lundi, juin 1, 2026
EuropeLe partenariat Leapmotor de Stellantis laisse présager un pari industriel plus large – et plus risqué

Le partenariat Leapmotor de Stellantis laisse présager un pari industriel plus large – et plus risqué

Stellantis et Leapmotor approfondissent leur alliance pour l’Europe

Le 15 avril 2026, Eric Haan, directeur de l’usine Stellantis de Poissy, a posé pour un portrait auprès de véhicules sur le site de Poissy, à l’ouest de Paris. La photographie, réalisée par Simon Wohlfahrt pour AFP/Getty Images, illustre la présence tangible du constructeur multinational dans ses installations françaises.

Quelques jours auparavant, Stellantis a annoncé l’extension de son partenariat stratégique avec le constructeur chinois Leapmotor. Selon le communiqué diffusé à la fin de la semaine dernière, cet accord permettra à Leapmotor de lancer la production d’un modèle destiné au marché européen dès 2028.

Un SUV électrique sous la marque Opel

Dans le cadre de cet élargissement, les deux entreprises travailleront également au développement conjoint d’un SUV électrique portant la marque Opel. La fabrication de ce véhicule devrait se dérouler dans l’usine Stellantis de Saragosse, en Espagne. Cette initiative vise à renforcer la présence européenne de Stellantis tout en offrant à Leapmotor une plateforme permettant de contourner les exigences « Made in Europe » de l’Union européenne et d’éviter les droits de douane applicables aux véhicules électriques importés de Chine.

Autres constructeurs intéressés par des collaborations sino‑européennes

Stellantis n’est pas isolé dans cette démarche. Des rapports indiquent que le constructeur américain Ford serait en pourparlers avec le groupe chinois Geely afin d’établir un partenariat européen. De son côté, Volkswagen a déclaré être ouvert à l’idée de partager ses usines européennes sous‑utilisées avec des marques automobiles chinoises dans le but de réduire les coûts de production.

Lors du sommet FT Future of the Car à Londres, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, a commenté ces évolutions :

« De toute évidence, les équipementiers chinois sont des acteurs puissants qui apportent beaucoup de puissance en Europe… mais nous pourrions également en envisager d’autres. »

Il a ajouté que Leapmotor constitue déjà un partenaire précieux et que le groupe souhaite porter cette collaboration à un niveau supérieur, tout en explorant d’autres possibilités.

Contexte industriel et défis des constructeurs occidentaux

Cette tendance intervient alors que les géants de l’automobile occidentale font face à une conjoncture difficile. Ils doivent gérer la hausse des coûts de production, les tarifs douaniers américains, une concurrence accrue, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, des pressions réglementaires ainsi qu’une transition vers les véhicules électriques qui reste chaotique.

Stellantis figure parmi les premiers constructeurs occidentaux à avoir noué un lien avec un acteur chinois en acquérant, en 2023, une participation d’environ 21 % dans Leapmotor. Le PDG de Leapmotor, Zhu Jiangming, a décrit ce rapprochement comme « un partenariat particulièrement puissant », soulignant la combinaison du savoir‑faire technologique de son entreprise avec la portée mondiale, les racines régionales et la reconnaissance de la marque de Stellantis.

Avis des analystes : opportunités et risques

Les experts du secteur reconnaissent que ces alliances peuvent être bénéfiques à court terme, mais ils mettent en garde contre certains risques à long terme. Julia Poliscanova, directrice principale des chaînes d’approvisionnement en véhicules et en mobilité électronique au groupe de campagne Transport & Environment, estime que pour les constructeurs occidentaux qui prennent du retard en électrification et en logiciels, ces partenariats représentent pratiquement la seule option « pour rester dans le jeu en Europe ».

Elle prévient toutefois :

« Une fois qu’ils aideront les marques chinoises à acquérir cette notoriété et que les consommateurs verront que ces voitures ne sont pas mauvaises, cela peut devenir un point de non‑retour. Il existe donc un risque réel, et même si c’est une bonne stratégie à court terme, il est essentiel pour les constructeurs européens qui souhaitent rester actifs d’ici 2030 de ne pas relâcher leurs efforts pour développer leurs propres modèles électriques en parallèle. »

Une image prise le 26 avril 2026 montre des employés travaillant dans une usine Leap Energy appartenant à Leapmotor à Huzhou, dans la province chinoise du Zhejiang. La photographie, créditée à Petit frère Berry pour AFP/Getty Images, témoigne de l’activité industrielle du partenaire chinois.

Conclusion

L’accord entre Stellantis et Leapmotor illustre une évolution stratégique où les constructeurs traditionnels cherchent à tirer

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