Le cessez‑feu avec l’Iran prolonge les négociations, les marchés restent prudents
Le 21 avril 2026, lors de la Journée nationale des champions de la NCAA à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez‑le‑feu avec l’Iran serait maintenu afin de poursuivre les négociations. Cette annonce, rapportée par l’AFP et illustrée par une photo de Brendan Smialowski/Getty Images, a immédiatement influé sur les cours du pétrole et les indices boursiers.
Réaction immédiate des marchés énergétiques
À 4 h 52 HE, le brut de référence internationale Brent s’échangeait à 99,81 $ le baril, tandis que le contrat à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) américain atteignait 90,86 $ le baril. Ces niveaux reflètent une pression à la hausse liée à la fermeture persistante du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour environ un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime.
Selon Brian Stutland, directeur des investissements chez Equity Armor Investments, interrogé par l’émission « Squawk Box Asia », les investisseurs tentent de « regarder au-delà de l’actualité iranienne » et considèrent que la situation tend à se résoudre progressivement, même si un certain délai reste nécessaire.
Tendances des marchés actions
Les places asiatiques ont présenté une performance mitigée durant la nuit suivant l’annonce, tandis que les marchés européens ont affiché une légère hausse. Les contrats à terme sur les actions américaines indiquaient, quant à eux, des gains marginaux.
Ray Farris, économiste en chef d’Eastspring Investments, a souligné lors de la même émission que les marchés perçoivent désormais que « les pires scénarios de ce conflit sont probablement terminés ». Cette perception a conduit les investisseurs à réduire leurs positions de couverture contre les risques géopolitiques, favorisant un retour vers les fondamentaux des entreprises.
Retour aux fondamentaux
Grace Peters, co‑responsable de la stratégie d’investissement mondiale chez JP Morgan Private Bank, a expliqué à « Squawk Box Europe » que les investisseurs « reviennent à réfléchir aux fondamentaux » et que « la barre pour réengager le conflit a été relevée ». Elle a ajouté que la saison des résultats, associée à un ratio cours/bénéfice du S&P 500 tombé sous sa moyenne sur cinq ans, crée une conjoncture favorable à une remontée des marchés.
Luis Costa, responsable mondial de la stratégie des marchés émergents chez Citi, a qualifié l’attitude actuelle d’« optimisme résiduel », rappelant que, avant le conflit, les prévisions de bénéfices pour les actifs émergents étaient révisées à la hausse à un rythme plus soutenu que dans les marchés développés.
Perspectives sur les stocks pétroliers
Malgré l’apaisement relatif des tensions, la fermeture du détroit d’Ouzmuz continue de restreindre l’approvisionnement en pétrole, ce qui entretient des pressions inflationnistes et pèse sur les perspectives de croissance mondiale. Selon des analystes cités par l’agence Bloomberg, une prolongation de cette perturbation pourrait entraîner un épuisement des stocks mondiaux, rendant difficile le maintien d’un niveau d’inventaire confortable sur le long terme.
En outre, les prévisions de prix du Brent pour la fin de l’année 2026 ont été revues à la hausse : certains spécialistes estiment que le baril pourrait se stabiliser autour de 80 $, soit environ 20 $ de plus que les prévisions établies en l’absence du choc d’Ormuz.
Conclusion
Bien que l’annonce de la poursuite du cessez‑le‑feu ait atténué les craintes d’une reprise immédiate des frappes américaines, les marchés restent vigilants. La combinaison d’un contexte géopolitique encore fragile, d’une saison des résultats porteuse d’opportunités de valorisation et d’une demande énergétique soutenue suggère que les investisseurs continueront à surveiller étroitement l’évolution des négociations avec l’Iran et l’état du détroit d’Ormuz.
