Les Nations Unies révèlent un ralentissement de la croissance mondiale et une hausse de l’inflation pour 2026
Dans son rapport de mi‑2026 intitulé World Economic Situation and Prospects, l’ONU indique que la crise au Moyen‑Orient et la flambée des prix du pétrole ont conduit à une révision à la baisse des prévisions de croissance du PIB mondial, tandis que les perspectives d’inflation sont relevées.
Contexte du choc énergétique
Le déclenchement de frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran a poussé Téhéran à fermer le détroit d’Ormuz, une artère stratégique pour le transport de pétrole, de gaz naturel, d’engrais et d’autres produits pétroliers. Cette interruption a immédiatement fait grimper les cours de l’énergie, affectant aussi bien la production industrielle que le commerce international.
Révisions des prévisions de PIB mondial
Selon les économistes de l’ONU, la croissance du produit intérieur brut mondial est désormais attendue à 2,5 % pour l’année 2026, contre 2,7 % estimé en janvier. Dans un scénario plus défavorable, le taux pourrait même descendre à 2,1 %, ce qui placerait l’année parmi les plus faibles de ce siècle, hors périodes de pandémie ou de crise financière.
Shantanu Mukherjee, directeur de l’analyse économique au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, précise :
« Nous ne sommes pas proches d’une récession globale, mais la vie de milliards de personnes pourrait devenir plus difficile et certaines économies nationales pourraient se contracter. »
Inflation révisée à la hausse
L’inflation mondiale devrait atteindre 3,9 % en 2026, soit une augmentation de 0,8 point de pourcentage par rapport à la prévision de janvier. Cette hausse s’explique principalement par l’envolée des prix de l’énergie et des produits de raffinage, essentiels à la production industrielle et au transport de marchandises.
Mukherjee ajoute :
« La hausse des prix de l’énergie est un facteur puissant, tout comme celle des produits de raffinage qui sont cruciaux pour la production industrielle et le transport commercial. »
Impact régional différencié
Les effets du choc ne sont pas uniformes :
- Asie occidentale (21 pays arabes, incluant les États du golfe Persique) devrait voir sa croissance chuter de 3,6 % en 2025 à 1,4 % en 2026, en raison du choc énergétique, des dommages aux infrastructures et de la perturbation du pétrole, du commerce et du tourisme.
- Afrique connaîtra une légère décélération, passant de 4,2 % à 3,9 %.
- Amérique latine et Caraïbes verront leur croissance ralentir de 2,5 % à 2,3 %.
- États‑Unis resteront « relativement résilients » avec une croissance prévue de 2 %, proche de celle de 2025.
- Union européenne devrait voir son PIB passer de 1,5 % en 2025 à 1,1 % en 2026, tandis que le Royaume‑Uni pourrait tomber à 0,7 % contre 1,4 % l’an dernier.
- Chine, grâce à un mix énergétique diversifié et des réserves stratégiques, devrait seulement voir sa croissance ralentir de 5 % à 4,6 %.
- Inde, bien que toujours parmi les économies les plus dynamiques, devrait enregistrer une croissance de 6,4 % en 2026, contre 7,5 % en 2025.
Analyse des experts
Ingo Pitterle, économiste principal de l’ONU, souligne la dépendance du résultat à la durée du conflit :
« La question pour la Chine, comme pour l’Inde et d’autres pays, est de savoir combien de temps durera ce conflit et ses impacts, car tous ces différents tampons sont clairement limités. »
Cette incertitude rend indispensable le suivi étroit des évolutions géopolitiques et des politiques de réponse des gouvernements, afin d’atténuer les répercussions sur les ménages et les entreprises les plus vulnérables.
Conclusion
Le rapport de l’ONU met en lumière comment une crise régionale peut rapidement se traduire en tensions macroéconomiques globales. La baisse prévue de la croissance mondiale, couplée à une inflation plus élevée, souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des mesures coordonnées visant à stabiliser les marchés de l’énergie, à soutenir les chaînes d’approvisionnement et à protéger le pouvoir d’achat des populations les plus exposées.
