Une « double cicatrice » pèse sur les attentes des consommateurs de la zone euro
Selon une analyse récente de la Banque centrale européenne (BCE), les ménages de la zone euro seraient marqués par une « double cicatrice » résultant de l’enchaînement de deux chocs majeurs : la poussée inflationniste post‑pandémique et les tensions géopolitiques persistantes, notamment celles au Moyen‑Orient. Cette combinaison renforcerait la sensibilité des consommateurs aux évolutions économiques actuelles et pourrait freiner leurs dépenses de détail.
L’impact des chocs inflationnistes passés et des tensions géopolitiques
Les chercheurs de la BCE expliquent que l’expérience vécue durant la période de forte inflation qui a suivi la crise sanitaire a laissé une empreinte durable sur la perception des risques financiers. Parallèlement, les événements géopolitiques récents – tels que l’invasion de l’Ukraine en 2022 et les fluctuations des marchés énergétiques liées aux conflits au Moyen‑Orient – ont ravivé l’inquiétude concernant la stabilité des prix.
Cette double exposition crée ce que les auteurs décrivent comme une « double cicatrice » : une première liée à la mémoire de l’inflation élevée, une seconde liée à la crainte de nouvelles perturbations d’approvisionnement en énergie. Selon eux, ces deux facteurs peuvent se renforcer mutuellement et influencer les anticipations des ménages à moyen terme.
Les chiffres de l’enquête de la BCE
L’enquête sur les attentes des consommateurs menée par la BCE en mars 2026 révèle une réaction marquée des ménages aux développements récents :
- Les anticipations d’inflation ont été revues à la hausse de 2,5 points de pourcentage en un mois seulement après l’éclatement du conflit au Moyen‑Orient fin février.
- Dans le même temps, les prévisions de croissance économique ont chuté d’environ 1,2 point de pourcentage.
Ces mouvements montrent à quel point les souvenirs d’inflation passée
