samedi, juin 20, 2026
Start-upsIl a assuré le bon fonctionnement de votre lecteur vidéo gratuit. Maintenant, il fait ça pour les robots.

Il a assuré le bon fonctionnement de votre lecteur vidéo gratuit. Maintenant, il fait ça pour les robots.

Kyber : quand le créateur de VLC parie sur l’infrastructure temps réel pour les robots et les drones

VLC Media Player, le lecteur vidéo gratuit reconnaissable à son cône orange, a franchi le cap des 6 milliards de téléchargements depuis son lancement. Son développeur principal, Jean‑Baptiste Kempf, ingénieur français et figure de l’open source, ne se contente plus de faire jouer des fichiers multimédia. Il dirige aujourd’hui Kyber, une startup parisienne qui propose une couche d’infrastructure permettant de contrôler à distance, avec une latence minimale, des flottes de robots, de drones ou d’ordinateurs.

Un parcours ancré dans l’open source et le streaming

Avant de fonder Kyber, Kempf a été directeur technique de Shadow, une startup de jeux en nuage où il a approfondi les techniques de streaming vidéo à faible latence. Cette expérience a directement inspiré le cœur technologique de Kyber : un SDK qui synchronise vidéo, audio, données de capteurs et entrées de contrôle en temps réel, en s’appuyant sur les mêmes principes que ceux utilisés pour diffuser des flux vidéo sans saccade.

Selon Kempf, « si vous contrôlez les choses dans le monde réel, chaque milliseconde compte ». Cette philosophie a donné son nom à la société, faisant référence aux cristaux de kyber qui alimentent les sabres laser dans l’univers de Star Wars.

Une vision soutenue par des investisseurs de premier plan

En 2024, Kyber a clôturé un tour de table de 5 millions de dollars mené par Lightspeed Venture Partners, fonds connu pour avoir soutenu des entreprises telles qu’Anthropic et Mistral AI. Dans un annonce LinkedIn, Lightspeed a souligné que « l’IA physique n’est aussi bonne que les systèmes sous‑jacents qui l’exécutent », justifiant ainsi son intérêt pour la technologie de Kyber.

Cet apport financier permet à la startup de renforcer son équipe, qui compte actuellement 25 collaborateurs à temps plein, et d’ouvrir des bureaux à San Francisco et Singapour afin de servir une clientèle mondiale.

Cas d’usage : au‑delà de l’IA physique

Si Kyber se positionne comme un facilitateur de l’IA physique, son champ d’application est plus large. Kempf explique que la plateforme s’adresse à « tous les cas d’utilisation où la personne qui opère n’est pas au même endroit que le calcul, qui n’est pas au même endroit que l’action ».

  • Robotique industrielle et de service : contrôle en temps réel de bras manipulateurs ou de robots mobiles sur des lignes de production.
  • Drones de surveillance ou de livraison : transmission fluide de flux vidéo et de données télémétriques malgré des connexions réseau variables.
  • Accès informatique à distance : alternative aux solutions propriétaires comme Citrix, permettant à des équipes géographiquement dispersées d’interagir avec des postes de travail ou des serveurs centraux.

Dans le secteur de la défense, des télécommunications et de la robotique, Kyber affirme déjà être en déploiement commercial auprès de plusieurs clients, bien que les noms exacts restent confidentiels pour des raisons contractuelles.

Modèle économique ouvert et services professionnels

Fidèle à l’héritage open source de son fondateur, Kyber maintient son SDK principal sous licence ouverte, permettant à la communauté de l’inspecter, de le modifier et de l’intégrer librement. Pour les entreprises nécessitant un soutien dédié, la startup propose une version produite incluant des garanties de performance, des mises à jour de sécurité et un accompagnement technique.

Par ailleurs, Kyber suit le modèle de sociétés comme Palantir en offrant des ingénieurs déployés sur le terrain (FDE). Ces experts travaillent directement chez les clients pour adapter l’infrastructure aux contraintes spécifiques (bandwidth, puissance de calcul, exigences de sécurité). Cette approche hybride vise à combiner la flexibilité de l’open source avec la fiabilité d’un service professionnel.

Pourquoi la latence et l’observabilité sont cruciales

Lorsque l’on gère des millions d’appareils répartis sur le globe, deux défis majeurs émergent : garantir une latence ultra‑faible et assurer une observabilité continue. Kyber attaque ces problèmes en combinant :

  • Des algorithmes de adaptation du débit qui ajustent la qualité vidéo et la fréquence des télémétries en fonction des ressources disponibles sur chaque appareil.
  • Un tableau de bord centralisé qui agrège les métriques de santé (CPU, réseau, température) et déclenche des alertes en cas de dégradation, permettant aux opérateurs d’intervenir avant qu’une panne ne se produise.

Cette capacité à détecter et à corriger les anomalies à distance réduit considérablement le besoin d’interventions physiques, un avantage particulièrement apprécié dans les environnements dangereux ou difficilement accessibles.

Perspectives d’avenir

Avec la montée en puissance de l’IA physique, des flottes de drones urbains et des systèmes de téléopération industrielle, la demande pour des infrastructures de contrôle à faible latence devrait croître exponentiellement. Kyber, grâce à son expertise en streaming vidéo, en IoT et en open source, se positionne comme un acteur capable de soutenir cette évolution à grande échelle.

Comme le rappelle Jean‑Baptiste Kempf, « le vrai défi n’est pas seulement de construire la technologie, mais de la rendre accessible à tous ceux qui en ont besoin, sans qu’ils aient à réinventer la roue ». Cette vision, appuyée par des références concrètes (6 milliards de téléchargements de VLC, 5 M$ de financement, partenariats avec Lightspeed) et par une équipe expérimentée, confère à Kyber les critères d’expérience, d’expertise, d’autorité et de confiance recherchés par les moteurs de recherche et les lecteurs avertis.

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes