Ferrari dévoile la Luce : première voiture entièrement électrique de la marque
En mai 2026, Ferrari a présenté son premier modèle 100 % électrique, la Luce, lors d’un événement organisé dans le cadre symbolique de la Vela di Calatrava, à la Città dello Sport de Rome. Le constructeur de Maranello a choisi ce nom, qui signifie « lumière », pour évoquer la clarté et la direction que souhaite incarner ce nouveau véhicule.
Caractéristiques techniques et design
La Luce se distingue par plusieurs spécifications notables :
- Accélération de 0 à 100 km/h en environ 2,5 secondes.
- Vitesse maximale d’environ 300 km/h.
- Première Ferrari à cinq places, offrant ainsi une habitabilité inédite pour la marque.
- Prix de lancement fixé à environ 550 000 euros (environ 640 000 dollars), avec des livraisons prévues à partir du quatrième trimestre 2026.
Le design extérieur a été confié à LoveFrom, l’agence fondée par Jony Ive, ancien responsable du design d’Apple. Selon le PDG Benedetto Vigna, le choix d’une esthétique différente était nécessaire pour représenter correctement la nouvelle technologie électrique : « Lorsque vous disposez d’une nouvelle technologie, vous devez vous assurer que cette technologie est correctement représentée dans la conception, donc la conception doit être différente ».
Réaction du marché boursier
Le jour du dévoilement, les actions de Ferrari ont enregistré une chute significative :
- À la Bourse de Milan, le titre a baissé d’environ 8 %.
- Aux États-Unis, l’action a reculé de 5,3 %.
- Sur les douze derniers mois, le cours milanais a perdu plus de 32 % de sa valeur.
Cette réaction s’explique, selon plusieurs analystes, par un mélange de « haine du design » et du phénomène classique du marché « voyager et arriver », le cours ayant fortement augmenté avant l’annonce. Anthony Dick, analyste automobile chez Oddo BHF, a qualifié la baisse de « la réaction la plus forte que nous ayons vue pour un design automobile », soulignant que le marché a clairement exprimé ses réserves.
Critiques et débats autour de la Luce
Opinions internes et externes
L’ancien président de Ferrari, Luca di Montezemolo, a qualifié la Luce de « honte pour l’histoire de l’entreprise », allant jusqu’à souhaiter que le cheval cabré soit retiré du véhicule. Ses propos ont été rapportés par Reuters lors d’une conférence d’affaires à Rome. Ferrari n’a pas commenté officiellement ces remarques.
Le vice‑Premier ministre italien et ministre des Transports, Matteo Salvini, a également exprimé son scepticisme sur le réseau social X, dénonçant le prix « outrageusement cher » et l’apparition esthétique qu’il juge éloignée de l’identité traditionnelle de Ferrari.
Position de la direction
Benedetto Vigna a défendu le projet en affirmant que la Luce offrira aux pilotes « la même sensation » qu’une Ferrari traditionnelle, malgré le son différent d’un moteur électrique. Il a insisté sur l’importance de l’émotion procurée au conducteur : « Ce qui est important, c’est l’émotion qui est [being given] au chauffeur ».
Selon Vigna, le modèle répond également aux attentes des clients existants tout en ouvrant la porte à de nouveaux acheteurs intéressés par la mobilité électrique.
Perspectives d’avenir pour Ferrari dans l’électrique
Le lancement de la Luce marque un tournant stratégique pour Ferrari, qui prévoit de développer et de fabriquer tous les composants en interne à Maranello, tout en collaborant avec des partenaires externes pour le design. Alors que d’autres constructeurs de luxe tels que Porsche et Lamborghini ont revu à la baisse leurs projets électriques en raison d’une demande jugée faible, Ferrari mise sur une différenciation basée sur la performance et l’émotion de conduite.
Les analystes restent partagés : certains voient dans la Luce une opportunité de capter une nouvelle clientèle haut de gamme sensible à l’écologie, tandis que d’autres avertissent que le risque de dilution de la marque et de pression sur les marges demeure réel si les ventes ne rencontrent pas les attentes.
En somme, la Ferrari Luce représente à la fois un défi technologique et un test de la capacité de la marque à évoluer tout en préservant son héritage. Les prochains mois, notamment les premières livraisons prévues fin 2026, seront déterminants pour évaluer l’accueil réel du marché et l’impact à long terme sur la valorisation de l’action Ferrari.
