Pixi lance une messagerie en réalité augmentée interactive sur iMessage
Alors que les autocollants, les GIF et les réactions emoji dominent encore les échanges numériques, la startup Pixi propose une nouveauté : l’envoi de personnages en réalité augmentée (AR) animés par de l’intelligence artificielle directement depuis iMessage. Lancée mercredi sur l’App Store, l’application permet à l’utilisateur d’envoyer un avatar virtuel qui prend vie grâce à la caméra de l’iPhone du destinataire, réagissant en temps réel à son environnement et à ses expressions faciales.
Comment fonctionne l’application Pixi
Après avoir installé l’app sur un iPhone 11 ou modèle ultérieur, l’utilisateur ouvre une conversation iMessage, appuie sur le bouton « + » en bas à gauche et choisit parmi les personnages disponibles. Le fichier envoyé n’est pas une image statique : il contient un petit paquet de données qui, une fois reçu, est traité entièrement sur l’appareil du destinataire. Grâce à la caméra et aux capteurs de mouvement, le personnage peut :
- se déplacer dans le champ de vision de l’utilisateur réel ;
- réagir à des objets détectés (un chien qui passe, une tasse de café, etc.) ;
- modifier son comportement en fonction des expressions faciales capturées (sourire, froncement de sourcils) ;
- interagir avec d’autres avatars envoyés par des contacts dans la même conversation.
Selon les déclarations de Pixi à TechCrunch, tout le traitement visuel et audio reste sur le téléphone, ce qui émane d’une volonté de protéger la vie privée des utilisateurs.
Une approche différenciée : IA embarquée et respect de la vie privée
Contrairement à de nombreux filtres AR qui s’appuient sur le cloud pour l’analyse d’image, Pixi combine l’IA générative avec un traitement entièrement local. Le fondateur, Mark Drummond – ancien animateur chez DreamWorks Animation et ancien ingénieur chez Apple – explique que cette architecture permet au personnage de « comprendre ce qui se passe autour de lui » et d’adapter son attitude en conséquence, sans jamais envoyer de données personnelles vers des serveurs externes.
Cette approche répond à deux attentes majeures des consommateurs : d’une part, une expérience plus immersive et spontanée dans les échanges numériques ; d’autre part, une garantie que les informations captées par la caméra ne quittent pas l’appareil. En privilégiant le traitement on‑device, Pixi se positionne comme une solution respectueuse du RGPD et des bonnes pratiques de confidentialité recommandées par les autorités de protection des données.
Les personnages disponibles au lancement
Au moment du lancement, Pixi propose trois avatars de base :
- Un robot interactif qui peut effectuer des gestes simples et répondre à des commandes vocales de base ;
- Un chat virtuel capable de détecter la présence d’animaux réels et de réagir à l’humeur de l’utilisateur (par exemple, il se frotte contre la jambe lorsqu’il perçoit un sourire) ;
- Une enveloppe animée qui se déplace lorsqu’on la pousse, peut jouer à tic‑tac‑toe ou à « whack‑a‑mole », et poursuit l’utilisateur s’il bouge trop rapidement.
Ces personnages sont conçus pour être ludiques tout en démontrant les capacités de perception en temps réel de l’application.
Vers un marché de créateurs et d’expériences de marque
Pixi ne compte pas s’arrêter à ces trois modèles. La startup prévoit d’ouvrir un marché où des studios d’animation, des marques et des créateurs indépendants pourront proposer leurs propres personnages AR. Selon Drummond, cette place de marché permettrait d’utiliser les avatars lors d’événements tels que des avant‑premières de films ou des lancements de produits : imaginez un personnage M&Ms qui apparaît lorsqu’une nouvelle saveur est annoncée, interagissant avec le décor du bureau de l’utilisateur.
Pour illustrer le potentiel de personnalisation, Pixi cite l’exemple d’Alice au pays des merveilles, une propriété intellectuelle dans le domaine public. Le personnage d’Alice serait programmé pour réagir de façon cohérente avec l’univers du livre lorsqu’elle détecte certains objets sur le bureau (une théière, un lapin, etc.). Cette démonstration vise à montrer aux partenaires comment leurs créations pourraient s’intégrer naturellement à la technologie de Pixi.
Perspectives d’avenir et disponibilité
Actuellement, l’application est réservée aux iPhone 11 et modèles plus récents, mais Pixi affirme travailler à une version Android ainsi qu’à une intégration avec d’autres plateformes de messagerie comme WhatsApp et Instagram. L’app reste gratuite pour les utilisateurs finaux ; les marques, toutefois, auront la possibilité de monnayer leurs personnages s’elles le souhaitent, bien que Drummond encourage une diffusion gratuite afin que les utilisateurs deviennent des ambassadeurs volontaires de leurs marques.
En combinant la réalité augmentée, l’intelligence artificielle embarquée et une forte emphase sur la confidentialité, Pixi propose une nouvelle façon de donner du poids émotionnel aux échanges numériques. Si l’adoption suit la courbe observée avec les filtres AR de Snapchat ou les Animoji d’Apple, cette messagerie pourrait bien devenir le prochain vecteur d’interaction sociale « numériquement native » sur iPhone.
