Le PIB britannique enregistre un léger recul en avril 2026
Selon les données publiées le 12 juin 2026 par l’Office for National Statistics (ONS), le produit intérieur brut (PIB) du Royaume‑Uni a diminué de 0,1 % au mois d’avril, interrompant ainsi une série de croissance mensuelle qui avait débuté l’été précédent. Cette contraction intervient dans un contexte où la guerre en Iran commence à peser sur l’activité économique britannique, comme le souligne l’ONS dans son communiqué de presse.
Évolution sectorielle
Le secteur des services, qui représente la majorité de l’économie du pays, a enregistré une baisse de 0,2 % sur le mois. En détail :
- Les activités de sports, de divertissement et de loisirs ont chuté de 9,1 %, principalement en raison de l’annulation de plusieurs événements sportifs au Moyen‑Orient qui ont affecté les revenus des entreprises britanniques.
- Les services destinés aux consommateurs ont reculé de 0,5 %.
- Le commerce de détail a baissé de 1,3 %.
La production industrielle est restée stable, tandis que la construction a légèrement progressé de 0,1 %.
Perspectives à trois mois
Malgré le repli mensuel, le PIB britannique a encore augmenté de 0,7 % au cours des trois mois précédant avril, marquant ainsi la cinquième période consécutive de croissance sur un trimestre. Cette résilience à moyen terme suggère que l’économie bénéficie encore de certains facteurs de soutien, même si les pressions à court terme s’intensifient.
Facteurs inflationnistes et défis pour la Banque d’Angleterre
L’ONS indique également que 40 % des entreprises commerciales ont constaté une hausse des prix des biens qu’elles ont achetés en avril, la proportion la plus élevée depuis décembre 2022. Cette pression inflationniste complique la tâche de la Banque d’Angleterre, qui doit jongler entre la maîtrise des prix et le soutien à la croissance.
Stuart Clark, gestionnaire de portefeuille chez Quilter, commente :
« Avec un sentiment de stagflation qui s’installe dans l’économie, la dernière chose que la Banque d’Angleterre veut faire est d’augmenter les taux d’intérêt, mais c’est ce qui est intégré dans les prix, car l’inflation reste la plus grande préoccupation pour l’instant. »
Sanjay Raja, économiste en chef de la Deutsche Bank au Royaume‑Uni, ajoute que la consommation de carburant a chuté de près de 10 % alors que les ménages réduisent leurs déplacements face à la hausse des prix de l’énergie.
« À mesure que le conflit iranien se développe, il est clair que le choc énergétique commence à rattraper les ménages et les entreprises. »
Points positifs et anticipations
L’industrie manufacturière constitue un rare point de lumière, avec une hausse de 0,4 % portée notamment par les produits pharmaceutiques et les métaux de base. Selon Raja, cette progression pourrait refléter une stratégie de constitution de stocks par les entreprises dans un contexte d’incertitude géopolitique élevée.
La Deutsche Bank maintient sa prévision de croissance du PIB britannique à 1 % pour l’année 2026, dépassant celle de la plupart des autres économies du G7.
Conclusion
Le recul de 0,1 % du PIB en avril 2026 reflète l’impact croissant des tensions géopolitiques liées au conflit iranien, notamment à travers la baisse des activités de loisirs et la hausse des coûts énergétiques. Bien que la croissance à trois mois reste positive, les pressions inflationnistes et la faiblesse de certains secteurs posent un défi majeur pour la Banque d’Angleterre, qui devra naviguer prudemment entre soutien à l’activité et maîtrise des prix dans les mois à venir.
