Les tensions américaines autour d’Oman et du détroit d’Ormuz en février 2026
Le 5 février 2026, une photographie prise depuis la corniche du port de Mascate montre un homme observant la mosquée Rasool al‑Adham, symbole de la présence omanaise au cœur du Golfe. Cette image illustre discrètement le rôle stratégique que joue Oman, situé sur la côte sud‑est de la péninsule arabique, face à l’Iran à travers le détroit d’Ormuz.
Contexte géographique et stratégique
Le détroit d’Ormuz constitue une voie maritime essentielle : selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 % du trafic pétrolier mondial y transite chaque jour. Oman possède une petite portion du côté ouest du détroit, ce qui lui confère une position unique pour surveiller et influencer le flux de marchandises.
Historiquement, Mascate a cultivé une diplomatie de médiation, se présentant comme la « Suisse du Moyen‑Orient ». Le pays a souvent servi d’intermédiaire dans les crises régionales, notamment lors des négociations entre les États‑Unis et l’Iran concernant le programme nucléaire et les questions de sécurité maritime.
Déclarations de l’administration Trump
Lors d’une réunion du Cabinet le 27 mai 2026, le président Donald Trump a répondu à une question sur Oman et l’Iran en déclarant : « Oman se comportera comme tout le monde, sinon nous devrons les faire exploser. Ils comprennent cela. Tout ira bien pour eux. » Cette remarque, rapportée par plusieurs agences de presse, a été suivie d’un avertissement du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, publié sur la plateforme X.
Bessent a indiqué que les États‑Unis imposeraient des sanctions « agressives » à toute entité – directe ou indirecte – impliquée dans la facilitation d’un système de péage dans le détroit d’Ormuz. Il a ajouté que « toutes les nations devraient rejeter catégoriquement toute tentative de l’Iran visant à perturber la libre circulation du commerce ».
Réactions des experts et du Congrès
Les analystes ont qualifié ces propos d’inusités pour un allié de longue date des États‑Unis.
- Brian Katulis, chercheur principal au Middle East Institute, a souligné que l’avertissement reflétait davantage la frustration de l’administration face à l’impasse iranienne qu’une stratégie réellement opérationnelle.
- Mehran Haghirian, directeur de la recherche à la Fondation Bourse & Bazaar, a noté que c’était la première fois qu’un responsable américain menaçait ouvertement d’attaque militaire un État du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
- Le sénateur démocrate Chris Murphy (Connecticut) a critiqué vivement le président, déclarant que la menace de « faire exploser » Oman était le signe d’une gestion de crise en mode panique.
Ces commentaires ont incité plusieurs membres du CCG à envisager des déclarations communes condamnant les remarques de Trump, bien qu’aucune prise de position officielle n’ait encore été publiée à ce jour.
Évolutions récentes des négociations Iran‑États‑Unis
Selon une dépêche de Reuters datée du 5 février 2026, citant des sources anonymes proches du dossier, les États‑Unis et l’Iran seraient parvenus à un accord préliminaire visant à prolonger le cessez‑le‑feu et à lever certaines restrictions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz. Toutefois, le président Trump n’aurait pas encore donné son aval définitif, et les médias d’État iraniens ont indiqué que l’accord n’était pas finalisé.
Cette incertitude diplomatique explique en partie la nervosité affichée par l’administration américaine envers Oman, qui demeure un canal de communication privilégié entre Washington et Téhéran.
Conclusion
Les événements de début 2026 montrent comment la géographie d’Oman, son historique de médiation et les enjeux énergétiques liés au détroit d’Ormuz placent le sultanat au centre d’une tension géopolitique inhabituelle. Alors que les menaces américaines restent, pour l’instant, principalement rhétoriques, elles soulignent la fragilité des équilibres régionaux et la nécessité d’un dialogue basé sur des faits vérifiables et des engagements multilatéraux.
