Estée Lauder met fin aux discussions de fusion avec Puig
Le vendredi 20 février 2026, le grand magasin John Lewis Partnership, situé sur la célèbre Oxford Street à Londres, a accueilli une nouvelle concession Estée Lauder Cos. dans son département beauté. Cet emplacement, situé au cœur du quartier commerçant londonien, témoigne de la volonté du groupe américain de renforcer sa présence physique malgré les récents bouleversements stratégiques.
Contexte de la concession John Lewis
John Lewis, chaîne de grands magasins britannique réputée pour son offre haut de gamme, consacre une partie importante de son espace beauté aux marques internationales de prestige. La présence d’Estée Lauder s’inscrit dans une logique de diversification de l’offre, visant à attirer une clientèle exigeante en matière de soins de la peau, de maquillage et de parfums.
Les pourparlers de fusion avec Puig
En mars 2025, Estée Lauder a annoncé qu’elle était en pourparlers avancés avec le groupe espagnol Puig, propriétaire des marques Charlotte Tilbury et Jean Paul Gaultier, en vue d’un rapprochement pouvant créer un acteur de près de 40 milliards de dollars dans le secteur de la beauté et du luxe. Selon un communiqué de Bloomberg, les deux parties avaient exploré des synergies notamment autour des fragrances, domaine où leurs portefeuilles se complémentent.
Annonce de la rupture des négociations
Le jeudi suivant la clôture du marché, Estée Lauder a publié un communiqué indiquant que les discussions avaient été « licenciées » (terminées) et que le groupe restait focalisé sur son plan de redressement « Beauty Reimagined ». Stéphane de La Faverie, président‑directeur général d’Estée Lauder, a déclaré : Nous sommes reconnaissants des conversations que nous avons eues avec Puig. Nous réitérons notre confiance dans la puissance de nos incroyables marques, de nos équipes talentueuses et de notre force en tant qu’entreprise autonome.
Réaction immédiate des marchés
À l’annonce, le titre Estée Lauder a bondi de 11,2 % peu après l’ouverture de la Bourse de New York, tandis que l’action Puig a chuté de près de 14 % à 15h46 CEST (9h46 HE), selon les données de Bloomberg. La capitalisation boursière d’Estée Lauder s’établit alors à environ 28 milliards de dollars, contre 2,7 milliards d’euros (environ 3 milliards de dollars) pour Puig.
Stratégie « Beauty Reimagined » et ses implications
Estée Lauder a présenté en février 2026 son programme « Beauty Reimagined », destiné à relancer la croissance grâce à un recentrage sur les lancements haut de gamme et à une rationalisation de la chaîne d’approvisionnement. Le groupe prévoit un coût compris entre 1,2 et 1,6 milliard de dollars pour mettre en œuvre cette stratégie. Par ailleurs, l’entreprise a annoncé la suppression de 3 000 postes dans le cadre d’une première phase de restructuration, avec la possibilité d’aller jusqu’à 10 000 suppressions d’emplois, ce qui pourrait générer jusqu’à 1,2 milliard de dollars d’économies.
Impact des tarifs douaniers
Dans le même communiqué de février, Estée Lauder a indiqué s’attendre à une baisse de 100 millions de dollars de sa rentabilité annuelle en raison des nouveaux tarifs douaniers appliqués sur certains produits importés. Cette pression financière a renforcé l’urgence du plan de redressement.
Analyse des experts
Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell, a qualifié la rupture de l’accord de « échappatoire chanceuse » pour les investisseurs, soulignant le déséquilibre potentiel entre les portefeuilles des deux groupes. Il a commenté : Estée Lauder et Puig n’étaient pas les entreprises les plus évidentes à associer. L’une se concentre sur les soins de la peau, le maquillage et les soins capillaires, tandis que l’autre se spécialise dans les vêtements de créateurs. Elles se rencontrent au milieu sur les fragrances et les parfums. Tout mettre sous un même toit ressemblait un peu à une vente en vrac plutôt qu’à un mariage paradisiaque.
Selon Coatsworth, la décision de poursuivre indépendamment signifie qu’Estée Lauder doit désormais élaborer un plan B solide pour soutenir ses efforts de redressement.
Conclusion
La concession Estée Lauder chez John Lewis sur Oxford Street illustre la volonté du groupe de maintenir une présence physique forte, même tandis qu’il recentre ses activités internes autour du programme « Beauty Reimagined ». La fin des discussions avec Puig permet à l’entreprise de se concentrer sur ses propres leviers de croissance, bien que les défis liés aux coûts de restructuration, aux suppressions d’emplois et aux pressions tarifaires demeurent significatifs. Les investisseurs observent désormais avec attention la capacité d’Estée Lauder à transformer ces défis en opportunités durables.
