lundi, juin 1, 2026
États-UnisLes États-Unis et l’Iran signalent des progrès en matière de paix – mais restent en désaccord sur l’uranium enrichi et les péages du détroit d’Ormuz

Les États-Unis et l’Iran signalent des progrès en matière de paix – mais restent en désaccord sur l’uranium enrichi et les péages du détroit d’Ormuz

Négociations entre les États‑Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz et l’uranium enrichi

Le 16 mai 2026, un drapeau iranien flottait au vent tandis que plusieurs navires demeuraient ancrés dans le détroit d’Ormuz, près de l’île de Larak. Cette image, fournie par l’agence Getty Images (photographe : Majid Saeedi), illustre une situation de blocage qui persiste malgré les échanges diplomatiques en cours entre Washington et Téhéran.

Contexte du conflit

Les hostilités ont débuté le 28 février 2026 lorsque les forces américaines et israéliennes ont lancé une série de frappes contre des installations iraniennes. Depuis, les deux camps se trouvent dans un cessez‑le‑feu précaire : l’Iran maintient un contrôle étroit sur le détroit d’Ormuz, tandis que les États‑Unis appliquent un blocus sur les ports iraniens. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié transitent habituellement par ce chenal stratégique.

Le détroit d’Ormuz au cœur des discussions

Le détroit d’Ormuz, situé entre Oman et l’Iran, est considéré comme l’un des principaux points de passage du commerce énergétique mondial. Son interruption a provoqué une hausse notable des prix du brut sur les marchés internationaux, avec une augmentation estimée à 12 % selon le rapport mensuel de l’OPEP publié en avril 2026.

Lors d’une conférence de presse à Miami, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré qu’il existait « de bons signes » pouvant mener à un accord de paix, mais il a averti que toute tentative de mettre en place un système de péage permanent serait « infaisable » et « inacceptable » pour la communauté internationale.

Le président Donald Trump a, pour sa part, rejeté l’idée d’un accord de paiement avec Oman, affirmant que son administration détenait « un contrôle total » sur la voie navigable et souhaitant qu’elle demeure « ouverte et gratuite ».

Le système de péage proposé

Des discussions signalées entre l’Iran et Oman, un allié traditionnel des États‑Unis, ont envisagé la création d’un mécanisme de paiement destiné à réguler le trafic dans le détroit. Selon l’agence semi‑officielle iranienne ISNA, la dernière proposition américaine aurait « réduit les écarts » entre les parties, mais de nouvelles concessions nécessiteraient, selon ISNA, la fin de la « tentation de guerre » de Washington.

Cette approche rappelle les précédents accords de partage des frais de transit signés dans d’autres détroits stratégiques (par exemple, le détroit de Malacca en 2015), où un système de redevances limité avait permis de financer la sécurisation maritime sans entraver la liberté de navigation.

Les stocks d’uranium enrichi

Parallèlement aux négociations sur le détroit, la question de l’uranium enrichi iranien reste un point de friction majeur. Washington insiste pour que Téhéran cède ses stocks, craignant qu’ils ne soient détournés vers un programme nucléaire militaire. L’Iran, de son côté, affirme que son uranium est destiné exclusivement à des usages pacifiques, notamment la production d’électricité et la recherche médicale.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, aurait, selon des sources citées par Reuters le 16 mai 2026, ordonné que l’uranium de qualité quasi militaire ne soit pas exporté. Cette directive vise à renforcer la position de l’Iran dans les pourparlers tout répondant aux préoccupations de non‑prolifération.

Le commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) a indiqué, via un message publié sur les réseaux sociaux le 17 mai 2026, que le groupe d’attaque du porte‑avions USS Abraham Lincoln maintenait une « préparation maximale » dans la mer d’Oman tout en appliquant le blocus contre les ports iraniens.

Perspectives et risques

Les observateurs internationaux soulignent que la réussite d’un accord dépendra de la capacité des deux parties à concilier leurs exigences sécuritaires avec les impératifs du commerce mondial. Un échec à lever le blocus ou à établir un cadre de transit accepté pourrait prolonger l’interruption du trafic pétrolier, avec des répercussions potentielles sur les économies dépendantes de l’importation d’énergie.

En outre, la présence continue de forces militaires américaines dans la région, ainsi que les déclarations de responsables iraniens concernant la rétention de l’uranium, augmentent le risque d’escalade. Les médiateurs, notamment le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir, qui s’est rendu à Téhéran le 16 mai 2026 dans le cadre des efforts de médiation rapportés par ISNA, jouent un rôle clé pour tenter de combler le fossé entre les positions.

À ce stade, les parties semblent ouvertes à poursuivre le dialogue, mais la mise en œuvre d’un accord durable exigera des garanties concrètes sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien.

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