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EuropeLes stocks de pétrole s'épuisent à un rythme record alors que l'AIE met en garde contre de nouvelles fluctuations des prix

Les stocks de pétrole s’épuisent à un rythme record alors que l’AIE met en garde contre de nouvelles fluctuations des prix

Crise pétrolière au Moyen-Orient : épuisement record des stocks mondiaux

Publié le 13 mai 2026 – 14 h 38 GMT+2 – Mis à jour 15 h 19

Plus de dix semaines après le déclenchement du conflit entre l’Iran, Israël et les États‑Unis, les réserves mondiales de pétrole chutent à un rythme sans précédent, selon les données préliminaires de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les perturbations persistantes du détroit d’Ormuz, véritable artère du trafic pétrolier mondial, accentuent la tension sur l’approvisionnement.

Chiffres clés de la baisse des stocks

  • En mars 2026, les stocks mondiaux ont diminué de 129 millions de barils.
  • En avril 2026, une chute supplémentaire de 117 millions de barils a été enregistrée.
  • Dans les pays de l’OCDE, les réserves terrestres ont reculé de 146 millions de barils, tandis que les économies non membres de l’OCDE ont perdu 24 millions de barils.

Ces pertes portent le déficit cumulé d’approvisionnement en brut provenant des producteurs du golfe à plus d’un milliard de barils, avec plus de 14 millions de barils par jour empêchés de quitter la région. L’AIE qualifie la situation de « choc d’offre sans précédent ».

Réponse de l’AIE et utilisation des réserves d’urgence

Face à cette pénurie, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé, dès mars 2026, le déblocage de 400 millions de barils provenant des réserves d’urgence de ses États membres. À ce jour, environ 164 millions de barils ont déjà été mobilisés pour soutenir les marchés.

Cette mesure vise à atténuer la volatilité des prix tout en laissant le temps aux voies diplomatiques de rétablir progressivement les flux hormuzéens.

Impact sur les prix du brut

Le prix de référence du brut North Sea Dated a connu de fortes oscillations :

  • Il a atteint un pic de 144 $ le baril au plus fort de la tension.
  • Il est ensuite tombé sous la barre des 100 $ le baril avant de remonter partiellement.

Ces fluctuations reflètent l’incertitude entourant les négociations entre Washington et Téhéran visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.

Adaptation des producteurs et évolution de la demande

Plusieurs pays producteurs ont ajusté leurs stratégies d’exportation afin de limiter l’impact sur le marché mondial :

  • L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont redirigé une partie de leurs cargaisons vers des terminaux situés en dehors du détroit.
  • Les producteurs du bassin atlantique, notamment les États‑Unis, ont augmenté leurs expéditions vers l’Asie.
  • La Russie a vu ses exportations augmenter après que des attaques répétées contre ses raffineries nationales aient réduit la demande intérieure, tandis que des dérogations temporaires aux sanctions américaines ont permis à davantage de cargaisons russes d’accéder aux marchés internationaux.

Baisse de la demande mondiale prévue pour 2026

L’AIE anticipe désormais une contraction de la demande mondiale de pétrole de 420 000 barils par jour en 2026, portant la consommation à environ 104 millions de barils par jour. Cette prévision représente une révision à la baisse de 1,3 million de barils par jour par rapport aux estimations d’avant‑guerre.

Les secteurs les plus affectés sont la pétrochimie et l’aviation. La hausse des prix des carburants, associée à des mesures d’efficacité énergétique, devrait continuer à freiner la consommation dans les mois à venir.

Perspectives et incertitudes

L’agence souligne que la reprise de la dépendance au détroit d’Ormuz dépendra de l’issue des pourparlers diplomatiques. Si un accord permettait un rétablissement progressif des flux à partir du troisième trimestre 2026, la demande pourrait reprendre sa croissance vers la fin de l’année. Toutefois, l’offre devrait se rétablir plus lentement, laissant le marché déficitaire jusqu’au dernier trimestre.

« Alors que les stocks mondiaux de pétrole atteignent déjà un niveau record, une nouvelle volatilité des prix semble probable avant la période de pointe de la demande estivale », prévient l’AIE.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur énergétique sont invités à surveiller de près l’évolution des négociations, les niveaux des réserves stratégiques et les indicateurs de consommation régionale afin d’anticiper les éventuels chocs d’approvisionnement.

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