lundi, juin 1, 2026
GénéralL'économie britannique a progressé de 0,5% en février, dépassant de loin les attentes des économistes.

L’économie britannique a progressé de 0,5% en février, dépassant de loin les attentes des économistes.

L’économie britannique rebondit en février 2025, mais les incertitudes géopolitiques pèsent sur les perspectives

Selon les estimations préliminaires publiées jeudi par l’Office for National Statistics (ONS), le produit intérieur brut (PIB) du Royaume‑Uni a augmenté de 0,5 % en février 2025, bien au‑dessus de la prévision moyenne des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une hausse de seulement 0,1 % en glissement mensuel.

Répartition sectorielle de la croissance

Cette amélioration provient d’une hausse généralisée dans les principaux secteurs :

  • Les services ont progressé de 0,5 %.
  • La production industrielle a également enregistré une hausse de 0,5 %.
  • Le secteur de la construction a affiché la meilleure performance, avec une croissance de 1 %.

Ces chiffres contrastent avec la stagnation observée en janvier, où l’ONS avait initialement estimé une évolution nulle du PIB.

Réactions des analystes et impact du conflit au Moyen‑Orient

Malgré ce rebond, plusieurs experts soulignent que les données de février pourraient être rapidement éclipsées par les développements géopolitiques.

Sanjay Raja, économiste en chef pour le Royaume‑Uni chez Deutsche Bank, indique dans une note envoyée par courrier électronique :

« Le marché du travail s’est clairement détérioré, le taux de chômage dépasse les 5 %, donc l’économie ne semble pas se porter très bien. »

Il ajoute que l’incertitude accrue liée aux opérations militaires américaines et iraniennes lancées le 28 février pourrait freiner les dépenses des ménages et les investissements des entreprises, deux moteurs traditionnels de la croissance britannique.

Pression inflationniste et réponse de la Banque d’Angleterre

En tant qu’importateur net d’énergie, le Royaume‑Uni est particulièrement sensible aux fluctuations des prix du pétrole et du gaz. Le conflit au Moyen‑Orient a déjà provoqué une hausse des cours de l’énergie, ce qui se répercute sur l’indice des prix à la consommation.

Les économistes prévoient désormais que l’inflation britannique atteigne 3,3 % en mars 2025, contre 3,0 % en février, obligeant la Banque d’Angleterre (BoE) à envisager au moins une hausse de ses taux d’intérêt cette année.

Patrick O’Donnell, stratège en chef des investissements chez Omnis Investments, estime toutefois que les chiffres du PIB de février auront un impact limité sur la prochaine réunion de la BoE :

« Avec une incertitude élevée et de multiples courants contraires, nous nous attendons à ce que la BoE reste les bras croisés. Au‑delà d’avril, le marché est partagé entre 25 et 50 points de base de hausses d’ici la fin de l’année. »

Perspectives à moyen terme du Fonds monétaire international

Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Royaume‑Uni, citant la guerre en Iran comme un facteur de risque majeur. Le FMI prévoit désormais une expansion de seulement 0,8 % en 2026, contre une précédente estimation de 1,3 % formulée en janvier.

Cette révision reflète les craintes d’un ralentissement prolongé de l’activité économique, aggravé par des conditions financières plus strictes et une confiance des consommateurs en déclin.

Conclusion

Le rebond de 0,5 % du PIB britannique en février 2025 montre que l’économie possède encore une certaine résilience, soutenue par la vigueur des services, de la production et de la construction. Toutefois, les analystes s’accordent à dire que les bénéfices de cette amélioration pourraient être rapidement neutralisés par l’escalade des tensions au Moyen‑Orient, la détérioration du marché du travail et les pressions inflationnistes persistantes.

Pour les décideurs, le défi consiste à soutenir la reprise tout en ancrant les anticipations d’inflation, une tâche qui nécessitera une surveillance étroite des indicateurs économiques et une réponse prudente de la Banque d’Angleterre dans les mois à venir.

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