samedi, juin 13, 2026
EntrepreneursLe Pentagone et Pete Hegseth font face à un procès de la part de 9 groupes d'énergie renouvelable. Voici pourquoi

Le Pentagone et Pete Hegseth font face à un procès de la part de 9 groupes d’énergie renouvelable. Voici pourquoi

Contexte du litige entre les énergies renouvelables et le Pentagone

Depuis plusieurs mois, neuf associations représentant le secteur de l’énergie éolienne aux États‑unis ont intenté une action en justice contre le Département de la Défense et son secrétaire, Pete Hegseth. Elles affirment que le processus d’examen de sécurité nationale destiné aux nouveaux parcs éoliens situés sur des terres privées est effectivement bloqué, ce qui mettrait en péril des dizaines de milliards de dollars d’investissements et des milliers d’emplois dans vingt‑et‑un États.

Le plaintif souligne que le Pentagone aurait cessé de contresigner les accords finaux dès août 2025, puis aurait progressivement ralenti chaque étape du examen jusqu’à ce que toutes les procédures s’arrêtent en avril 2026. Selon eux, le premier trimestre 2026 a enregistré le plus faible démarrage annuel pour les installations terrestres depuis 2018.

Quel est l’enjeu économique du blocage ?

Une analyse commandée par les plaignants au cabinet de conseil mondial Charles River Associates estime que les projets concernés représentent plus de 47 milliards de dollars d’investissements. Ce montant inclut l’achat des turbines, les frais de génie civil, les paiements pour l’interconnexion au réseau électrique et autres coûts de développement non récupérables.

Si ces 106 projets éoliens étaient réalisés, ils fourniraient près de 30 gigawatts d’électricité, suffisants pour alimenter plusieurs millions de foyers. Environ 12 GW seraient situés au Texas, État qui possède déjà la plus grande capacité éolienne installée du pays.

Répartition géographique des projets affectés

Les 106 parcs éoliens concernés sont répartis dans vingt‑et‑un États. Bien que dispersés, une concentration notable apparaît dans les régions où les ressources éoliennes sont les plus fortes, notamment le Texas, le Kansas et l’Illinois. Treize de ces États avaient voté pour Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2024.

Pour donner un aperçu plus précis, voici la liste des États concernés :

  • Texas
  • Kansas
  • Illinois
  • Oklahoma
  • Wyoming
  • Nouveau‑Mexique
  • Colorado
  • Iowa
  • Minnesota
  • Missouri
  • Nebraska
  • Dakota du Nord
  • Dakota du Sud
  • Ohio
  • Pennsylvanie
  • Virginie‑Occidentale
  • Wisconsin
  • Indiana
  • Michigan
  • Kentucky

Réponse du Pentagone et explication du processus d’examen

Le Département de la Défense indique qu’il doit concilier le déploiement de nouvelles sources d’énergie avec les impératifs de sécurité nationale. Le centre chargé de l’évaluation des sites, connu sous le nom de Siting Information Center, examine chaque projet énergétique pour détecter d’éventuels interférences avec les radars, les espaces aériens militaires ou les zones d’entraînement.

Selon le Pentagone, l’examen implique la coopération de plusieurs agences fédérales (FAA, Département de l’Énergie, agences de renseignement, etc.) et constitue donc une procédure complexe. Le blocage allégué par les plaignants serait, selon le ministère, le résultat d’une coordination inter‑agences ralentie plutôt que d’une décision délibérée de stopper les éoliennes.

Interrogé sur le litige en cours, le porte‑parole du Département de la Défense a déclaré qu’il ne commentait pas les affaires judiciaires ouvertes.

Position de l’administration Trump et réactions de l’industrie

Le président Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers l’énergie éolienne, qualifiant les turbines de « laides » et ordonnant un gel temporaire des locations et des autorisations pour les projets éoliens terrestres et offshore. Un juge fédéral a toutefois annulé cette ordonnance concernant le développement terrestre, tandis que l’administration poursuit le rachat de baux offshore afin de freiner ce secteur.

L’American Clean Power Association (ACP) a été la première à signaler le ralentissement des examens de sécurité nationale, adressant une lettre au Pentagone en mars 2026 pour demander des éclaircissements. Son PDG, Jason Grumet, a déclaré que l’industrie a besoin que le gouvernement mène les processus d’examen et d’autorisation de façon normale afin de garantir l’approvisionnement en électricité des foyers et des entreprises américaines.

Données clés sur l’impact potentiel

  • 106 projets éoliens affectés (estimation prudente basée sur la base de données de la FAA).
  • 47 milliards de dollars d’investissements en jeu (Charles River Associates).
  • 30 GW de capacité potentielle, dont ~12 GW au Texas.
  • Plus de 75 000 turbines terrestres actuellement en fonctionnement, produisant ~161 GW d’énergie propre (ACP).
  • 120 000 emplois soutenus par les projets concernés (29 000 directs dans la construction, 80 000 indirects/induits, 10 000 liés à l’exploitation).
  • L’ensemble de l’industrie éolienne terrestre soutient plus de 380 000 emplois** dans les 50 États (ACP).

Conclusion

Le conflit entre les défenseurs de l’énergie renouvelable et le Département de la Défense illustre la tension croissante entre les objectifs de décarbonation et les exigences de sécurité nationale aux États‑unis. Alors que les partisans de l’éolien soulignent les risques économiques et environnementaux d’un blocage prolongé, le Pentagone insiste sur la nécessité d’un examen rigoureux, même si celui‑ci s’avère lent et complexe. L’issue de cette affaire devant le tribunal de district de l’Oregon pourra déterminer non seulement le futur de dizaines de projets éoliens, mais aussi la manière dont les États‑unis concilient transition énergétique et défense nationale.

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