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EuropeLes rendements des gilts britanniques bondissent à mesure que les emprunts augmentent et que le Premier ministre Starmer fait face à un défi de leadership

Les rendements des gilts britanniques bondissent à mesure que les emprunts augmentent et que le Premier ministre Starmer fait face à un défi de leadership

Andy Burnham remporte l’élection partielle de Makerfield et envisage un défi à la direction du Parti travailliste

Le 9 juillet 2024, Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique, a accueilli à Downing Street la première table ronde des maires régionaux anglais, en présence d’Andy Burnham, maire du Grand Manchester. Cette rencontre intervient peu après la victoire de Burnham lors de l’élection partielle de Makerfield, dans le nord‑ouest de l’Angleterre, où il a obtenu près de 55 % des suffrages, devançant le candidat du parti réformiste de plus de 9 000 voix.

Andy Burnham à Downing Street le 9 juillet 2024
Andy Burnham (à droite) lors de la table ronde des maires régionaux anglais avec le Premier ministre Sir Keir Starmer. Crédit : Ian Vogler | Pool WPA | Getty Images.

Un discours de victoire orienté vers un éventuel leadership

Dans son discours de victoire, Burnham a refusé de présenter Makerfield comme un simple tremplin, le qualifiant plutôt de « pierre de touche » pour son engagement envers les communautés négligées. Il a déclaré : « Cette victoire offre l’opportunité de construire une nouvelle politique, basée sur l’unité et l’espoir, et de nous détourner de la voie qui nous mène à une politique divisée et sombre du type que l’on observe aux États‑Unis. » Cette rhétorique a été interprétée par plusieurs observateurs comme le prélude à une éventuelle candidature à la direction du Parti travailliste.

Pour déclencher un défi de leadership, Burnham devra obtenir le soutien d’au moins 81 députés travaillistes. Selon les analystes parlementaires, ce seuil est atteignable s’il parvient à rallier les ailes gauche et centriste du parti, notamment en s’appuyant sur sa réputation de « roi du Nord » du Labour.

Réactions des marchés et préoccupations budgétaires

La victoire de Burnham a immédiatement attiré l’attention des investisseurs. Kallum Pickering, économiste en chef chez Peel Hunt, a souligné que les marchés surveilleront deux éléments clés : la fidélité d’un éventuel gouvernement Burnham aux règles budgétaires actuelles du Labour et l’impact de son programme sur les pressions inflationnistes.

Ces inquiétudes interviennent dans un contexte de détérioration des finances publiques. L’Office for Budget Responsibility (OBR) a annoncé le vendredi précédent que le déficit budgétaire du Royaume‑uni s’est élevé à 23,3 milliards de livres sterling (environ 30,8 milliards de dollars) en mai 2024, soit le niveau le plus élevé pour ce mois depuis six ans et nettement au‑dessus des prévisions de 18,9 milliards de livres sterling.

Par conséquent, le rendement des gilt à 10 ans, référence pour l’emprunt public britannique, a grimpé de plus de 8 points de base pour atteindre 4,8394 % ce même jour, tandis que les rendements des gilt à 2 ans et à 30 ans ont également connu une hausse. Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché chez Ebury, a averti que les marchés pourraient sous‑estimer le risque lié à une éventuelle remise en cause des règles fiscales par un gouvernement dirigé par Burnham.

Perspectives sur la politique économique britannique

Pickering a ajouté que l’attention des investisseurs se portera également sur la relation entre les rendements obligataires et la valeur de la livre sterling, rappelant les épisodes passés où des politiques perçues comme laxistes avaient entraîné une hausse des taux d’intérêt et une dépréciation de la monnaie.

Le calendrier d’une éventuelle contestation de leadership pourrait influencer la stabilité des marchés. Une transition ordonnée, si les hauts responsables du Parti travailliste concluaient que Starmer ne bénéficie plus d’un soutien suffisant, limiterait la perturbation. En revanche, une lutte prolongée entre Starmer et Burnham pourrait maintenir les investisseurs dans l’incertitude concernant les futures orientations en matière de fiscalité, de dépenses publiques et d’endettement.

Enfin, Pickering souligne une question cruciale : qui occuperait le poste de chancelier de l’Échiquier dans un éventuel cabinet Burnham et comment cette nomination façonnerait la politique économique du pays. Selon lui, l’incertitude majeure ne réside pas tant au 10 Downing Street qu’au 11 Downing Street, résidence traditionnelle du chancelier.

Conclusion

L’élection partielle de Makerfield a placé Andy Burnham au centre du débat politique britannique, tant au sein du Parti travailliste que sur les marchés financiers. Alors qu’il envisage désormais un possible défi à la direction du parti, les observateurs s’accordent à dire que la suite dépendra de sa capacité à rassembler suffisamment de soutiens parlementaires et à offrir une vision économique crédible capable de répondre aux préoccupations budgétaires actuelles.

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