lundi, juin 1, 2026
GénéralLa flambée des prix de l’essence frappe plus durement les ménages à faible revenu, selon une étude de la Fed de New York

La flambée des prix de l’essence frappe plus durement les ménages à faible revenu, selon une étude de la Fed de New York

Les ménages à faibles revenus réduisent leur consommation d’essence tandis que les plus riches maintiennent leurs dépenses, selon la Fed de New York

Le 1er mai 2026, un panneau de station-service à Washington, DC affichait le prix du gallon à 4,30 $, reflet d’une hausse soutenue des coûts énergétiques aux États‑Unis. Cette évolution survient dans un contexte où l’inflation demeure supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale, et où les disparités de revenu continuent de se creuser, un phénomène souvent qualifié d’« économie en forme de K ».

Une étude publiée mercredi par la Réserve fédérale de New York analyse comment ces disparités se manifestent précisément dans les dépenses en carburant. Les chercheurs Rajashri Chakrabarti, Thu Pham, Beck Pierce et Maxim Pinkovskiy ont examiné les réponses de 2 000 ménages répartis selon leur revenu annuel.

Méthodologie de l’étude

Le panel comprenait trois groupes de revenu définis comme suit :

  • Faible revenu : moins de 40 000 $ par an;
  • Revenu intermédiaire : entre 40 000 $ et 125 000 $ par an;
  • Revenu élevé : plus de 125 000 $ par an.

Les participants ont déclaré leurs dépenses nominales en essence ainsi que leur consommation réelle (en gallons) pour le mois de mars 2026. Les chercheurs ont ensuite calculé les variations en pourcentage par rapport à la même période de l’année précédente.

Résultats clés

Les différences de réaction entre les groupes sont frappantes :

  • Les ménages à faible revenu ont augmenté leurs dépenses nominales en essence de 12 %, tout en réduisant leur consommation réelle de 7 %.
  • Le groupe à revenu élevé a vu ses dépenses nominales grimper de 19 %, tandis que sa consommation réelle n’a diminué que de 1 %.
  • Au niveau global, les dépenses totales en essence du panel ont augmenté de 15 % en mars 2026.

Selon les auteurs, « le modèle de consommation en forme de K dans les dépenses nominales et réelles en essence était fortement évident en mars 2026 ». Cette tendance rappelle celle observée lors du pic énergétique déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, bien que l’écart entre les groupes de revenu soit aujourd’hui plus prononcé.

Contexte macroéconomique

Depuis mars 2020, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté d’environ 28 % (source : Bureau of Labor Statistics). Pendant la même période, le salaire horaire moyen n’a progressé que de 30 %, ce qui laisse les salaires réels pratiquement stables. L’énergie, quant à elle, a connu une hausse de 56 % dans l’économie post‑pandémique, avec un gallon d’essence passant d’une moyenne de 3,81 $ en mars 2026 à 4,30 $ actuellement (source : Energy Information Administration).

Le président de la Fed, Jerome Powell, a régulièrement souligné que l’inflation actuelle pèse davantage sur les ménages les moins capables d’absorber des hausses de prix. Les résultats de l’étude de la Fed de New York viennent confirmer cette analyse au niveau du comportement de consommation spécifique à l’essence.

Implications pour l’économie en forme de K

Ces constatations renforcent l’idée que les chocs énergétiques exacerbent les inégalités déjà présentes. Alors que les foyers aisés peuvent maintenir ou même augmenter leurs dépenses en carburant grâce à des réserves financières ou à l’appréciation de leurs actifs (actions, immobilier), les ménages à faible revenu sont contraints de réduire leur consommation réelle, souvent en optant pour le covoiturage, les transports en commun ou en limitant les déplacements non essentiels.

Cette dynamique suggère que les politiques visant à atténuer l’impact des hausses de prix de l’énergie — telles que des crédits d’impôt ciblés, des subventions pour le transport public ou des incitations à l’efficacité énergétique — pourraient avoir un effet redistributif plus marqué si elles sont dirigées vers les ménages les plus vulnérables.

Sources et références

  • Réserve fédérale de New York, blog de recherche, « Gasoline Consumption Patterns Across Income Groups During the March 2026 Energy Shock », 30 avril 2026.
  • Bureau of Labor Statistics, « Consumer Price Index – All Urban Consumers (CPI-U) », données historiques mars 2020–mai 2026.
  • Energy Information Administration, « Weekly Petroleum Status Report », mars 2026.
  • Reuters, « Gas station price board shows fuel costs in Washington, DC », 1 mai 2026.

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