Les prix du pétrole baissent alors que les perspectives d’un cessez‑le‑feu entre les États‑Unis et l’Iran se précisent
Au cours du dernier jour de bourse du mois, le Brent brut a reculé de 1,2 % pour s’établir à 92,56 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) perdait près de 1,9 % à 87,18 $. Ces mouvements s’inscrivent dans une tendance plus large : depuis le début du mois de mai, le Brent a chuté d’environ 19 % et le WTI de 16,5 %, ramenant les deux références à leurs niveaux les plus bas depuis la pandémie de Covid‑19.
Conflit dans le golfe Persique et blocage du détroit d’Ormuz
Le déclenchement des hostilités le 28 février a fortement perturbé le trafic maritime via le détroit d’Ormuz, une voie qui, avant le conflit, acheminait près de 20 % de l’approvisionnement énergétique mondial. Les sanctions et les menaces de représailles ont conduit à une réduction drastique des chargements de brut en provenance d’Iran : selon les données d’UBS, les exportations iraniennes sont tombées sous la barre des 0,3 million de barils par jour en mai, contre une moyenne de 1,5 million en avril et 1,7 million en mars.
Les infrastructures du golfe – raffineries, pipelines et terminaux portuaires – ont subi des dommages considérables, ce qui complique toute reprise rapide du flux de pétrole même si un accord de cessez‑le‑feu venait à être conclu.
Signes d’un possible accord de paix
Des sources diplomatiques indiquent que les États‑Unis et l’Iran seraient « pour l’essentiel d’accord » sur les termes d’un protocole d’accord de 60 jours visant à prolonger le cessez‑le‑feu. Le texte doit toutefois recevoir l’aval du président Donald Trump avant d’entrer en vigueur.
Malgré ces avancées, les hostilités se sont poursuivies jeudi, avec des tirs de missiles balistiques iraniens en direction du Koweït et le déploiement de drones d’attaque visant le détroit d’Ormuz. L’UBS a souligné dans une note que, à ce stade, « peu de preuves » d’une amélioration immédiate du trafic maritime ou des flux énergétiques ne sont observables.
Analyse des perspectives de prix
Bob Parker, conseiller principal à l’Association internationale des marchés de capitaux, estime que les prix du Brent resteront probablement compris entre 90 $ et 100 $ le baril « au moins pendant les deux prochains mois », tant que la clarté sur un accord de paix durable ne sera pas établie. Il met en garde contre le scepticisme inévitable des investisseurs face aux négociations, rappelant que la volatilité actuelle reflète autant les incertitudes géopolitiques que les tensions sur les infrastructures régionales.
- Brent brut : 92,56 $ (‑1,2 %) – dernier jour de bourse du mois
- WTI : 87,18 $ (‑1,9 %) – même période
- Baisse mensuelle Brent : ≈ 19 % depuis début mai
- Baisse mensuelle WTI : ≈ 16,5 % depuis début mai
- Exportations iraniennes de brut : < 0,3 million barils/jour en mai (vs 1,5 million en avril)
En résumé, la détente récente des prix du pétrole découle d’un mélange d’anticipations diplomatiques et de la réalité persistante d’un golfe encore fragilisé par le conflit. Les acteurs du marché surveilleront de près les développements politiques ainsi que l’état des infrastructures pour juger de la durabilité de toute reprise éventuelle.
