Marchés européens en baisse face aux tensions au Moyen‑Orient et aux risques commerciaux transatlantiques
Lundi, les Bourses européennes ont enregistré un recul général, les investisseurs restant attentifs à l’escalade des hostilités au Moyen‑Orient et à la possibilité d’un renouvellement des frictions commerciales entre les États‑Unis et l’Union européenne. Le Stoxx 600, indice paneuropéen de référence, a clôturé en baisse de 1 %, effaçant les gains réalisés en ouverture de séance.
Performance des principaux indices
À Francfort, le DAX a perdu 0,9 % ; à Paris, le CAC 40 a reculé de 0,8 % ; et à Milan, le FTSE MIB a cédé 0,7 %. Le FTSE 100 de Londres est resté fermé pour le jour férié du début du printemps au Royaume‑Uni, ce qui a limité la visibilité sur la place londonienne.
Selon les données publiées par Reuters (2 avril 2025), la baisse du Stoxx 600 s’est principalement accompagnée d’un recul des valeurs industrielles et technologiques, tandis que quelques titres défensifs ont limité la baisse.
Menaces tarifaires américaines et réaction européenne
Vendredi, le président Donald Trump a annoncé une hausse prévue des droits de douane sur les automobiles et les camions provenant de l’Union européenne, portant le taux de 2,5 % à 25 %. Cette déclaration a immédiatement pesé sur le secteur automobile européen.
La Commission européenne a indiqué qu’elle examinait toutes les options de riposte, y compris des mesures de rétorsion ciblées, tout en rappelant que la Cour suprême américaine avait, en février 2025, invalidé une grande partie du programme tarifaire de l’administration Trump (Bloomberg). Néanmoins, l’annonce récente a ravivé les craintes d’une guerre commerciale renouvelée.
Réactions sectorielles : automobile et télécommunications
Les constructeurs automobiles ont été les plus touchés :
- Continental a chuté de 4,6 %, devenant le pire performeur du Stoxx 600;
- Mercedes‑Benz a reculé de 3,4 %;
- Volkswagen a abandonné plus de 2 %.
Ces baisses s’expliquent par l’exposition directe des équipementiers et des constructeurs aux droits de douane sur les véhicules exportés vers les États‑Unis, marché clé pour leurs ventes.
À l’inverse, le secteur des télécommunications a affiché une forte dynamique. Nokia a clôturé en hausse de 7,4 %, portant son gain annuel à plus de 100 % après l’annonce, jeudi, de la cession de son activité d’accès fixe sans fil à Inseego (Financial Times). Cette opération a été perçue comme un recentrage stratégique sur les réseaux 5G et les solutions d’entreprise.
Évolution du pétrole et incidents maritimes
Les prix du brut ont rebondi lundi, le Brent dépassant les 114 $ le baril (+5 %) et le WTI atteignant environ 105 $ (+3 %). Cette hausse est liée aux craintes d’une perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, où le président Trump a présenté un « Projet Freedom » visant à escorter les navires commerciaux avec des moyens militaires considérables (15 000 soldats, destroyers lance‑missiles et 100 avions) selon un communiqué du Commandement central américain (Centcom).
Par ailleurs, les autorités maritimes du Royaume‑Uni ont signalé qu’un navire avait été touché par des projectiles au nord de Fujairah, aux Émirats arabes unis, ajoutant une dimension de risque immédiat aux voies de navigation cruciales pour l’approvisionnement en énergie (Reuters).
Synthèse et perspectives
La journée de lundi illustre la sensibilité des marchés européens aux développements géopolitiques et aux politiques commerciales américaines. Alors que les secteurs défensifs et certaines valeurs technologiques montrent de la résilience, l’industrie automobile demeure particulièrement vulnérable aux variations tarifaires. Les investisseurs surveilleront de près les réponses éventuelles de l’Union européenne, ainsi que l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, qui pourrait influencer à la fois les prix de l’énergie et la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
