lundi, juin 1, 2026
GénéralAlors que Poutine et Xi se rencontrent, les perturbations énergétiques liées à la guerre en Iran remettent à l'ordre du jour le gazoduc russe, longtemps bloqué

Alors que Poutine et Xi se rencontrent, les perturbations énergétiques liées à la guerre en Iran remettent à l’ordre du jour le gazoduc russe, longtemps bloqué

Le projet Power of Siberia 2 au cœur des discussions sino‑russes

Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu à Pékin le mercredi 22 mars 2023 pour rencontrer le dirigeant chinois Xi Jinping. À l’ordre du jour figurait notamment le projet de gazoduc Power of Siberia 2, longtemps en suspens, alors que les tensions énergétiques mondiales continuent d’évoluer.

Contexte énergétique et géopolitique

Selon des informations rapportées par Bloomberg et illustrées par Getty Images, une escalade du conflit entre les États‑Unis et l’Iran aurait entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, perturbant environ la moitié des importations chinoises de pétrole et près d’un tiers de son approvisionnement en GNL. Dans ce contexte, Pékin chercherait à diversifier ses sources d’énergie en s’appuyant davantage sur des voies terrestres.

La Chine reste un acheteur majeur de l’énergie russe : ses importations de pétrole russe ont augmenté de 35 % sur un an au premier trimestre 2023, selon les données officielles des douanes chinoises. Par ailleurs, la production nationale de gaz a progressé de 2,7 % durant les quatre premiers mois de l’année, tandis que les réserves terrestres de brut s’élèvent à environ 1,23 milliard de barils, suffisantes pour couvrir près de 92 jours de besoins de raffinage, d’après l’analyste Muyu Xu de Kpler.

Détails techniques du futur gazoduc

Le tracé prévu de Power of Siberia 2 s’étendrait sur environ 2 600 kilomètres, partant des champs de gaz de Yamal en Russie, traversant la Mongolie pour atteindre la Chine. Il devrait transporter jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Un mémorandum juridiquement contraignant visant à faire avancer la construction a été signé par Moscou et Pékin en septembre 2025, bien que les points suivants restent encore en discussion :

  • le niveau tarifaire appliqué au gaz transporté;
  • les modalités de financement du projet;
  • le calendrier précis de mise en service.

Les analystes soulignent que la Chine souhaiterait que le prix du gaz corresponde au tarif intérieur russe, soit environ 120 à 130 dollars pour 1 000 mètres cubes, tandis que la Russie chercherait à obtenir des conditions proches de celles du gazoduc Power of Siberia 1, qui, selon plusieurs études, seraient nettement supérieures à ce montant.

Enjeux économiques et stratégiques

Power of Siberia 1, déjà opérationnel, livre environ 38 milliards de mètres cubes de gaz annuellement à la Chine. Les deux parties ont convenu d’en augmenter encore la capacité. L’ajout d’un deuxième ligne renforcerait la dépendance énergétique de la Chine envers la Russie, tout offrant à Moscou un débouché important pour son gaz, dont les exportations vers l’Europe ont chuté de 44 % en 2022 après l’invasion de l’Ukraine.

Selon Michael Feller, stratège en chef d’un cabinet de conseil en géopolitique, un accord sur Power of Siberia 2 témoignerait d’une confiance mutuelle et d’une volonté de considérer la co‑dépendance comme une option plus sûre que l’alternative. Il ajoute que, pour le reste du monde, cela rendrait la relation sino‑russe plus résiliente face à d’éventuelles pressions externes.

Enfin, même si le projet offre une solution potentielle aux vulnérabilités maritimes telles que le détroit d’Ormuz, les experts restent prudents quant à son impact réel sur les calculs de négociation de Pékin, soulignant que d’autres facteurs – tels que les réserves nationales, la diversification des fournisseurs et l’évolution des prix du marché – continueront de jouer un rôle déterminant.

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