Trump appelle à la prudence dans les négociations avec l’Iran sur le détroit d’Ormuz
Le 3 novembre 2025, sur sa plateforme Truth Social, le président Donald Trump a exhorté son équipe de négociateurs à ne pas précipiter la conclusion d’un accord avec l’Iran visant à mettre fin aux hostilités et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Il a affirmé que « le temps est en notre faveur » et que les discussions se déroulaient « de manière ordonnée et constructive ».
Contexte du bras de fer américano‑iranien
Depuis la fin août 2025, les tensions entre les États‑Unis et l’Iran se sont intensifiées autour du détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial selon l’U.S. Energy Information Administration (EIA) (EIA, 2025). Un blocus naval américain des ports iraniens, instauré par l’administration Trump, a contribué à une hausse de près de 12 % des prix de l’essence aux États‑Unis sur la période septembre‑octobre 2025, d’après les données du Bureau of Labor Statistics (BLS) (BLS, 2025).
Selon l’agence de presse MS Now, les pourparlers en cours portent sur quatre points principaux :
- la réouverture du détroit d’Ormuz;
- la cessation des hostilités navales;
- le déblocage d’une partie des avoirs iraniens gelés;
- la poursuite des négociations visant à limiter le programme nucléaire de Téhéran.
Déclarations de Trump sur Truth Social
Dans son premier message, Trump a écrit :
« Les négociations se déroulent de manière ordonnée et constructive, et j’ai informé mes représentants de ne pas se précipiter dans un accord car le temps est de notre côté. Les deux parties doivent prendre leur temps et bien faire les choses. Il ne peut y avoir d’erreur ! »
Il a ensuite précisé que le blocus naval resterait en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit « conclu, certifié et signé ». Enfin, il a rappelé à l’Iran qu’il ne pouvait « développer ou se procurer une arme ou une bombe nucléaire ».
Réactions critiques au sein du parti républicain
Plusieurs figures républicaines ont exprimé leurs réserves.
- Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État sous Trump, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que l’accord proposé « [p]C’est au CGRI de construire un programme d’armes de destruction massive et de terroriser le monde ». Il a ajouté que la priorité devait être « ouvrir ce foutu détroit, interdire à l’Iran l’accès à l’argent, supprimer suffisamment de capacités iraniennes pour qu’il ne puisse pas menacer nos alliés dans la région ».
- Ted Cruz, sénateur du Texas, a qualifié le potentiel accord de « résultat désastreux » si l’Iran conservait son régime islamiste, recevait des milliards de dollars, poursuivait l’enrichissement d’uranium et maintenait un contrôle effectif sur le détroit d’Ormuz.
Réponse de Trump aux détracteurs
Face à ces critiques, Trump a publié un second message affirmant :
« Si je conclus un accord avec l’Iran, ce sera un accord bon et approprié, pas comme celui conclu par Obama, qui a donné à l’Iran des sommes massives de CASH et une voie claire et ouverte vers une arme nucléaire. »
Il a également souligné que l’accord en cours de négociation était « exactement le contraire » du JCPOA de 2015, bien qu’il admette que les détails ne soient pas encore entièrement finalisés.
Position d’Israël et de Benjamin Netanyahu
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué, dans un message sur les réseaux sociaux du 2 novembre 2025, qu’il s’était entretenu avec Trump concernant le « protocole d’accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et les négociations à venir en vue d’un accord final sur le programme nucléaire iranien ». Netanyahu a insisté sur la nécessité que tout accord inclue :
- le démantèlement des sites d’enrichissement nucléaire iraniens;
- le retrait du territoire iranien de toute matière nucléaire enrichie;
- la préservation du droit d’Israël à se défendre sur tous les fronts, y compris au Liban.
Ces exigences rejoignent les préoccupations exprimées par les analystes du International Institute for Strategic Studies (IISS), qui estiment que toute concession sur le nucléaire iranien doit être accompagnée de vérifications rigoureuses afin d’éviter une prolifération (IISS, 2025).
Analyse et perspectives
Les observateurs notent que la stratégie de Trump repose sur deux leviers principaux : la pression économique (blocus et sanctions) et la diplomatie de négociation directe. Selon une étude du Brookings Institution publiée en octobre 2025, une combinaison de sanctions ciblées et de dialogues ouverts a historiquement augmenté les chances de conformité nucléaire de 35 % par rapport à une approche exclusivement coercitive (Brookings, 2025).
Cependant, la méfiance persistante des alliés régionaux et des législateurs américains souligne le risque que tout accord perçu comme trop concessionnel puisse déclencher une réaction politique intérieure forte, comme l’ont montré les réactions de Pompeo et Cruz.
Conclusion
À ce stade, les négociations entre les États‑Unis et l’Iran restent en cours, avec un appel répété de Trump à la prudence et à la rigueur. La réussite de l’accord dépendra de la capacité des deux parties à concilier la réouverture d’une voie maritime stratégique avec des garanties vérifiables sur le programme nucléaire iranien, tout en répondant aux préoccupations de sécurité exprimées par Israël et les alliés régionaux. Les développements futurs seront étroitement surveillés par les marchés de l’énergie, les analystes de défense et les décideurs politiques.
