samedi, juin 13, 2026
Asie-PacifiqueLes États-Unis deviennent le premier fournisseur de gaz de l'Inde, alors que la guerre en Iran les coupe du Golfe

Les États-Unis deviennent le premier fournisseur de gaz de l’Inde, alors que la guerre en Iran les coupe du Golfe

Les États-Unis renforcent leur rôle de fournisseur clé de GNL et de GPL pour l’Inde

Le mardi 14 avril 2026, le terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié de Sabine Pass, situé à Cameron en Louisiane, a été le théâtre d’une séance de négociation marquée par la baisse des contrats à terme sur le gaz naturel américain pour la cinquième journée consécutive. Selon Bloomberg, cette tendance s’explique par la combinaison d’un recul des prix du pétrole et d’une météo mitigée qui a tempéré la demande intérieure.

Dans ce contexte, les flux d’énergie entre les États-Unis et l’Inde ont connu une évolution notable. En mai 2026, Washington est devenu le premier fournisseur de GNL et de GPL du sous‑continent indien, alors que les expéditions en provenance des pays du Golfe ont fortement chuté à la suite des perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Impact du conflit au Moyen‑Orient sur les routes d’approvisionnement

Depuis la première frappe américaine et israélienne contre l’Iran le 28 février 2026, le détroit d’Ormuz – voie maritime cruciale pour près de 60 % des importations indiennes de GNL et pratiquement la totalité de leurs approvisionnements en GPL – a subi des restrictions de navigation. Selon les analystes de Kpler, cette situation a contraint l’Inde à rechercher des sources alternatives.

Les données de Kpler montrent que les États-Unis ont livré 630 000 tonnes de GPL à l’Inde en mai 2026, soit environ 60 % de plus que les 380 000 tonnes reçues l’ensemble des pays du Golfe durant la même période. Concernant le GNL, les exportations américaines ont atteint 900 000 tonnes, représentant plus de 40 % des besoins totaux de l’Inde et triplant le volume enregistré en avril.

Une hausse soutenue des exportations américaines

Les experts attribuent cette hausse à deux facteurs principaux. D’une part, le conflit au Moyen‑Orient a réduit la disponibilité du Golfe, poussant New Delhi à diversifier ses approvisionnements. D’autre part, la politique énergétique de Washington vise délibérément à augmenter les ventes d’énergie américaine à l’Inde, une tendance déjà observée avant le déclenchement des hostilités.

Un rapport publié mercredi par la maison de courtage mondiale Nomura souligne que les États-Unis sont « le plus grand bénéficiaire » du rééquilibrage des flux de gaz vers l’Inde. Selon ce document, les exportations de GNL et de GPL de Washington vers New Delhi ont été multipliées par huit par rapport aux niveaux d’avant‑guerre.

Sejwal, analyste spécialisé dans les marchés asiatiques de l’énergie, prévoit que d’ici la fin juin 2026, le volume de GPL américain destiné à l’Inde dépassera probablement la barre du million de tonnes.

Conséquences pour l’Inde et perspectives d’avenir

Le GPL demeure principalement utilisé comme combustible de cuisine en Inde, un secteur où les prix sont étroitement surveillés par les autorités afin de protéger les ménages contre la volatilité mondiale. Toutefois, l’importation de GNL en provenance des États-Unis reste plus coûteuse que celle provenant du Golfe, une réalité que les décideurs indiens reconnaissent tout en soulignant le manque d’alternatives viables à court terme.

La dépendance accrue aux importations énergétiques américaines a également eu un impact sur la monnaie indienne. Depuis le début du conflit en Iran, la roupie s’est affaiblie face au dollar, en partie à cause de la hausse de la facture énergétique du pays. L’Inde demeure le troisième importateur mondial de brut, le quatrième de GNL et le deuxième importateur de GPL, ce qui place la sécurité de ses approvisionnements au cœur de ses priorités stratégiques.

En résumé, la combinaison de tensions géopolitiques au Moyen‑Orient et d’une volonté stratégique de Washington de renforcer ses liens énergétiques avec New Delhi a transformé les États-Unis en un partenaire incontournable pour l’approvisionnement indien en GNL et en GPL. Les évolutions observées au printemps 2026 suggèrent que cette tendance pourrait se poursuivre tant que les routes du Golfe resteront perturbées et que les deux nations continueront à explorer des accords commerciaux plus larges dans le secteur de l’énergie.

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