jeudi, juin 18, 2026
EuropeLa Banque d'Angleterre maintient son taux d'intérêt à 3,75 % alors que l'inflation se stabilise

La Banque d’Angleterre maintient son taux d’intérêt à 3,75 % alors que l’inflation se stabilise

La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 3,75 %

Le 18 juin 2026, la Banque d’Angleterre a annoncé que son comité de politique monétaire (CPM) laissait inchangé le taux d’intérêt de référence à 3,75 %, poursuivant ainsi la pause entamée en décembre 2025. Cette décision intervient alors que les responsables évaluent l’impact inflationniste de la guerre en Iran, déclenchée le 28 février 2026, face à des signes de résilience dans d’autres secteurs de l’économie britannique.

Comme prévu par la plupart des analystes, le gouverneur Andrew Bailey et ses collègues ont jugé opportun de conserver une position globalement neutre, en attendant de voir comment les pressions de prix évolueront.

Inflation globale stable, mais disparités sectorielles

Selon les chiffres publiés par l’Office for National Statistics (ONS) le même jour, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 2,8 % sur un an en mai 2026, un niveau identique à celui d’avril et inférieur aux prévisions des économistes (3,0 %). Il s’agit du taux le plus bas enregistré depuis le début de l’année 2025.

Cette apparente stabilité masque toutefois des évolutions contrastées :

  • Le coût des transports a bondi à 6,8 %, porté par la hausse des prix du carburant et la remontée des tarifs aériens.
  • L’inflation alimentaire s’est atténuée à 2,2 %, reflétant une certaine détente des chaînes d’approvisionnement.
  • Les dépenses liées au logement continuent de se modérer, bien que restent légèrement au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque.

Andrew Bailey a qualifié la récente baisse des prix du pétrole d’« encourageante », tout en rappelant qu’ils restent supérieurs aux niveaux d’avant le conflit. Il a souligné que la tâche de la Banque consiste à empêcher que ces pressions temporaires ne se transforment en une inflation durable au‑delà de l’objectif de 2 %.

Avertissements des analystes sur une éventuelle reprise de l’inflation

Plusieurs experts mettent en garde contre un risque de remontée de l’inflation plus tard dans l’année. Lindsay James, stratège en investissement chez Quilter, indique que, même si l’inflation était inférieure aux attentes en mai, elle pourrait remonter vers 4 % sous l’effet du prochain relèvement du plafond des prix de l’énergie destiné aux ménages.

James ajoute que les prix du pétrole, bien qu’en retrait par rapport à leurs sommets récents, demeurent plus élevés qu’il y a un an, ce qui laisse présager des pressions inflationnistes sous‑jacentes persistantes.

Cette prudence est partagée par deux des neuf membres du CPM, qui ont voté en faveur d’une hausse de 25 points de base, craignant que la hausse des coûts énergétiques ne se diffuse davantage dans l’économie.

Évolution du marché du travail : un tableau mitigé

Le rapport publié jeudi sur le marché du travail révèle une situation contrastée. Le taux de chômage est tombé à 4,9 % pour la période de trois mois se terminant en avril 2026, contre 5,0 % au premier trimestre, une amélioration inattendue.

Cependant, le nombre de salariés a diminué durant la même période, signalant un essoufflement de la dynamique sous‑jacente malgré la baisse du taux de chômage.

La croissance des salaires, indicateur étroitement surveillé par la Banque d’Angleterre, reste solide : les salaires réguliers hors bonus ont augmenté de 3,4 % sur un an.

Analyse des experts du secteur

Richard Carter, responsable de la recherche sur les taux d’intérêt chez Quilter Cheviot, observe que « le marché du travail continue de perdre son élan, les derniers chiffres montrant un nouveau refroidissement ».

Sanjay Raja, économiste en chef pour le Royaume‑Uni chez Deutsche Bank, partage cette view, notant que « il est clair que le marché du travail n’est pas encore sorti du bois », tout en ajoutant que les données mixtes offrent au CPM davantage de latitude pour adopter une approche attentiste.

Cette combinaison d’une inflation globale maîtrisée, d’un ralentissement de l’emploi et d’une croissance salariale toujours soutenue place la commission devant un dilemme : des salaires élevés pourraient alimenter des effets de second tour, où la hausse des revenus se répercute sur les prix, même si les embauches peinent à reprendre.

Perspectives et recommandations

À court terme, la Banque d’Angleterre semble prête à maintenir sa politique de taux inchangée tant que les preuves d’une inflation persistante ne se manifesteront pas de manière convaincante. Les décideurs continueront à surveiller de près :

  • L’évolution des prix de l’énergie et leur transmission aux coûts de production.
  • Les indicateurs du marché du travail, notamment la création d’emplois et la croissance des salaires.
  • Les anticipations d’inflation mesurées par les enquêtes auprès des ménages et des entreprises.

Pour les entreprises et les investisseurs, la recommandation consiste à rester vigilant face à la volatilité des prix de l’énergie tout en profitant du relatif répit offert par l’inflation actuellement contenue. Une diversification des sources d’approvisionnement et une gestion prudente des coûts salariaux pourront aider à atténuer les risques d’une éventuelle reprise inflationniste.

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