jeudi, avril 9, 2026
EuropeLe pétrole grimpe à 110 dollars après qu'Israël ait frappé les installations énergétiques iraniennes

Le pétrole grimpe à 110 dollars après qu’Israël ait frappé les installations énergétiques iraniennes






Pétrole : les prix grimpent après des frappes en Iran, malgré des facteurs apaisants


Une flambée des prix malgré un contexte globalement stable

Les marchés pétroliers ont connu une soudaine accélération mercredi 18 mars 2026, avec le baril de Brent dépassant les 110 dollars, puis le WTI américain grimpant à 98 dollars. Cette hausse immédiate fait suite à des informations rapportées par les médias officiels iraniens : une partie du champ gazier de South Pars, le plus grand d’Iran, et l’installation pétrolière d’Asaluyeh auraient été touchées par une frappe israélienne. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a réagi en réaffirmant que les sites énergétiques du Golfe restaient des « cibles légitimes », ravivant la crainte d’une escalade militaire régionale et d’une perturbation durable des flux d’approvisionnement mondiaux.

Cette nervosité des investisseurs persiste malgré deux annonces positives qui, dans un contexte normal, auraient exercé une pression baissière sur les prix. D’abord, l’Arabie saoudite a confirmé la reprise des opérations, dès le 13 mars, de sa raffinerie géante de Ras Tanura, l’une des plus capacités au monde. Ensuite, l’administration Trump a officiellement accordé une dérogation de 60 jours au Jones Act, une loi maritime américaine restrictive. Ces éléments n’ont pas suffi à contrebalancer l’impact psychologique et stratégique des événements au Moyen-Orient, démontrant la prime de risque géopolitique prédominante sur les marchés à court terme.

La dérogation au Jones Act : une mesure technique aux effets limités

La décision de la Maison Blanche, confirmée par l’attachée de presse Karoline Leavitt sur le réseau X (anciennement Twitter), suspend temporairement les restrictions du Jones Act. Cette loi de 1920 exige que les transports maritimes entre ports américains soient assurés par des navires construits, propriétaires, battant pavillon et dotés d’équipages américains. La dérogation permet aux pétroliers étrangers de transporter plus librement et à moindre coût du pétrole, du gaz naturel liquéfié (GNL) et des engrais le long des côtes des États-Unis.

Dans son message, Mme Leavitt a présenté cette mesure comme « une autre étape pour atténuer les perturbations à court terme du marché pétrolier » dans le cadre de l’« opération Epic Fury » de l’armée américaine. Historiquement, de telles dérogations sont rares et ciblées : la dernière en date datait d’octobre 2022 pour un pétrolier ravitaillant Porto Rico après l’ouragan Fiona, et l’administration Biden en avait accordé une en 2021 suite à une cyberattaque contre le pipeline Colonial. Si cette flexibilité réglementaire améliore la logistique intérieure américaine, son impact sur les prix mondiaux du brut reste marginal face à un choc d’offre régional.

Trump intensifie la pression sur les alliés pour le détroit d’Ormuz

Parallèlement, le président Donald Trump a renouvelé ses appels sur Truth Social pour que les pays alliés participent à une mission d’escorte navale visant à sécuriser le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par où transite environ 20% du pétrole mondial, est régulièrement source de tensions. Trump a argué que les alliés, qui en sont les principaux utilisateurs, devaient en assurer la garde, avertissant qu’ils pourraient se retrouver seuls à en avoir la charge après la résolution du conflit.

Selon le Wall Street Journal, la Maison Blanche prévoyait d’annoncer cette semaine plusieurs pays ayant accepté de rejoindre cette mission. Cependant, des incertitudes persistent sur le calendrier de son déploiement, avant ou après la fin des hostilités. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, ont discuté d’étendre leur mission navale Aspides au détroit, mais ont dans l’immédiat refusé de s’engager, illustrant les divisions au sein des alliés occidentaux sur la gestion de la sécurité énergétique régionale.

Analyse : une sensibilité extrême des marchés aux risques géopolitiques

Cette séquence d’événements met en lumière plusieurs réalités structurelles des marchés énergétiques :

  • La prédominance du risque politique : Contrairement aux fondamentaux économiques (demande, stocks, capacité de raffinage), un événement militaire dans une zone clé comme le Golfe Persique peut provoquer une réaction immédiate et disproportionnée des prix, comme le montrent les gains du Brent et du WTI.
  • L’effet limité des mesures techniques : Les décisions administratives comme la dérogation au Jones Act ou la remise en service d’infrastructures, bien que positives pour la stabilité à moyen terme, n’ont qu’un pouvoir d’apaisement limité face à une dégradation sécuritaire.
  • Les défis de la coopération internationale : La difficulté à former une coalition navale pour sécuriser Ormuz reflète les complexités diplomatiques et les intérêts divergents, laissant peser une incertitude durable sur les voies d’approvisionnement.

Pour l’instant, les marchés semblent parier sur une poursuite des tensions. Les opérateurs surveilleront de près toute nouvelle concernant l’étendue des dégâts en Iran, les réponses possibles de Téhéran, et l

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