lundi, juin 1, 2026
AfriqueLe Zimbabwe propose de nouvelles taxes sur les importations de céréales alors que le risque alimentaire lié au phénomène El Niño se profile

Le Zimbabwe propose de nouvelles taxes sur les importations de céréales alors que le risque alimentaire lié au phénomène El Niño se profile

Le Zimbabwe envisage de nouveaux prélèvements sur les importations de céréales et d’oléagineux

Face à la menace d’un épisode El Niño attendu pour la saison agricole 2026/27, le gouvernement zimbabwéen prépare une série de prélèvements visant à financer l’expansion de l’irrigation nationale. Selon les documents consultés, ces mesures s’inscrivent dans la continuité de l’instrument statutaire 87 de 2025, qui impose progressivement un approvisionnement local aux transformateurs et aux meuniers.

Mesures proposées de prélèvements sur les importations

Maïs, soja et farine de soja

Le projet prévoit un prélèvement de 40 dollars américains par tonne métrique sur les importations de maïs pendant une période de 90 jours. Pour les graines de soja, le taux serait fixé à 20 USD/tonne jusqu’au 31 août 2026, tandis que la farine de soja serait taxée à 35 USD/tonne sur la même période.

Blé tendre et blé dur

Les importations de blé tendre seraient soumises à un prélèvement de 89,25 USD/tonne pendant 30 jours. Concernant le blé dur, le prélèvement du même montant s’appliquerait de façon continue lorsque le taux d’importation dépasse le seuil de 30 % fixé dans la politique.

Objectif du prélèvement : financer les infrastructures d’irrigation

Les autorités affirment que ces prélèvements ne sont pas de simples taxes punitives, mais un mécanisme de financement destiné à réduire l’écart entre les prix de parité des importations et les prix de production locale. Les recettes seraient canalisées vers le Fonds renouvelable agricole pour soutenir le développement des infrastructures d’irrigation et renforcer les capacités des producteurs.

Utilisation des recettes collectées

À ce jour, environ 5,7 millions de dollars ont déjà été récoltés grâce au cadre de prélèvement. Parmi ces fonds, 3,2 millions de dollars auraient été investis dans la mise en place d’infrastructures d’irrigation couvrant 850 hectares répartis sur 17 unités commerciales à travers le pays.

  • Projet d’irrigation de Nyaitenga (Mashonaland Est) – avancé à 94 % ; tuyaux et pompes en PVC livrés, tranchées terminées, installation goutte‑à‑goutte en cours.
  • Projet d’irrigation de Dinhe (Masvingo) – 92 % d’achèvement ; achat de matériaux, fabrication de pompes, raccords en acier et installation de transformateurs réalisés.
  • Projets de Musarurwa (Mashonaland Ouest) et Nyamangara – dépassent les 80 % d’achèvement, en attente de la mise sous tension par ZESA.
  • Projets Dotito (Mashonaland Central) – 77 %, Maparo – 72 %, Chimhanda – 61 %, Glen Sommerset (Mashonaland Est) – 74 %.
  • Projet de Mutema (Manicaland) – le plus important du programme, couvrant 100 hectares et actuellement à 51 % d’achèvement.

Impact attendu sur la production céréalière et la sécurité alimentaire

Le gouvernement estime que les 850 hectares actuellement en cours d’aménagement pourraient produire environ 10 200 tonnes de céréales par an sur deux saisons de production. Ces volumes pourraient générer au moins 2,75 millions de dollars de bénéfices annuels, lesquels seraient réinvestis pour étendre 550 hectares supplémentaires d’infrastructures d’irrigation, suivant un modèle de fonds renouvelable.

Cette approche vise à créer un système d’infrastructures agricoles autofinancé, où les prélèvements sur les importations sont réorientés vers le renforcement de la capacité de production nationale, réduisant ainsi la dépendance aux aléas climatiques et aux chocs des marchés internationaux.

Réactions des parties prenantes

Soutien du secteur agricole

Les syndicats d’agriculteurs ont largement soutenu les prélèvements proposés, arguant que ces mesures pourraient stimuler le secteur en garantissant des marchés locaux, en protégeant les prix à la production et en diminuant la forte dépendance du pays aux importations. Ils soulignent également que l’affectation des recettes à l’irrigation répond à un besoin essentiel face aux risques de sécheresse induits par El Niño pour la saison 2026/27.

Inquiétudes du secteur privé

Cependant, certaines voix du secteur privé, notamment des meuniers et des transformateurs, mettent en garde contre le risque d’augmentation des coûts d’intrants si l’approvisionnement local est imposé avant que la production nationale ne atteigne des niveaux suffisants. Ils craignent que cela puisse finalement se répercuter sur les prix à la consommation.

Conclusion

En résumé, le Zimbabwe tente de conjuguer une politique de prélèvements sur les importations avec un ambitieux programme d’irrigation afin de renforcer sa résilience climatique et de réduire

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