Une année record pour la fortune mondiale en 2025
Selon le dernier rapport sur la richesse mondiale du Boston Consulting Group (BCG), la richesse financière globale a augmenté de 10,7 % en 2025, atteignant un niveau inédit de 333 000 milliards de dollars. Cette progression représente l’expansion la plus rapide observée depuis 2021.
Traditionnellement, l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale concentrent la majeure partie de ces actifs. Toutefois, 2025 a marqué un tournant symbolique : Hong Kong a dépassé la Suisse en tant que plus grand centre de réservation transfrontalier, chacun gérant environ 2,9 billions de dollars d’actifs internationaux.
Une répartition géographique en mutation
Les marchés émergents moteurs de la croissance
Les nouvelles poches de richesse ne se trouvent plus exclusivement à New York, Londres ou Zurich. Le BCG souligne que les villes suivantes affichent les taux de création de richesse les plus soutenus :
- Mumbai (Inde)
- Jakarta (Indonésie)
- Riyad (Arabie saoudite)
- Ho Chi Minh‑Ville (Vietnam)
- São Paulo (Brésil)
Selon les prévisions du même rapport, les marchés émergents – dont la Chine – devraient générer environ 12 000 milliards de dollars de richesse financière supplémentaire d’ici 2030.
Le segment des ménages aisés et plus (plus de 250 000 dollars d’actifs financiers) devrait croître d’environ 8 % par an**, ce qui pourrait entraîner l’apparition de plus d’un million de nouveaux millionnaires avant la fin de la décennie.
Projection de création de richesse par pays (2025‑2030)
- Inde : > 2 000 milliards de dollars
- Brésil : ≈ 1 000 milliards de dollars
- Mexique : ≈ 600 milliards de dollars
- Vietnam, Indonésie, Arabie saoudite et plusieurs États du Golfe : taux de croissance comparables voire supérieurs à ceux des économies développées
La montée des ultra‑riches
Le rapport Knight Frank sur la richesse 2026 précise l’évolution du groupe des particuliers fortunés (actifs > 30 millions de dollars). En Inde, leur nombre a bondi de 63 % entre 2021 et 2026, et devrait dépasser 25 000 d’ici 2031.
Cependant, l’Inde n’est pas le marché affichant la plus forte progression. Les prévisions indiquent :
- Indonésie : hausse de 82 % du nombre d’ultra‑riches d’ici 2031
- Arabie saoudite : croissance > 60 %
- Pologne : croissance > 60 %
- Vietnam : hausse proche de 60 %
Le Golfe persique s’affirme comme un pôle de richesse autonome : la part du Moyen‑Orient dans la population ultra‑riche mondiale est passée de 2,4 % à 3,1 % en cinq ans, et l’Arabie saoudite devrait connaître la croissance la plus rapide du nombre de milliardaires au monde jusqu’en 2031.
Par ailleurs, les milliardaires sont désormais plus nombreux en Asie‑Pacifique qu’en Amérique du Nord, inversant la hiérarchie traditionnelle.
Mumbai, symbole du nouveau boom
Peu de villes illustrent aussi clairement cette transformation que Mumbai. Knight Frank décrit la capitale financière indienne comme un « géant national » dont l’expansion repose principalement sur la richesse locale plutôt que sur les capitaux étrangers.
En 2025, les prix de l’immobilier résidentiel haut de gamme ont augmenté de 8,7 %, soutenus par une économie qui a connu une croissance de près de 40 % sur les cinq dernières années. La demande pour les logements de luxe s’est accélérée, avec des dizaines de transactions dépassant la barre des 5 millions de dollars enregistrées au cours de l’année.
Contrairement à de nombreux marchés mondiaux de l’immobilier de luxe, le boom de Mumbai est alimenté par des entrepreneurs locaux, des fondateurs de technologies, des industriels et des investisseurs nationaux.
« Mumbai possède un énorme potentiel de croissance », affirme Ankita Sood, directrice nationale de la recherche chez Knight Frank India, en citant une hausse régulière des ventes de propriétés super‑prime.
La ville ressemble désormais à ce que New York, Londres et Hong Kong représentaient lors des précédentes phases de création de richesse : un pôle d’attraction pour le capital et l’ambition nationaux.
Les défis à venir pour une redistribution durable de la richesse
Les chiffres montrent clairement un déplacement du centre de gravité de la création de richesse mondiale loin des marchés qui l’ont dominée pendant des décennies. Toutefois, plusieurs facteurs pourraient infléchir cette trajectoire :
- Tensions géopolitiques et conflits régionaux (par exemple, la situation au Moyen‑Orient)
- Fragmentation des échanges commerciaux et hausse du protectionnisme
- Chocs énergétiques et transition vers des modèles bas carbone
- Réactions politiques croissantes contre la concentration extrême de la richesse
Pour les investisseurs, les banques privées et les marques de luxe, l’implication est simple : les futurs clients proviendront de plus en plus de régions historiquement situées en dehors des centres traditionnels de la finance mondiale. Anticiper ces évolutions nécessite une compréhension fine des dynamiques locales, ainsi qu’une capacité à adapter les offres de produits et de
