lundi, juin 1, 2026
GénéralLes remboursements tarifaires commencent lundi. Ces détaillants devraient recevoir de gros salaires

Les remboursements tarifaires commencent lundi. Ces détaillants devraient recevoir de gros salaires

Les importateurs américains s’attendent à plus de 160 milliards de dollars de remboursements de droits de douane

Après la décision de la Cour suprême de février qui a invalidé l’autorité tarifaire d’urgence de l’administration Trump, les détaillants et les importateurs américains pourraient récupérer plus de 160 milliards de dollars de droits de douane déjà versés. Cette somme provient des tarifs appliqués sur une vaste gamme de produits importés, allant de l’électronique grand public aux articles de maison.

Le portail de dépôt des demandes, baptisé Consolidated Administration and Processing of Entries (CAPE), doit être mis en ligne lundi par le service des douanes et de la protection des frontières (CBP). Selon l’agence, le système permettra aux importateurs de soumettre une déclaration unique pour l’ensemble des droits payés sous l’autorité désormais caduque et de recevoir ensuite « un montant de remboursement consolidé ».

Un portail de dépôt ouvert lundi

Le CBP décrit le CAPE comme une plateforme centralisée visant à simplifier le processus de remboursement pour tous les acteurs, des géants tels que Walmart aux petites épiceries de quartier. Stefan Reisinger, associé chez Norton Rose Fulbright, précise :

« L’idée est que tous les importateurs qui ont été touchés et qui ont payé les droits de douane utilisent ce système, qu’il s’agisse de Walmart ou d’un magasin familial local en bas de la rue. … La façon dont ils l’ont décrit donne l’impression que cela semble beaucoup plus pratique que ce à quoi nous nous attendions. »

Néanmoins, plusieurs experts restent prudents. Matthew Seligman, directeur de Grayhawk Law, souligne la méfiance du secteur :

« [Les importateurs] sont pessimistes quant à la capacité du gouvernement à faciliter les choses. Ils s’attendent à ce que le gouvernement rende aussi difficile que possible le remboursement de leur argent. »

Il rappelle également que la Cour suprême a déjà jugé ces tarifs illégaux, ce qui alimente la frustration des entreprises qui ont dû absorber les coûts supplémentaires.

Des détaillants majeurs pourraient récupérer des sommes conséquentes

Une analyse réalisée le 10 avril par la banque Citi estime les remboursements potentiels pour plusieurs enseignes :

  • Walmart (WMT) : 10,2 milliards de dollars
  • Cible (TGT) : 2,2 milliards de dollars
  • Nike (NKE) : 1,0 milliard de dollars
  • Kohl’s (KSS) : 0,55 milliard de dollars
  • Gap (GPS) : 0,40 milliard de dollars
  • Macy’s (M) : 0,32 milliard de dollars
  • Home Depot (HD) : 0,54 milliard de dollars

Ces chiffres proviennent directement de la note de recherche de Citi du 10 avril, qui précise que les remboursements ne seront probablement pas intégrés aux prévisions des analystes actions, mais pourraient améliorer ponctuellement les bilans des trimestres à venir ou servir à des rachats d’actions et au remboursement de la dette.

John David Rainey, directeur financier de Walmart, a exprimé lors du JPMorgan Retail Round Up du 8 avril ses réserves quant à la rapidité du processus :

« Cela semble être très complexe et, par extension, ce n’est probablement pas quelque chose qui va se produire très rapidement. Nous profiterons certainement de l’opportunité que nous avons pour obtenir un remboursement, mais quand cela se produira, cela reste à voir. »

Si les fonds sont effectivement versés, ils seront comptabilisés en résultat d’exploitation (P&L) comme un gain exceptionnel, selon Rainey.

Vulnérabilités juridiques et risques futurs

Des avocats spécialisés avertissent que l’obtention de ces remboursements pourrait exposer les entreprises à des poursuites. En effet, de nombreux détaillants ont répercuté l’augmentation des coûts tarifaires sur leurs prix de vente, contribuant ainsi à l’indice des prix à la consommation (IPC). Une étude du Pricing Lab de la Harvard Business School publiée en janvier a estimé que la répercussion des tarifs de détail ajoutait environ 0,76 point de pourcentage à l’IPC en octobre 2025.

Stefan Reisinger souligne le dilemme :

« Si les entreprises obtiennent des remboursements, quelles sont les chances qu’elles soient poursuivies soit par leurs clients directs, soit par des consommateurs indirects ? »

Par ailleurs, l’administration Trump explore d’autres voies pour rétablir des niveaux tarifaires élevés, notamment en s’appuyant sur l’article 301 du Trade Act, qui cible les pratiques commerciales jugées « discriminatoires » ou « déloyales ». Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué lors d’un événement du Wall Street Journal rapporté par Bloomberg que de nouvelles mesures pourraient être en place d’ici début juillet, ce qui maintient une certaine incertitude pour les importateurs.

Perspectives et recommandations pour les acteurs du secteur

Pour naviguer dans cet environnement complexe, les entreprises peuvent envisager les étapes suivantes :

  • Examiner attentivement les exigences du portail CAPE afin de soumettre des demandes complètes et conformes dès l’ouverture.
  • Consulter des conseillers juridiques spécialisés en droit du commerce international pour anticiper d’éventuels recours liés à la répercussion des coûts.
  • Évaluer l’impact potentiel des remboursements sur la trésorerie et envisager des allocations stratégiques (réduction de dette, rachats d’actions, réserves de liquidité).
  • Surveiller les évolutions législatives liées à l’article 301 et préparer des scénarios de réajustement de la chaîne d’approvisionnement en cas de rétablissement de tarifs.

En suivant ces bonnes pratiques, les importateurs pourront non seulement maximiser leurs chances de récupérer les sommes dues, mais aussi réduire les risques juridiques et opérationnels associés à cette période de transition tarifaire.

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