, probabilité de maintien du taux à 96 % avant la réunion d’avril.
- Citations d’experts : Luke Bartholomew (Aberdeen), George Brown (Schroders), Suren Thiru (ICAEW).
