mercredi, juin 17, 2026
EntrepreneursL'équilibre travail-vie personnelle n'existe pas pour les parents qui travaillent

L’équilibre travail-vie personnelle n’existe pas pour les parents qui travaillent

L’équilibre travail‑vie personnelle reste hors de portée pour de nombreux parents travailleurs aux États‑Unis

Une récente enquête du Pew Research Center menée auprès de 2 242 parents qui occupent un poste à temps plein ou à temps partiel révèle à quel point la frontière entre vie professionnelle et responsabilités familiales est devenue poreuse. Les chiffres montrent que, même lorsqu’ils bénéficient d’aménagements tels que le télétravail, la majorité des sondés peinent à concilier leurs deux rôles sans ressentir de tension importante.

Illustration d’un parent travaillant devant un ordinateur tandis qu’un enfant joue à proximité
Source : Fast Company

Ce que l’étude révèle sur le quotidien des parents travailleurs

Un partage des tâches souvent déséquilibré

Parmi les répondants travaillant à temps plein, 70 % déclarent s’occuper de tâches parentales pendant leurs heures de bureau, tandis que 59 % assument des responsabilités professionnelles lorsqu’ils sont avec leurs enfants. Plus de la moitié indiquent que cette double charge rend difficile d’être un « bon parent » et que leur travail complique l’avancement de leur carrière (45 %).

Même lorsqu’ils travaillent à temps partiel, plus de la moitié affirment qu’il est compliqué de trouver un équilibre satisfaisant entre vie pro et vie perso.

Des disparités marquées selon le genre

Les mères sont particulièrement touchées : 81 % des femmes interrogées déclarent effectuer des tâches parentales au travail, dont 38 % le font très souvent. En comparaison, 62 % des pères rapportent la même pratique, et 57 % passent du temps à travailler en présence de leurs enfants (contre 63 % des femmes).

Cette différence s’explique en partie par la répartition perçue des responsabilités domestiques. Selon l’enquête, 52 % des parents estiment que la mère assume davantage les tâches parentales quotidiennes, tandis que 43 % considèrent qu’elle prend en charge une plus grande part des corvées ménagères. Environ 40 % affirment que ces duties sont partagés à parts égales, mais les hommes sont plus susceptibles de soutenir cette vision égalitaire, alors que les femmes déclarent davantage assumer seules ces responsabilités.

Seul 25 % des pères affirment s’occuper de davantage de tâches ménagères et seulement 13 % déclarent en faire autant pour les soins aux enfants, ce qui souligne un écart de perception persistant.

L’impact des difficultés de garde d’enfants

Lorsqu’un imprévu de garde survient, 68 % des mères déclarent prendre congé, contre seulement 29 % des pères. Cette tendance accentue la pression sur les mères, qui doivent souvent choisir entre leur emploi et le bien‑être de leur famille.

Facteurs aggravants et limites des solutions actuelles

Le rôle du statut socio‑économique

Les parents aux revenus modestes bénéficient moins souvent d’avantages tels que le congé parental rémunéré, la possibilité de travailler à distance ou une assurance maladie complète. L’accès limité à ces filets de sécurité augmente l’anxiété liée à la sécurité de l’emploi lorsqu’ils doivent s’absenter pour s’occuper d’un enfant malade ou faire face à une interruption de garde.

Le télétravail : une aide partielle, pas une panacée

Bien que le travail à distance puisse alléger certaines contraintes logistiques, l’étude montre que même lorsqu’ils peuvent travailler depuis leur domicile, les parents restent tout aussi susceptibles de déclarer qu’un équilibre travail‑vie personnelle est hors de portée. Comme l’a résumé une participante : « Je suis censée travailler comme si je n’avais pas d’enfants et être parent comme si je n’avais pas de travail. »

Vers des politiques plus inclusives

Pour améliorer la situation, les employeurs pourraient :

  • Étendre le congé parental rémunéré à tous les salariés, indépendamment de leur niveau de revenu;
  • Proposer des horaires flexibles réellement applicables, sans pénalisation de carrière;
  • Mettre en place des services de garde d’enfants subventionnés ou des places en crèche sur le lieu de travail;
  • Encourager une culture où les pères sont également incités à prendre part aux responsabilités familiales, afin de réduire le biais de perception actuellement observé.

Ces mesures, appuyées par des données solides provenant d’organisations reconnues telles que le Pew Research Center, contribueraient à rétablir une frontière plus saine entre vie professionnelle et vie familiale, tout en renforçant le bien‑être des travailleurs et la productivité des entreprises.

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