samedi, avril 11, 2026
Asie-PacifiqueLes prix du pétrole chutent à environ 100 dollars après que Trump ait indiqué que la guerre pourrait prendre fin dans quelques semaines

Les prix du pétrole chutent à environ 100 dollars après que Trump ait indiqué que la guerre pourrait prendre fin dans quelques semaines

Chute des prix du pétrole après les déclarations de Trump sur un retrait d’Iran

Les marchés pétroliers ont enregistré une nette correction mercredi, le brut américain (West Texas Intermediate pour mai) cédant 1,24% à 100,12 dollars le baril, et le Brent (livraison juin) reculant de 2,82% à environ 101,04 dollars. Cette baisse intervient après que le président américain Donald Trump a annoncé s’attendre à ce que l’armée américaine mette fin à ses opérations contre l’Iran dans “deux ou trois semaines”, suggérant une désescalade imminente du conflit.

Un contexte de forte volatilité

Ce repli spectaculaire fait suite à un mois de mai historiquement agité. Le Brent avait en effet bondi de plus de 60% le mois dernier, sa plus forte hausse mensuelle depuis 1988, porté par la crainte d’une pénurie d’approvisionnement. Le contrat de mai avait même touché 118,35 dollars mardi, avant de se stabiliser. Cette flambée était directement liée à la perturbation majeure des flux pétroliers mondiaux causée par le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran depuis le début des hostilités le 28 février.

Le détroit d’Ormuz, point de friction critique

Cette voie d’eau stratégique, qui acheminait traditionnellement environ 20% du pétrole mondial avant le conflit, reste “largement fermée”, selon les termes de l’article. Son blocage constitue une menace directe pour l’économie mondiale, très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient. Tant que cette voie de transit reste compromise, le risque de pénurie persiste, soutenant structurelement les prix à un niveau élevé.

Des déclarations présidentielles face à une réalité militaire complexe

Donald Trump a affirmé à la Maison Blanche : “Nous partons parce que nous n’avons aucune raison de faire cela. Nous partirons très bientôt.” Il a également rejeté l’idée d’un accord négocié, déclarant que “l’Iran n’est pas obligé de conclure un accord” et qualifiant le nouveau régime iranien de “beaucoup plus accessible”. Cependant, ses propos contrastent avec le maintien des opérations militaires et les menaces iraniennes persistantes.

Les représailles iraniennes et la poursuite des hostilités

Contredisant l’optimisme présidentiel, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé qu’ils commenceraient à attaquer les entreprises américaines dans la région à partir de mercredi. Une liste de 18 sociétés, dont des géants technologiques comme Google, Microsoft, Apple, Intel, IBM, Tesla et Boeing, a été publiée. De plus, des drones iraniens ont mené une attaque contre des réservoirs de carburant à l’aéroport international de Koweït, provoquant un incendie majeur, selon des médias locaux.

Analyse et réactions des experts

Michael Feller, co-fondateur du groupe de réflexion Geo Political Strategy, estime que “Trump reste coincé. Partir maintenant signifierait sa défaite.” Il souligne que la destruction d’infrastructures civiles, une option évoquée par Trump, “ne ferait aucune différence si ce n’est de faire grimper davantage les prix du pétrole”. Cette analyse met en lumière le dilemme stratégique américain : un retrait sans victoire claire pourrait être perçu comme une reculade, tandis que l’escalade militaire aggraverait la crise énergétique.

Des canaux de communication discrets, mais pas de négociations

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé l’existence de messages échangés avec les États-Unis, directement ou via des pays tiers, mais a catégoriquement exclu l’idée de “négociations”. “Je reçois des messages de [l’émissaire américain] Witkoff directement, comme auparavant, et cela ne signifie pas que nous sommes en négociations”, a-t-il déclaré à Al Jazeera. Cette distinction souligne une communication de crise sans cadre diplomatique formel.

Perspectives et incertitudes pour les marchés

Alors que les marchés attendent un discours national de Trump mercredi soir pour une “mise à jour importante”, la situation sur le terrain reste explosive. La fermeture effective du détroit d’Ormuz et les représailles ciblées de l’Iran maintiennent une prime de risque considérable. Les investisseurs semblent avoir temporairement privilégié l’hypothèse d’une résolution rapide, mais la persistance des hostilités et le flou des intentions des deux camps pourraient rapidement raviver la volatilité des prix du brut.

  • Le WTI (mai) a clôturé à 100,12 $/baril (-1,24%).
  • Le Brent (juin) s’échangeait autour de 101,04 $/baril (-2,82%).
  • Le Brent avait bondi de plus de 60% en un mois (avril 2025), sa plus forte hausse depuis 1988.
  • Le détroit d’Ormuz, bloqué, représentait 20% des flux pétroliers mondiaux avant

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