samedi, juin 13, 2026
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Un navire de croisière touché par l’hantavirus commence son évacuation dans les îles Canaries

Épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius : évacuation aux îles Canaries

Fin octobre 2025, le bateau de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, a signalé plusieurs cas d’hantavirus parmi ses passagers et son équipage alors qu’il était ancré près de Ténérife, dans l’archipel des Canaries espagnoles. Selon le communiqué du ministère espagnol de la Santé publié le 28 octobre, les premiers symptômes sont apparus environ trois semaines auparavant, déclenchant une alerte sanitaire internationale.

Contexte de l’épidémie

L’hantavirus, transmis principalement par les excrétions de rongeurs infectés, provoque un syndrome pulmonaire sévère pouvant entraîner une défaillance respiratoire aiguë. Bien que rare en milieu maritime, la présence de rongeurs à bord ou dans les zones d’escale peut favoriser des foyers infectieux. Les autorités sanitaires espagnoles ont confirmé, après analyses de laboratoire, que le virus détecté appartenait à la souche Andes, connue pour son potentiel de transmission interhumaine limitée mais documentée dans certains foyers sud‑américains.

Le MV Hondius, qui accueille habituellement des voyageurs européens pour des itinéraires autour de l’Atlantique, avait récemment effectué une escale dans un port africain où des signes d’infestation de rongeurs avaient été rapportés par les équipes portuaires. Cette escale est considérée comme le point d’introduction probable du pathogène à bord.

Réaction des autorités espagnoles et internationales

Le dimanche 29 octobre, le ministère de la Santé espagnol a ordonné le début de l’évacuation des passagers, en priorité les ressortissants espagnols, suivis des voyageurs néerlandais, allemands et belges. Deux avions, un affrété par l’État espagnol et un autre par les Pays‑Bas, ont été mobilisés pour transporter les personnes vers leurs pays d’origine.

Le gouvernement irlandais a également dépêché un avion depuis Dublin vers Ténérife afin de rapatrier deux citoyens irlandais présents à bord. Selon la chaîne publique irlandaise RTE, ces passagers seront dirigés vers un établissement médical spécialisé pour surveillance et isolement, une mesure pouvant s’étendre sur plusieurs semaines afin de s’assurer de l’absence de complications tardives.

  • Évacuation initiale : ressortissants espagnols (≈ 120 personnes)
  • Phase suivante : passagers des Pays‑Bas, d’Allemagne et de Belgique (≈ 250 personnes au total)
  • Rapatriement irlandais : 2 citoyens, vol dédié effectué le 29 octobre

Analyse du Dr Carlos Del Rio

Pour éclairer les enjeux médicaux et logistiques de cette situation, le professeur Carlos Del Rio, spécialiste des maladies infectieuses à la division de médecine de l’Université Emory (Atlanta, États‑Unis), a participé à une interview diffusée sur Bloomberg le week‑end du 2 novembre. Il a souligné trois points essentiels :

  1. La nécessité d’un dépistage rapide (PCR et sérologie) afin d’identifier les cas asymptomatiques qui pourraient propager le virus lors du transport.
  2. L’importance d’un isolement strict dans des installations équipées de pression négative, compte tenu du risque de transmission aérienne dans les stades avancés de la maladie.
  3. La coordination entre les autorités portuaires, les compagnies de croisière et les agences de santé publique pour éviter que des escales futures ne deviennent des points d’entrée de pathogènes zoonotiques.

Le Dr Del Rio a également rappelé que, bien que l’hantavirus reste peu fréquent en Europe, la mondialisation des échanges et la fréquence des escales maritimes augmentent la probabilité d’apparition de foyers inattendus, d’où la valeur d’une surveillance renforcée dans les ports internationaux.

Conséquences et recommandations

L’évacuation en cours illustre la complexité de gérer une épidémie à bord d’un navire de croisière, où la proximité des passagers et la limitée capacité médicale à bord nécessitent une réaction rapide et coordonnée. Les autorités sanitaires européennes recommandent désormais :

  • Un contrôle renforcé des réserves de nourriture et des zones de stockage pour détecter toute présence de rongeurs.
  • La mise en place de protocoles de désinfection régulière des espaces communs.
  • La formation du personnel de bord à la reconnaissance précoce des symptômes grippaux ou respiratoires pouvant évoquer une infection à hantavirus.

En suivant ces mesures, l’industrie de la croisière pourra réduire les risques de futurs épisodes similaires tout en assurant la sécurité des voyageurs et des équipages. L’épisode du MV Hondius restera un cas d’étude précieux pour les autorités de santé publique et les compagnies maritimes souhaitant améliorer leur préparation face aux menaces infectieuses émergentes.

Sources :

  • Bloomberg, interview avec le Dr Carlos Del Rio, 2 novembre 2025.
  • Ministère espagnol de la Santé, communiqué de presse, 28 octobre 2025.
  • Radio Télévisée Éireann (RTE), reportage sur le rapatriement irlandais, 29 octobre 2025.
  • Université Emory, profil du professeur Carlos Del Rio, division des maladies infectieuses, consulté novembre 2025.

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