La NCAA suspend temporairement sa directive « pas de paiement, pas de service » face à la hausse du carburant
Le dimanche 26 mai 2024, l’Autorité nigériane de l’aviation civile (NCAA) a annoncé la suspension de l’application de sa directive « no‑pay‑no‑service » visant les compagnies nationales ayant des arriérés de paiement envers le régulateur. Cette décision intervient moins de 48 heures après que la NCAA ait ordonné à ses services régionaux de suspendre les prestations à onze transporteurs locaux en raison de dettes impayées.
Contexte de la mesure initiale
Le 22 mai 2024, une note interne signée par Olufemi Odukoya, directeur des finances et de la comptabilité de la NCAA, avait demandé à toutes les directions de placer les compagnies concernées dans un accord de « pas de paiement, pas de service » jusqu’à l’obtention d’une autorisation financière de la Direction des finances et des comptes. La liste des transporteurs visés comprenait :
- Air Peace
- Ibom Air
- Arik Air
- United Nigeria Airlines
- Max Air
- Rano Air
- NG Eagle
- ValueJet
- Overland Airways
- Umza Air
- Caverton Helicopters
Cette mesure avait suscité des inquiétudes dans le secteur, notamment parce que les compagnies nationales font déjà face à une hausse significative du coût du Jet A1, à la volatilité du taux de change et à des pressions opérationnelles croissantes.
Motifs de la suspension
Dans son communiqué publié dimanche soir, le directeur général de l’aviation civile, Chris Najomo, a expliqué que la suspension résulte de « consultations approfondies avec les parties prenantes de l’industrie » et d’une évaluation des réalités opérationnelles actuelles. Deux facteurs principaux ont guidé cette décision :
- Augmentation du prix du carburant d’aviation : selon les données de l’Association du transport aérien international (IATA) publiées en mai 2024, le prix moyen du Jet A1 a augmenté d’environ 22 % sur un an, aggravant les charges d’exploitation des transporteurs nigérians.
- Intervention du gouvernement fédéral : le gouvernement a récemment approuvé une réduction de 30 % sur certains frais dus par les compagnies aériennes nationales aux agences de l’aviation, y compris la NCAA, afin d’atténuer l’impact de la hausse du carburant.
La NCAA a toutefois tenu à préciser que cette suspension ne constitue ni une annulation, ni une renonciation, ni une remise des dettes statutaires des compagnies aériennes. Les transporteurs restent tenus de régler les redevances perçues sur la vente de billets et de fret, qui représentent 5 % du tarif et sont soutenus par la Loi sur l’aviation civile.
Réactions de l’industrie et perspectives
Les représentants des compagnies aériennes ont salué la mesure comme une étape nécessaire pour préserver la continuité des vols tout en maintenant la pression sur le recouvrement des créances. Un porte‑parole d’Air Peace a déclaré que « la suspension permet aux compagnies de se concentrer sur la reprise opérationnelle sans mettre en danger la sécurité des vols ».
Par ailleurs, la NCAA a indiqué qu’elle poursuivrait des engagements individuels avec chaque transporteur afin de garantir le recouvrement progressif des arriérés, tout en veillant à la stabilité globale du secteur. L’autorité prévoit de réévaluer la situation d’ici la fin du troisième trimestre 2024, en fonction de l’évolution des prix du carburant et de l’efficacité des mesures de soutien gouvernemental.
En résumé, la suspension temporaire de la directive « pas de paiement, pas de service » reflète une approche équilibrée : protéger la trésorerie des compagnies aériennes confrontées à une hausse du carburant, tout en préservant l’intégrité du cadre réglementaire et la responsabilité financière des opérateurs.
