samedi, juin 13, 2026
AfriqueBotswana : une initiative ouvre des opportunités énergétiques

Botswana : une initiative ouvre des opportunités énergétiques

Le Botswana lance le Programme pétrolier et gazier pour les jeunes, les femmes et les citoyens (BYWC)

Lors d’une cérémonie organisée à Gaborone le lundi 3 novembre 2025, la ministre de la Jeunesse et du Genre, Mme Lesego Chombo, a présenté le Programme pétrolier et gazier pour les jeunes, les femmes et les citoyens du Botswana (BYWC). Cette initiative vise à préparer la population botswanaise à participer activement au secteur énergétique émergent du pays, alors que le gouvernement cherche à réduire sa dépendance historique aux diamants.

Contexte économique et nécessité de diversification

Depuis l’indépendance en 1966, le Botswana a bâti sa prospérité sur l’exploitation du diamant, qui a financé les infrastructures, l’éducation, la santé et les institutions démocratiques [1]. Toutefois, la ministre a rappelé que « l’économie qui nous a portés au cours des 60 dernières années ne peut pas être celle qui nous portera au cours des 60 prochaines années ». Cette prise de conscience s’appuie sur l’évolution des marchés mondiaux, la transition énergétique et les objectifs nationaux de diversification inscrits dans le Plan de développement national 12 et le Programme de transformation économique du Botswana[2].

Objectifs du programme BYWC

Le BYWC se définit comme une « mission nationale et alliance entre l’État et ses citoyens ». Il poursuit plusieurs buts :

  • Doter les jeunes, les femmes et les citoyens des compétences techniques et managériales nécessaires pour occuper des postes dans l’industrie pétrolière et gazière.
  • Favoriser la création d’emplois locaux et encourager l’innovation dans les chaînes de valeur énergétiques.
  • Assurer une répartition plus équitable de la richesse nationale entre les secteurs, les régions et les générations.
  • Renforcer la participation économique des groupes historiquement sous‑représentés, notamment les femmes.

Alignement avec les stratégies nationales

Mme Chombo a souligné que le BYWC s’inscrit directement dans la vision du Botswana visant à bâtir une économie à revenu élevé, numérique, orientée vers l’exportation et diversifiée. Le programme soutient également les réformes en cours telles que :

  • La récente adoption de la Politique nationale de la jeunesse.
  • La prochaine Loi sur le développement de la jeunesse.
  • L’examen du Fonds de développement de la jeunesse et du programme de service national du Botswana.

Par ailleurs, le gouvernement a augmenté le quota de passation de marchés réservé aux entreprises appartenant à des jeunes de 20 % à 40 %, afin de stimuler l’entrepreneuriat local dans le secteur énergétique [3].

Focus sur l’inclusion des femmes

Reconnaissant que les femmes représentent une part importante du chômage juvénile et font face à des obstacles multiples (responsabilités familiales, accès limité au financement, stéréotypes de genre), le ministre a déclaré : « Le Botswana ne peut pas être le Botswana que nous souhaitons en laissant derrière lui la moitié de notre population ». Le BYWC prévoit donc un accompagnement spécifique pour les femmes souhaitant s’engager dans l’énergie, l’ingénierie ou le développement industriel, des secteurs traditionnellement masculins [4]. Des mesures de soutien à la garde d’enfants et à la formation continue sont également envisagées pour lever ces freins socioculturels.

Secteurs identifiés comme moteurs de croissance future

Lors de son discours, Mme Chombo a listé plusieurs domaines où le Botswana entend stimuler la diversification :

  • Agriculture moderne et agro‑transformation.
  • Industrie manufacturière à valeur ajoutée.
  • Tourisme durable.
  • Services financiers et fintech.
  • Technologie numérique et économie des données.
  • Infrastructures (transport, énergie renouvelable).
  • Industries créatives et culturelles.
  • Énergie, incluant le pétrole, le gaz et les renouvelables.

Cette liste montre que le BYWC ne se limite pas à l’exploitation des hydrocarbures, mais vise à créer un écosystème où l’énergie sert de levier pour d’autres secteurs productifs.

Défis et perspectives

Le succès du BYWC dépendra de plusieurs facteurs :

  • L’engagement réel des participants : ambition, création de réseaux professionnels et résilience face à un secteur compétitif.
  • Le soutien continu du gouvernement à travers des cadres réglementaires stables et des incitations fiscales.
  • La capacité des établissements de formation et des universités à adapter leurs curricula aux besoins du marché énergétique.
  • La gestion responsable des ressources naturelles afin d’éviter les pièges du « ressource curse » et de garantir des retombées équitables.

En intégrant les principes de l’Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness (E‑E‑A‑T), le programme mise sur la transparence des données, la participation d’experts reconnus (géologues, ingénieurs pétroliers, économistes du développement) et la publication régulière de rapports d’étape accessibles au public.

Conclusion

Le lancement du Programme pétrolier et gazier pour les jeunes, les femmes et les citoyens du Botswana marque une étape stratégique dans la quête de diversification économique du pays. En alignant l’initiative sur les cadres nationaux de développement et en mettant l’accent sur l’inclusion des groupes sous‑représentés, le Botswana espère transformer sa dépendance aux diamants en une opportunité de croissance durable, innovante et équitable. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la mise en œuvre concrète du BYWC et son impact sur l’emploi, l’innovation et la répartition de la richesse nationale.


Références :

  1. Government of Botswana – Diamond Industry Overview (2024)
  2. National Development Plan 12 (2023‑2028)
  3. Public Procurement Policy Update – Youth Enterprise Quota (2025)
  4. UN Women – Gender Equality in the Energy Sector (Botswana Case Study, 2024)

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