mercredi, juin 17, 2026
EuropeLe pétrole tombe à son plus bas niveau depuis trois mois dans l'espoir de réouverture d'Ormuz

Le pétrole tombe à son plus bas niveau depuis trois mois dans l’espoir de réouverture d’Ormuz

Contexte du recul des prix du pétrole

Mercredi, le Brent, référence internationale du brut, s’est échangé autour de 78,4 $ le baril, son niveau le plus bas depuis début mars, tandis que le WTI américain se situait à environ 75,5 $ le baril. Cette baisse intervient dans un contexte où les craintes de perturbation de l’approvisionnement en provenance du Golfe se sont atténuées, notamment grâce à des signes d’apaisement des tensions entre les États‑Unis et l’Iran.

Selon les données publiées par l’International Energy Agency (IEA) en avril 2024, la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, observée à la fin février après une montée des hostilités régionales, avait provoqué une pointe du Brent proche de 120 $ le baril. Depuis, les indicateurs de risque géopolitique ont montré une détente progressive, ce qui a contribué à réduire la prime de risque associée aux flux de pétrole provenant du Golfe.

Facteurs géopolitiques et évolution du marché

Les analystes de marché attribuent la récente décrue à plusieurs éléments :

  • La reprise des pourparlers diplomatiques entre Washington et Téhéran, qui ont diminué la probabilité d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz.
  • Une augmentation attendue de la production de pétrole irakien et saoudien, selon les prévisions de l’OPEP+ publiées mi‑mars 2024.
  • Un relâchement des primes d’assurance war risk pour les pétroliers, observé par les courtiers de Lloyd’s of London au cours des deux dernières semaines.

Ces facteurs ont entraîné une baisse de plus de 33 % du prix du Brent sur le mois écoulé, passant de plus de 100 $ à moins de 80 $ le baril. Le même phénomène se reflète sur le marché du gaz naturel européen, où les contrats à terme ont évolué sous la barre des 42 €/MWh mercredi matin, selon les données de EEX (European Energy Exchange).

Impact sur les marchés européens de l’énergie

L’Europe importe environ 80 % de son pétrole brut et dépend fortement des prix de référence internationaux tels que le Brent. Même si la part du pétrole transitant directement par le détroit d’Ormuz représente moins de 10 % des approvisionnements européens, la volatilité des prix mondiaux a un effet d’entraînement sur les coûts énergétiques du continent.

Le commissaire européen à l’énergie, Dan Jørgensen, a déclaré début avril que, même en cas de désescalade immédiate, un retour à la normale des prix de l’énergie ne serait pas immédiat, en raison de la persistance de certaines primes d’assurance et des coûts de fret maritime. Selon une analyse de Reuters publiée le 12 avril 2024, les taux de fret pour les Very Large Crude Carriers (VLCC) montrent seulement une légère décrue, tandis que les assureurs attendent encore des preuves concrètes de la sûreté durable du détroit avant de réviser leurs couvertures.

Par ailleurs, la production de gaz naturel liquéfié (GNL) reste surveillée de près. Les installations du complexe qatari de Ras Laffan, principal hub d’exportation de GNL mondial, n’ont signalé aucun dommage majeur récemment, ce qui soutient la stabilité des approvisionnements européens en gaz.

Perspectives pour l’Europe

Les prévisions à moyen terme suggèrent que, tant que le détroit d’Ormuz restera ouvert et que les primes d’assurance continueront de diminuer, les prix du Brent pourraient se stabiliser dans une fourchette de 75 à 85 $ le baril. Toutefois, plusieurs incertitudes demeurent :

  • L’évolution du programme nucléaire iranien et les éventuelles réactions des puissances régionales.
  • La capacité de l’OPEP+ à ajuster sa production en réponse à la demande mondiale.
  • Les éventuels impacts climatiques sur les infrastructures de production et de transport au Golfe.

Pour les consommateurs européens, cela signifie une possible atténuation de la pression inflationniste liée à l’énergie, sous réserve que les facteurs de risque géopolitique ne se réactivent pas. Les décideurs politiques continuent de recommander une diversification des sources d’approvisionnement et un renforcement des réserves stratégiques afin de réduire la vulnérabilité aux chocs d’offre.

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