Une montée en puissance rapide des énergies renouvelables
Le 12 mai 2026, le gouvernement ouzbek a annoncé l’ajout de 5 600 MW de capacité solaire et éolienne à son réseau national, fruit de partenariats avec des développeurs internationaux [1]. Cette expansion s’inscrit dans une stratégie visant à diversifier le mix énergétique, jusqu’alors fortement dépendant du gaz naturel.
Part actuelle et objectifs pour 2030
Selon le président Shavkat Mirziyoyev, les sources renouvelables représentent aujourd’hui environ 30 % de la production électrique du pays [2]. Les autorités prévoient de porter cette part à 54 % d’ici 2030, alors que la demande d’électricité continue de croître sous l’effet de l’industrialisation et de l’urbanisation.
Projets phares et soutien des institutions financières
Plusieurs projets d’envergure bénéficient du soutien de la Banque asiatique de développement (BAD) et d’investisseurs privés.
Centrale solaire de Samarkand
La plus grande initiative en cours est une centrale solaire située près de Samarkand, d’une capacité prévue de 0,5 GW. Kanokpan Lao‑Araya, directrice pays pour l’Ouzbékistan à la BAD, souligne qu’une fois achevée, elle deviendra la plus grande installation solaire d’Asie centrale [3].
Stockage et modernisation du réseau
En parallèle, l’État investit dans des systèmes de stockage d’énergie par batteries et dans la modernisation des lignes de transport afin d’améliorer la stabilité du réseau et sa capacité à intégrer une part croissante d’énergie intermittente.
Lien entre transition énergétique et infrastructures numériques
Le gouvernement ouzbek ne se limite pas à la production d’électricité ; il développe également des infrastructures numériques destinées à soutenir l’intelligence artificielle (IA) et le traitement des données.
Centre de données 100 % vert à Tachkent
ACWA Power, acteur saoudien des énergies renouvelables, participe à la construction d’un centre de données entièrement alimenté par des sources renouvelables dans le parc informatique de Tachkent. Muhammad Abunayyan, président d’ACWA, indique que le chantier devrait être achevé d’ici fin décembre 2026 ou début janvier 2027 [4]. Ce projet illustre la volonté du pays de coupler énergie propre et croissance du secteur numérique.
Investissements étrangers et réformes économiques
L’Ouzbékistan a gagné 14 places dans le dernier indice de liberté économique, passant pour la première fois dans la catégorie des économies « modérément libres » [5]. Cette amélioration reflète un climat des affaires plus attractif, notamment grâce à la simplification des procédures d’investissement et à la mise en place de cadres de partenariat public‑privé.
Partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite est devenue l’un des principaux partenaires du pays dans la transition énergétique. Selon Muhammad Abunayyan, les investissements saoudiens en Ouzbékistan dépassent désormais 26 milliards de dollars, couvrant l’énergie, les infrastructures et l’industrie [4]. Ces flux de capitaux sont facilités par les mécanismes de financement développés avec l’aide de la BAD, qui encouragent la participation du secteur privé aux projets d’infrastructure.
Perspectives et défis à venir
Si les objectifs de 54 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 sont atteints, l’Ouzbékistan pourra renforcer sa sécurité énergétique, réduire ses émissions de gaz à effet de serre et soutenir une croissance industrielle durable. Néanmoins, la réussite de cette transition dépendra de la capacité à maintenir un cadre réglementaire stable, à garantir la transparence des appels d’offres et à former une main‑d’œuvre qualifiée pour les nouvelles technologies.
[1] Déclaration du gouvernement ouzbek, 12/05/2026 – communiqué de presse officiel.
[2] Intervention du président Shavkat Mirziyoyev lors du forum énergétique de Tachkent, mai 2026.
[3] Interview de Kanokpan Lao‑Araya, directrice pays Ouzbékistan, Banque asiatique de développement, juin 2026.
[4] Propos de Muhammad Abunayyan, président d’ACWA Power, conférence sur les énergies renouvelables, Riyad, septembre 2026.
[5] Classement « Index of Economic Freedom », Heritage Foundation, édition 2026.
