lundi, juin 1, 2026
GénéralLe marché obligataire estime que la Fed est à la traîne en matière d'inflation alors que Warsh prend le relais

Le marché obligataire estime que la Fed est à la traîne en matière d’inflation alors que Warsh prend le relais

Le marché obligataire anticipe un resserrement de la politique de la Fed en 2026

Le 29 avril 2026, alors que le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, s’adressait à la presse lors d’une conférence diffusée en direct sur le parquet de la NYSE, les traders observaient attentivement l’évolution des rendements obligataires. Cette scène, capturée par le photographe Brendan McDermid de Reuters, illustre l’attention portée aux décisions monétaires dans un contexte d’inflation persistante.

Attentes des investisseurs avant la prochaine réunion du FOMC

Selon Ed Yardeni, président de Yardeni Research, les investisseurs du marché obligataire estiment que la Fed doit « rattraper son retard » en matière d’inflation maintenant que son nouveau dirigeant prend le relais. Yardeni indique que Wall Street prévoit que le Comité fédéral de l’open market (FOMC) abandonnera sa préférence pour une baisse des taux lors de la réunion du mois prochain, privilégiant plutôt une orientation plus restrictive.

Cette évolution serait motivée par la volonté de montrer que la politique monétaire est suffisamment ferme pour contenir les pressions inflationnistes, une idée renforcée par les récents indicateurs de prix.

Le rendement du Trésor à deux ans comme signal d’alerte

Dans une note adressée à ses clients le mercredi 30 avril 2026, Yardeni souligne que le rendement du Trésor américain à deux ans dépasse désormais le taux des fonds fédéraux (FFR). Lorsque cet écart se produit, les marchés interprètent généralement que le FFR actuel est trop bas pour freiner l’inflation.

« Le marché signale que le FFR actuel est trop bas pour freiner l’inflation et qu’il faudra peut-être l’augmenter », écrit‑il. Cette observation suggère que les opérateurs obligataires anticipent une série de hausses de taux plutôt qu’une simple pause dans le cycle d’assouplissement.

Inflation en hausse : données récentes et facteurs géopolitiques

Les commentaires de Yardeni interviennent après une série de publications montrant une réaccélération de l’inflation. L’indice des prix à la consommation (IPC) d’avril 2026 a enregistré une hausse annuelle de 3,8 %, son niveau le plus élevé depuis 2023, selon le Bureau of Labor Statistics. Par ailleurs, l’inflation des prix à la production a bondi de 6 % sur douze mois, le rythme le plus rapide observé depuis 2022.

Ces chiffres sont partiellement attribués à la reprise des tensions au Moyen‑Orient, notamment la guerre en Iran, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétique et alimentaire, poussant à la hausse les coûts de production.

Kevin Warsh et la promesse d’un « changement de régime » à la Fed

Kevin Warsh, confirmé par le Sénat cette semaine en tant que successeur désigné de Jerome Powell, a déclaré qu’il souhaitait impulser un « changement de régime » à la banque centrale. Son approche contraste avec la pression longtemps exercée par l’ancien président Donald Trump en faveur de baisses de taux destinés à réduire le coût de l’emprunt.

Néanmoins, les données du outil FedWatch du CMEGroup montrent que les traders de contrats à terme sur les fonds fédéraux ne prévoient aucune baisse de taux pour le reste de l’année 2026. Au contraire, la probabilité intégrée par le marché d’une hausse des taux a connu une hausse notable ces derniers jours.

Ce que les traders surveillent désormais

  • L’évolution du rendement du Trésor à deux ans comparé au FFR, considéré comme un indicateur précoce du sentiment du marché.
  • Les publications mensuelles de l’IPC et de l’indice des prix à la production pour confirmer la tendance inflationniste.
  • Les déclarations officielles du FOMC lors de la réunion de mai 2026, notamment toute indication concernant un resserrement de la politique monétaire.
  • Les évolutions géopolitiques susceptibles d’impacter les prix de l’énergie et des matières premières.

En synthèse, les acteurs du marché obligataire semblent convaincus que la Réserve fédérale devra adopter une posture plus restrictive pour répondre à une inflation qui dépasse désormais nettement son objectif annuel de 2 %. La combinaison de données économiques solides, d’indicateurs de rendement alarmants et d’attentes de politique monétaire suggère que les prochains mois seront déterminants pour la trajectoire des taux américains en 2026.

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