Le déficit budgétaire américain en nette amélioration sur l’exercice 2025
Alors que le déficit budgétaire fédéral américain a dépassé le cap symbolique des 1 000 milliards de dollars pour l’exercice fiscal en cours (qui commence en octobre 2024), les données publiées fin février par le département du Trésor révèlent une tendance encourageante : ce déficit est en baisse de près de 12 % par rapport à la même période un an plus tôt. Cette amélioration s’explique principalement par une croissance plus rapide des recettes publiques, notamment grâce à une explosion des perceptions douanières, même si les dépenses restent élevées et que des incertitudes juridiques planent sur certains tarifs.
Un déficit mensuel stable, mais une amélioration sur l’année fiscale
Pour le seul mois de février 2025, le déficit s’est établi à 308 milliards de dollars, un chiffre quasi identique à celui de février 2024. En revanche, sur les cinq premiers mois de l’exercice fiscal (octobre 2024 – février 2025), le déficit cumulé atteint 1 004 milliards de dollars, soit environ 12 % de moins que sur la période équivalente de l’an dernier. Cette différence significative provient d’une hausse marquée des recettes, qui ont surpassé la progression des dépenses.
La manne des droits de douane : un effet Trump qui se fait sentir
Le facteur le plus spectaculaire est la flambée des recettes douanières. Au cours des cinq premiers mois de l’exercice, les droits de douane ont totalisé 151 milliards de dollars, une hausse colossale de 294 % (environ 113 milliards de dollars) par rapport à la même période en 2024. Cette augmentation massive résulte directement des politiques commerciales protectionnistes mises en place sous l’administration Trump, avec des tarifs douaniers élargis et relevés sur une multitude de produits importés.
Il convient toutefois de noter que ces chiffres n’intègrent pas encore les effets de la récente décision de la Cour suprême américaine, qui a annulé une partie importante de ces tarifs. Les économistes suggèrent plusieurs explications à ce décalage : les droits perçus avant la décision judiciaire peuvent encore être en cours de traitement, certains importateurs ont pu anticiper les hausses en accélérant leurs commandes, et une incertitude demeure sur d’éventuels remboursements de droits déjà collectés.
Parallèlement, le président Trump a imposé de nouveaux droits de douane après cet arrêt de la Cour suprême, ce qui pourrait soutenir à moyen terme les recettes douanières, malgré l’ombre jetée par les contestations juridiques en cours.
Recettes fiscales en demi-teinte et poids de la dette
Le tableau n’est pas uniformément positif. Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont chuté de 27 milliards de dollars (17 %) par rapport à l’an dernier, une baisse qui pourrait refléter des ajustements comptables ou un ralentissement des bénéfices. Fait notable, depuis le début de l’exercice, les recettes douanières ont dépassé les recettes de l’impôt sur les sociétés – une situation rare qui illustre l’impact des politiques tarifaires sur la structure des financements fédéraux.
Un autre poste de dépenses continue de gruger le budget : les intérêts sur la dette nationale, qui approche les 39 000 milliards de dollars. En février, les paiements d’intérêts nets ont atteint 79 milliards de dollars, un montant supérieur à presque toutes les catégories de dépenses fédérales, à l’exception de la sécurité sociale, des programmes de sécurité du revenu (comme l’assurance chômage ou l’aide alimentaire) et des soins de santé. Le niveau élevé des taux d’intérêt maintient donc une pression significative sur les finances publiques, même si la croissance des recettes compense partiellement cet effet.
Des perspectives encore incertaines
Si la baisse du déficit sur l’exercice en cours est une donnée favorable, sa pérennité reste à questionner. La légalité et la pérennité d’une partie des recettes douanières sont désormais entre les mains des tribunaux. Un éventuel remboursement massif de droits perçus réduirait mécaniquement les recettes et creuserait à nouveau le déficit. De plus, l’administration Trump a montré sa volonté de maintenir une pression tarifaire, ce qui pourrait à la fois soutenir les recettes et alimenter des tensions commerciales.
En définitive, l’amélioration actuelle du déficit budgétaire américain repose largement sur des facteurs temporaires et politiquement sensibles. Une stabilisation à long terme nécessiterait un équilibre entre maîtrise des dépenses, réforme fiscale et résolution des litiges juridiques entourant
