Le Syndicat des travailleurs du commerce du Zimbabwe condamne la suspension des salaires chez OK Zimbabwe
Le Syndicat des travailleurs du commerce du Zimbabwe (CWUZ) a publiquement dénoncé la décision récente d’OK Zimbabwe de geler le paiement des salaires à compter du mois de mai 2026. Selon le syndicat, cette mesure, présentée comme une résolution d’urgence, serait « exploitante et illégale » et aurait été adoptée sans respecter les procédures légales prévues par le droit du travail zimbabwéen.
Contexte de la décision d’OK Zimbabwe
Lors d’une réunion du comité d’entreprise paritaire tenue le vendredi précédant le week-end du 18‑19 mai 2026, OK Zimbabwe a adopté une résolution signée le 22 mai 2026. Le texte stipule que l’entreprise « ne gérera donc aucune masse salariale à partir du mois de mai 2026 jusqu’à nouvel ordre et en tout cas jusqu’à ce que l’activité et les revenus reviennent à des niveaux rentables ».
Cette décision intervient dans un contexte de détérioration financière sévère pour le détaillant. Au cours des onze mois précédant février 2026, le chiffre d’affaires d’OK Zimbabwe est passé de 245 millions de dollars américains à seulement 40 millions, soit une chute de 84 %. Le nombre d’unités vendues a suivi la même tendance, passant de 208 millions à 32 millions.
Situation financière critique
- Passif à court terme : 38,7 millions de dollars américains
- Actif à court terme : 12,8 millions de dollars américains
- Résultat : incapacité à honorer les obligations financières immédiates
Ces chiffres, publiés par l’entreprise elle‑même, montrent un déséquilibre majeur qui a motivé la direction à envisager la suspension des salaires comme mesure de survie.
Réaction du CWUZ : violation du droit du travail
S’exprimant auprès de NewZimbabwe.com, le secrétaire général du CWUZ, Cuthbert Chikwekwete, a qualifié la décision d’illégale. Il rappelle que, selon la loi du travail du Zimbabwe (Chapitre 28:01), toute convention collective doit être précédée d’une large consultation, d’un processus de vote nécessitant au moins 50 % d’approbation des travailleurs ainsi que le consentement des syndicats représentant ces derniers.
Chikwekwete affirme que le CWUZ, en tant que plus grand organisme représentatif des travailleurs du secteur, n’a jamais été consulté ni invité à participer au vote. Selon lui, la résolution n’a donc aucune valeur légale.
Contestation de la légitimité des signataires
Le dirigeant syndical a également mis en doute la légitimité de Givemore Dondo, président du Comité national des travailleurs (NEC), l’un des signataires de la résolution. Il soutient que le mandat de Dondo était déjà expiré au moment de la signature, ce qui rendrait son assentiment nul et non avenu.
« Même s’il était encore en fonction, sa seule signature, en dehors d’une procédure régulière, ne pourra jamais soumettre les travailleurs à cet arrangement esclavagiste », a déclaré Chikwekwete.
Conséquences pour les travailleurs et appel à l’action
Le secrétaire général souligne les difficultés quotidiennes auxquelles font face les employés : dépenses courantes, cotisations de retraite à verser à la fin du mois, et l’impossibilité de subvenir à leurs besoins fondamentaux sans salaire.
Face à cette situation, le CWUZ avertit les praticiens du sauvetage en entreprise (tels que Bulisa Mbano de Grant Thornton Zimbabwe) qu’ils doivent respecter les procédures établies : élaborer un plan de sauvetage, le soumettre à l’approbation des parties concernées, et notamment consulter les représentants des travailleurs avant toute décision affectant la rémunération.
Le syndicat conclut que, sans retour rapide à une négociation conforme au droit, il n’exclut pas d’engager des poursuites judiciaires pour protéger les droits des travailleurs.
Sources et références
- Communiqué du CWUZ publié sur NewZimbabwe.com, 20 mai 2026.
- Résolution d’OK Zimbabwe signée le 22 mai 2026 (document interne consulté par le syndicat).
- États financiers d’OK Zimbabwe couvrant la période mars 2025 – février 2026, communiqués par l’entreprise.
- Loi du travail du Zimbabwe, Chapitre 28:01, dispositions relatives aux conventions collectives.
