Accord de libre‑échange entre le Royaume‑Uni et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) : un tournant stratégique
Le mercredi 12 juin 2024, le ministre bahreïnien de l’Industrie et du Commerce, Abdulla bin Adel Fakhro, a salué l’annonce d’un nouvel accord de libre‑échange entre le Royaume‑Uni et le CCG, le décrivant comme « très important » et « une réalisation monumentale » pour les deux parties. Cette déclaration a été faite lors de sa participation au Forum économique international de Saint‑Pétersbourg (SPIEF) 2024, où il a été photographié par les agences Anadolu et Getty Images.
Contexte géopolitique et économique du CCG
Le Conseil de coopération du Golfe regroupe six États : Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Selon les données les plus récentes, leur produit intérieur brut (PIB) combiné dépasse 2 000 milliards de dollars américains et ils rassemblent plus de 57 millions d’habitants.
- Bahreïn
- Koweït
- Oman
- Qatar
- Arabie saoudite
- Émirats arabes unis
Cette région, fortement dépendante des hydrocarbures, traverse actuellement une période de turbulences liée aux tensions entre les États‑Unis et l’Iran, qui affectent les industries pétrolières et gazières, ainsi que les flux d’exportation. Malgré ce contexte, les ministres du CCG ont insisté sur le fait que le bloc demeure ouvert aux affaires, souhaitant rassurer les investisseurs potentiels.
Dispositions clés de l’accord
L’accord prévoit l’élimination progressive des droits de douane sur les échanges entre le Royaume‑Uni et le CCG. Selon le ministère britannique du Commerce et des Affaires :
- Environ 580 millions de livres sterling (soit 780 millions de dollars) de droits de douane seront supprimés chaque année, sur la base des exportations actuelles du Royaume‑Uni vers le CCG.
- 360 millions de livres sterling de ces droits seront retirés dès le premier jour d’entrée en vigueur de l’accord.
- Les tarifs sur les voitures, les turboréacteurs, les pièces aérospatiales, le cheddar et le chocolat seront abolis immédiatement.
- Les droits sur les véhicules électriques seront progressivement éliminés sur une période de cinq à dix ans, selon les négociations sectorielles.
Le gouvernement britannique estime que cet accord pourrait stimuler l’économie du Royaume‑Uni d’environ 3,7 milliards de livres sterling (4,9 milliards de dollars) chaque année à long terme, grâce à une augmentation des échanges, de la croissance salariale et de la création d’emplois.
Réactions des responsables
Abdulla bin Adel Fakhro a souligné les avantages mutuels de l’accord :
« Nous considérons vraiment qu’il s’agit d’une réalisation monumentale ; elle est très significative à la fois pour le CCG et pour le Royaume‑Uni. »
Il a ajouté que le CCG apparaît désormais « nettement plus uni, plus fort et plus intégré », notamment dans les domaines de la fabrication industrielle, des chaînes d’approvisionnement et de la technologie financière.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a également commenté l’accord lors d’une visite à Abu Dhabi le 9 avril 2026, où il a été reçu par Khaldoon Khalifa Al Mubarak, président de l’Autorité des affaires exécutives des Émirats arabes unis (photo : Pool WPA / Getty Images).
« L’accord d’aujourd’hui est une grande victoire pour les entreprises britanniques et pour les travailleurs qui en ressentiront les bénéfices dans les années à venir grâce à des salaires plus élevés et à davantage d’opportunités. »
Starmer a insisté sur le fait que le Royaume‑Uni devient ainsi le premier pays du G7 à conclure un accord commercial avec le CCG, renforçant ainsi son partenariat économique avec la région et soutenant l’emploi à long terme.
Perspectives et enjeux futurs
Les deux parties voient dans cet accord un levier pour diversifier leurs économies. Pour le CCG, l’accès aux secteurs britanniques de la fintech, des services avancés et de la fabrication de pointe représente une opportunité de montée en gamme industrielle. Le Royaume‑Uni, quant à lui, bénéficie d’un débouchés stratégique pour ses exportations de haute valeur ajoutée, tout en consolidant ses liens historiques avec les partenaires du Golfe.
En dépit des défis géopolitiques persistants, les responsables affirment que l’engagement commun envers la stabilité économique et la coopération continue restera le fondement de cette relation renouvelée.
